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À quoi une classe de grec ressemble-t-elle ?

Actuellement en seconde avec latin et grec par correspondance, je compte faire une hypokhâgne avec latin et grec pour devenir prof de LC .
Je ne connais pas du tout le niveau normal d'une classe de grec ancien de (fin de) lycée . Est-ce que quelqu'un pourrait m'éclairer sur la question ?

Je voudrais aussi savoir si quelqu'un a une méthode pour retenir le vocabulaire grec en s'entraînant sans aide et si, à la lecture d'un texte dans une classe, il est d'usage de faire prononcer les mots avec l'accent tonique .

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À quoi une classe de grec ressemble-t-elle ?

Il n'y a aucune exigence sur la prononciation de l'accent tonique, pas même en niveau universitaire. Tout effort pour tenter de prononcer autrement qu' "à la française" est frappé de ridicule.

Je pense sinon qu'il faut avoir de bonnes bases en morphologie: connaitre les trois déclinaisons, ainsi que la conjugaison des verbes thématiques (type ?), à tous les temps et à tous les modes.

Il faut aussi savoir les valeurs principales des temps, des cas, et connaitre les mots de liaison les plus fréquents, les balancements; et les prépositions les plus courantes.

Si déjà tu as toutes ces bases ce sera pas mal je pense, et tu pourras t'attaquer aux verbes athématiques, ainsi qu'aux verbes irréguliers.

Pour le vocabulaire, ma méthode est d'apprendre par coeur des listes sur lesquelles je reviens sans cesse, et de faire des tableaux sur la dérivation d'un mot, ça aide beaucoup (apprendre trois mots qui sont reliés les uns aux autres par liens de famille est plus efficace et rapide qu'apprendre trois mots sans rapport entre eux), enfin je cherche systématiquement ce qu'ils donnent en latin et en français. Voire, je traque la racine indo-européenne, mais cela n'est possible que si on a des bases en phonétique. Quand je travaillais seul le grec, j'apprenais ma liste avant de me lancer dans le texte; de sorte que la compréhension allait plus naturellement après ce travail préliminaire. Mais ce ne sont que mes propres méthodes.

Ce serait mon dernier conseil enfin: ne pas négliger l'aspect phonétique: énormément de choses qui paraissent irrégulières s'expliquent par la phonétique. Enfin, cela est un moyen qui fonctionne pour moi, pas nécessairement pour tous.

À quoi une classe de grec ressemble-t-elle ?

Le niveau d'une classe d'hypokhâgne est très variable selon les établissements, naturellement, et le niveau des élèves au sein d'une même classe est très hétérogène. C'est particulièrement valable pour les langues anciennes dont l'enseignement dans le secondaire a souvent été plus ou moins chaotique dans le secondaire.  Même dans les meilleurs lycées, les classes prévues pourtant pour les "confirmés" reviennent sur presque toutes les bases. De toute façon, si vous voyez que vous n'avez pas le niveau attendu, vous pourrez choisir de rejoindre l'enseignement à destination des débutants...
L'enseignement du CNED (si c'est ce que vous suivez) est cependant une valeur sûre, bien souvent supérieure à ce qui est dispensé dans les établissements scolaires.

Cordialement.

À quoi une classe de grec ressemble-t-elle ?

Lucretius a écrit :

Il n'y a aucune exigence sur la prononciation de l'accent tonique, pas même en niveau universitaire. Tout effort pour tenter de prononcer autrement qu' "à la française" est frappé de ridicule.

Diable !...

Et dire qu'il y a des universitaires qui dépensent l'argent du contribuable en passant leur temps à ces bêtises. Heureusement que tu es là Lucrétius, que ferions-nous sans toi...

http://www.homeros.fr/spip.php?rubrique3

Noël

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À quoi une classe de grec ressemble-t-elle ?

Je ne dis pas que des efforts de prononciation ne sont pas faits isolément, et qu'elle n'est pas objet de recherche, mais dans les cours normaux de grec en lettres classiques, la prononciation franchouillarde est de rigueur, tandis que la prononciation du latin a heureusement été réformée depuis une bonne cinquantaine d'années. Pour répondre à l'ironie déplacée "heureusement etc..", je dirais que je n'ai pas la prétention d'y changer quoi que ce soit, mais je déplore simplement.

À quoi une classe de grec ressemble-t-elle ?

Honnêtement je ne suis pas sûr que la prononciation soit le point le plus urgent à améliorer dans l'enseignement du grec de nos jours... La prononciation érasmienne a elle aussi ses avantages : elle est à peu près internationale (ça n'est pas le cas pour le latin, où la prononciation romaine domine à l'étranger ainsi qu'en dehors des milieux universitaires, ce qui peut être un frein à l'intercompréhension), ne pose pas de problèmes phonétiques pour un locuteur français et est le plus souvent (pas toujours, cf. les nasales notamment) proche des mots dérivés du grec en français. La prononciation du grec moderne serait beaucoup plus difficile à adopter phonétiquement parlant, et rendrait les étymons moins bien identifiables à l'oreille.
Pour l'anecdote, ma professeure cette année prononce le ? en prononciation restituée ("zd" et non "dz") ; ça choque un peu au début, on s'y habitue... mais ça n'apporte pas grand-chose, je crois. Ma professeure d'hypokhâgne avait essayé de nous apprendre la prononciation restituée au début de l'année (?/? et ? prononcés en diérèse), mais les habitudes ancrées depuis longtemps (sans doute depuis son hypokhâgne !) reprennent vite le dessus... Cela dit il y a quelques bastions qui résistent au modèle érasmien (les troupes de théâtre en grec de la Sorbonne... on rapporte aussi que certains candidats à l'oral d'Ulm pratiquent la prononciation restituée...). Rien de mal à cela, on ne risque au pire que le ridicule, a fortiori si on adopte une prononciation qui se veut savante alors même qu'on ne sait pas marquer la scansion ou le découpage des groupes de mots... 

Cf. le débat sur le forum Babel : http://projetbabel.org/forum/viewtopic.php?t=12100
Avec un lien vers le texte d'Erasme.

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À quoi une classe de grec ressemble-t-elle ?

En ce qui concerne l'apprentissage du vocabulaire, j'enregistre des listes que je me repasse régulièrement sur mon autoradio en allant bosser. C'est très efficace.
J'utilise la prononciation erasmienne, mais par contre j'insiste beaucoup sur l'accent tonique pour apprendre en même temps la place des accents et pouvoir les restituer à l'écrit sans problème.

À quoi une classe de grec ressemble-t-elle ?

alekhine a écrit :

mais par contre j'insiste beaucoup sur l'accent tonique pour apprendre en même temps la place des accents et pouvoir les restituer à l'écrit sans problème.

En grec ancien il s'agit d'un accent de hauteur plus que d'un accent d'intensité tel que nous l'avons (assez léger !) en français. Les syllabes accentuées sont plus hautes d'une quinte (intervalle de trois tons et demi, comme do-sol) que le reste du mot. Cela s'entend très bien sur les textes récités par les "aèdes" des liens que Lucrétius et moi-même avons donnés un peu plus haut dans ce fil. Avec un instrument d'accompagnement le grec est bien plus facile à "chanter". L'idéal est la flûte de Pan et surtout la lyre bovine ou la harpe.

Il faut aussi distinguer entre les accents aigu, grave et circonflexe, qui n'ont rien à voir avec les nôtres. La différence est très perceptible sur les mêmes "chants" ci-dessus.

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À quoi une classe de grec ressemble-t-elle ?

merci à tous .
mais qu'est-ce que la prononciation romaine du latin ?

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À quoi une classe de grec ressemble-t-elle ?

Je n'ai pas entendue parler de prononciation romaine. Les principales manières de prononcer qui sont pratiquées en France sont la prononciation ecclesiastique (à l'italienne), la prononciation à la française et la prononciation restituée.

En prononciation à la française, on prononce le "u" voyelle comme un "u" français; le "u" semi consonne, est noté "v", et se prononce "v", le c  et le g se prononcent comme en français, avec variation selon que la voyelle devant laquelle il est placé...

En prononciation à l'italienne, c'est pareil, sauf que le "u" se prononce à l'italienne "ou", et que le c devant e et i se prononce "tch", tandis qu'on prononcera le "g" de la même façon.

En prononciation restituée, le "u" voyelle se prononce à l'italienne, le "u" semi consonne, ne se note pas nécessairement "v", et il se prononce "w". Le c se prononce toujours k, et le g se prononce toujours comme dans "guerre".