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Accents et cédilles sur les majuscules

Verbatim a écrit :

S’agissant de la simplification du français, la « génération SMS » est passée maître dans cet art, que l’on nous demande d’accepter au nom de l’ouverture, de la modernité, du changement, de la mondialisation, etc. ; le problème est non point tant en ce qui concerne le nombre de ses locuteurs (la francophonie demeure encore assez large à travers le monde), que de la façon dont globalement cette langue périclite en qualité, y compris dans le pays qui l’a vu naître. Participent aussi à ce « génocide linguistique » des « modèles » : instituteurs, journalistes, écrivains et même des membres de l’Académie française. C’est navrant.

Il est certain que l'orthographe française est bien compliquée par rapport à d'autres : 130 graphèmes pour 30 phonèmes (29 contre 25 en espagnol), pluriel en X complètement inutile (celui en S suffirait), accords du participe passé sans réelles justifications théoriques, beaucoup d'incohérences : "abri" mais "débit", "alourdir" mais "alléger", "comète" mais "recette", "confidence" mais "confidentiel", "blocage" mais "remorquage", "pneus" mais "lieux"...

Tout cela résulte bien sûr d'évolutions historiques mal coordonnées : "comette" a par exemple été transformé en "comète", alors que "recette" n'est pas devenu "recète". Faut-il pour autant scléroser l'orthographe à des époques révolues ? Elle a quand même évolué depuis quelques siècles. La dernière petite réforme a eu lieu en 1990. Elle n'est pas forcément idiote. Pourquoi pas alors une nouvelle, mais plus complète ? Cela ne veut pas dire adopter forcément le style SMS ! Si nous avions une orthographe plus logique, elle serait aussi mieux respectée.

Réformer l'orthographe française pour la rendre plus cohérente, est-ce la niveler par le bas ou la pousser vers le haut ? On peut en tout cas se poser la question... Je signale à ce propos un dossier complet de la très officielle Fédération Wallonie-Bruxelles, pas à priori des anarchistes voulant tout chambouler dans notre si belle orthographe :
[Lien invalide]

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Accents et cédilles sur les majuscules

@ Jehan :

« De par », oui, bien entendu ! C’est le genre de faute que l’on repère dix fois chez les autres, mais rarement sous sa plume, même en se relisant, c’est de la cécité sélective.

« Je dirais une impression bien subjective... » : il existe pourtant une quantité énorme de documents, livres, articles de presse, documents sonores, etc. attestant de cette dérive linguistique négative. Mais après tout, vous avez peut-être raison, car en relisant J.J. Rousseau et A. Nothomb, on ne perçoit aucune différence, aucune évolution, aucune tendance. Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Suis un peu surpris, car je m’attendais à tomber dans un bastion de conservateurs , mais, apparemment, la tendance serait plutôt à l’ouverture, à la réforme, voire à un certain laxisme où tout équivaut à tout, et qu’il est dès lors bien inutile de combattre ou de résister. On peut aussi voir les choses de façon encore plus pragmatique, en reconnaissant que depuis la seconde guerre mondiale, l’anglais est devenu la seule langue vraiment universelle et que, par conséquent, nous ferions bien de l’adopter au plus vite, plutôt que de s’accrocher vainement à un sabir en perte de locuteurs et amputé de sa superbe à jamais révolue.

@ Spalding :

Personne n’a proclamé que le français était une langue facile, ou qu’elle devait le devenir. Les langues évoluent selon des logiques (où l’irrationnel n’est pas absent) et des dynamiques spécifiques, avec des résultats que l’on peut considérer comme fâcheux, lourds, compliqués, illogiques, etc., mais c’est aussi le cas de n’importe quel autre héritage culturel. Pour reprendre l’exemple de Versailles, va-t-on dépouiller celui-ci et le mettre à la sauce moderne (c’est-à-dire minimaliste), au nom de la tendance actuelle ? En voulant réformer, simplifier, c’est aussi, volontairement ou non, effacer une partie de nos racines.  La réforme, c’est peut-être aussi une sorte de « négationnisme linguistique », grand thème pour un futur colloque.

Merci pour le lien !

Accents et cédilles sur les majuscules

car en relisant J.J. Rousseau et A. Nothomb, on ne perçoit aucune différence, aucune évolution, aucune tendance

Résumer la langue d'aujourd'hui à celle d'Amélie Nothomb, c'est peut-être un peu réducteur ?
Et il y a autant de styles que d'écrivains.

la tendance serait plutôt à l’ouverture, à la réforme, voire à un certain laxisme où tout équivaut à tout...

Sauf que cette dernière appréciation n'est qu'une caricature de l'ouverture et de la réforme.
Ni pour moi ni pour beaucoup d'autres il n'est question que tout équivaille à tout... 

nous ferions bien de l’adopter au plus vite, plutôt que de s' nous accrocher vainement

En voulant Vouloir réformer, simplifier, c’est aussi, volontairement ou non, effacer une partie de nos racines.

D'autres grandes langues de culture ont déjà réformé et simplifié leur orthographe... Sont-elles pour autant devenues des sabirs d'incultes déracinés ?

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Accents et cédilles sur les majuscules

Verbatim a écrit :

En voulant réformer, simplifier, c’est aussi, volontairement ou non, effacer une partie de nos racines.

Il ne s'agit pas de simplifier à l'aveuglette, seulement rendre une orthographe plus cohérente en faisant en sorte qu'il n'y ait pas sans arrêt des exceptions faisant uniquement appel à la mémoire. Passons vite au contenu du message : l'orthographe est un moyen, pas une fin en soi !

Voyons le problème étymologique. Supposez qu'on supprime le H de "adhérer", rappelant mieux le mot latin "haerere". Cela ne revient pas à supprimer l'histoire de ce mot, mais à lui ajouter une nouvelle page. On expliquera aux rares curieux que "adérer" vient du latin "haerere", et que le H a été supprimé à un certain moment pour franciser ou simplifier.

Vous savez, s'il fallait absolument respecter l'étymologie, autant revenir au latin ! Cela aurait au moins le mérite de la franchise et montrerait clairement qu'on n'aime pas du tout le français.

Je reconnais par ailleurs que le problème est complexe, et ce n'est pas le bon sujet. Il en existe d'autres là-dessus. Aussi, je m'arrête là !

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Accents et cédilles sur les majuscules

Vous me rassurez Jehan, vos rectifications permanentes,  justifiées, montrent que, de fait, vous défendez la langue française ; dans tout réformiste, il y a un conservateur qui sommeille

Quant aux fautes, je n’ai aucun problème avec elles, et assume pleinement les erreurs, les errances et les contradictions, n’étant pas linguiste, et de surcroît sans formation classique ; mais même sans provenir du sérail, on peut néanmoins aimer sa langue, voire tenter de l’écrire. 

Et des erreurs, on en trouve dans la bouche ou, plus grave encore, sous la plume des plus grands (Rousseau : « Ce petit nain, si disgracié dans son corps par la nature, etc. », et chez bien d’autres).

Spadling, vous avez raison, cela devient hors sujet, mais ne parviens à localiser un poste plus ou moins similaire, un lien serait apprécié.

Accents et cédilles sur les majuscules

Voici le lien vers le sujet créé par Spalding :

https://www.etudes-litteraires.com/foru … caise.html

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Accents et cédilles sur les majuscules

Verbatim a écrit :

Et des erreurs, on en trouve dans la bouche ou, plus grave encore, sous la plume des plus grands (Rousseau : « Ce petit nain, si disgracié dans son corps par la nature, etc. », et chez bien d’autres).

Je signale juste ici que l'orthographe n'était pas aussi règlementée au 18e siècle qu'elle l'est devenue au 19e, avec l'instruction primaire obligatoire.

Les écrivains de cette époque pouvaient donc interpréter dans une grande mesure l'orthographe, sans que certains soient considérés comme fautifs par rapport à d'autres. Beaucoup accordaient par exemple le participe passé selon les principes actuellement en vigueur pour l'espagnol : invariabilité permanente avec l'auxiliaire Avoir, accord systématique avec le sujet pour l'auxiliaire Être.

Bon, ne parlons plus d'orthographe ici ! Jehan a eu l'amabilité d'indiquer le lien vers le bon sujet. Par la suite, je créerai un nouveau sujet, sous forme de questionnaire sur des points précis à réformer dans l'orthographe française. Mais je n'ai pas encore fini d'étudier ces problèmes assez complexes, faute de temps...

Accents et cédilles sur les majuscules

Spalding a écrit :

Je signale juste ici que l'orthographe n'était pas aussi réglementée au 18e siècle qu'elle l'est devenue au 19e, avec l'instruction primaire obligatoire.

Encore que dans la phrase de Rousseau citée par Verbatim, je ne voie pas de faute d'orthographe... Juste le léger pléonasme "petit nain".

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Accents et cédilles sur les majuscules

En effet, cela ne me frappe pas ! L'exemple de Verbatim n'est pas très bien choisi. Rousseau ne serait pas sanctionné actuellement, encore moins à son époque !

Sinon, Jehan a remplacé mon accent grave sur "règlementée" par un accent aigu. J'en profite pour signaler que la petite réforme de 1990 préconise un accent grave pour ce mot : renouvo.org

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Accents et cédilles sur les majuscules

« Encore que dans la phrase de Rousseau citée par Verbatim, je ne voie pas de faute d'orthographe... Juste le léger pléonasme "petit nain". »

Qui a parlé de faute d’orthographe ? L’auteur a été cité pour illustrer que des erreurs pouvaient se rencontrer chez des auteurs classiques.   Par ailleurs, les rectifications du 19/10/2013 à 18:56 ne portaient pas sur l’orthographe (équivaut/équivaille ; En voulant/ Vouloir réformer ; etc.).

« léger pléonasme » : c’est pourtant un exemple typique, avec d’autres comme « grand géant », « reculer en arrière », etc.

« Rousseau ne serait pas sanctionné actuellement » : là, cela devient inquiétant, car pas sanctionné implique que « petit nain » n’est plus un pléonasme, et que par conséquent plus rien ne l’est.

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos chers congres

Merci pour le lien !