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Analyse grammaticale de la particule "de"

Anne345 a écrit :

Inversion : "j'achète des pommes bonnes" donc forme réduite de l'article indéfini pluriel dans un registre soutenu devant un adjectif épithète antéposé.

Soutenu ? Vraiment ? Il me semblait que la forme non réduite était rare et extrêmement familière et populaire.

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Analyse grammaticale de la particule "de"

La phrase n'a plus guère de sens coupée reste du texte !
Mais la question n'est pas là.
J'avais simplement copié-collé mon cours de l'époque. C'est ce qui est effectivement dit dans la Grammaire du Français de Denis Sancier-Chateau dont s'inspirait fortement la prof, page 53 si vous voulez vérifier.

Analyse grammaticale de la particule "de"

Hwang(moijesuisneant) a écrit :

Le 'de' dans 'de ses entrailles, de son sang et de son cœur' n'est-il pas la préposition ?

Il semble que cela dépende du grammairien.  Sur ce, Wagner et Pinchon ont écrit : « Le terme du partitif correspond à une valeur de sens de la préposition de, mains non à une forme particulière de l'article. »

Grevisse (13e) n'en parle pas, mais il donne la règle usuelle : « On n'emploie pas simultanément deux déterminants appartenant à la catégorie de l'article, du possessif, du démonstratif, de l'interrogatif, de l'exlamatif et du relatif. »  Si l'on classe le de partitif parmi les articles, il fait exception à cette règle.

Peut-être que l'on doit le ranger parmi les prédéterminants, comme tout et quelques, mais je n'ai pas trouvé de grammairien qui l'ait fait.

Analyse grammaticale de la particule "de"

Pour sa part, avant un article, un possessif ou un démonstratif, Wilmet (Grammaire critique du français) ne considère pas ce de partitif comme une préposition, mais bien comme un article.

Le Trésor de la Langue française également.
DE, article partitif :

A.− [Devant un nom concr. déterminé, au sing. ou au plur., par un art. déf., un adj. dém. ou poss.] Vous feriez mieux de nous donner de votre vin de Bordeaux (Balzac.)
B.− [Devant un nom abstr. déterminé] Elle tâchait de donner à Lazare de son courage (Zola).

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Analyse grammaticale de la particule "de"

Enfin, je commence à discerner le 'de' préposition du 'de' article partitif qui est également préposé.
Merci Jehan, et BillM.

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Analyse grammaticale de la particule "de"

Historiquement, il est clair pour tout le monde je crois que le "de" de l'article partitif est bien issu de la préposition "de". Qu'il conserve encore dans l'article partitif son rôle de préposition ou soit un simple outil grammatical ou prenne un autre nom, c'est plus une question de définition et de classification, mais ça ne change pas grand chose à sa nature. Ce qui complique le classement, c'est que sous le même terme d'article partitif, on englobe des situations assez différentes. Dans certaines phrases, la nature partitive de la préposition de est encore nette (c'est à mon avis le cas de votre phrase initiale), dans d'autres elle l'est moins et de se dilue dans un rôle flou de simple outil.
Par exemple Wagner et Pinchon, déjà cités, montrent des exemples (§97) où le sens partitif de la préposition est encore très clair :

Après les mots (verbes, nominaux) impliquant qu'on prélève certaine quantité d'une matière ou d'un objet quelconque, la préposition de prend une nuance partitive :
Reprenez de ma soupe
Reprenez de cette soupe
Reprenez de la soupe

[…].
Ces exemples montrent :
1. que du, de la, des sont à mettre sur le même plan que de mon, de ma, de mes,  ou de ce, de cette, de ces. Le terme de partitif correspond à une valeur de sens de la préposition de, mais non à une forme particulière de l'article.
2. que de est toujours à considérer comme une préposition dans les cas où l'on note l'alternance de/du, de la (je n'ai pas de pain ; j'ai du pain), ou l'alternance de/de mon, de ce (je ne mange pas de pain/ je ne mange pas de ce pain). Il s'agit dans ces cas d'une opposition déterminant/absence de déterminant. Le substantif employé avec déterminant correspond à la notion actualisée, le substantif seul évoque le concept.

Ça rejoint ce que disait déjà Clédat dans sa Grammaire raisonnée de la langue française, §185 :

185. La tendance analytique de la langue s'est encore manifestée par la création d'une tournure spéciale pour donner une indication superflue le plus souvent, — ce qui permettait aux Latins de s'en passer, — à savoir qu'il s'agit non de l'objet dans son ensemble, mais d'une partie indéterminée de l'objet (qui lui-même peut être plus ou moins déterminé). Cette tournure consiste dans l'intercalation de la préposition de, employée elliptiquement avec le sens de: « une certaine quantité de ». Exemples : « J'ai bu de la bière; j'ai mangé d'une volaille que vous aviez envoyée ».

186. — On a l'habitude d'appeler « du, de la, des », dans cet emploi, articles partitifs, mais en réalité c'est la préposition de qui seule est partitive ; et elle peut se joindre aussi bien à l'article indéfini qu'à l'article défini.

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Analyse grammaticale de la particule "de"

Étonnant, lamaneur !!!
Je suis touché de ta remarque.
Il y a, dans ton explication, tout ce que je veux savoir.
Surtout, j'aime bien ceci :

On a l'habitude d'appeler « du, de la, des », dans cet emploi, articles partitifs, mais en réalité c'est la préposition de qui seule est partitive ; et elle peut se joindre aussi bien à l'article indéfini qu'à l'article défini.

Merci lamaneur, et je souhaite un très bon week-end à toi.

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Analyse grammaticale de la particule "de"

Anne345 a écrit :

C'est ce qui est effectivement dit dans la Grammaire du Français de Denis Sancier-Chateau dont s'inspirait fortement la prof, page 53 si vous voulez vérifier.

Je vous crois bien volontiers ! Je disais simplement qu'à mon avis, aucun francophone n'aurait idée, en se fiant à son sentiment linguistique, de classer l'usage de cette forme réduite dans le registre soutenu.

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Analyse grammaticale de la particule "de"

Dans ce cas Grevisse parle de "langue soignée". Ce qu'il ne dit pas pour le cas d'une phrase négative.

Quant à la question, de partitif ou préposition, il dit
"Le de partitif n'est pas ici la préposition dans son emploi ordinaire de liaison, mais un mot introducteur qui encore aujourd'hui peut se joindre à d'autres déterminants et à des pronoms".
Donc préposition, contrairement à d'autres grammairiens, encore plus "classiques" qui considèrent que tout élément d'un déterminant complexe est un déterminant...