Baudelaire, La Musique

Bonjours,
Je dois rédiger un commentaire sur La Musique de Baudelaire. Mon professeur ma donné le premier axe :
I. Un poème construit comme un morceau de musique
a. Une forme significative
b. Des sons mélodieux
c. Un rythme étudié

Après avoir fait une analyse de mon texte je me suis rendu compte que je ne trouvais pas grand chose pour la forme significative et les sons mélodieux. Je ne trouve pas non plus de deuxième axe. Je désespère ...
Si vous pouviez m'aider au plus vite
Merci d'avance !

La musique souvent me prend comme une mer!
Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile;

La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile
J'escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile;

Je sens vibrer en moi toutes les passions
D'un vaisseau qui souffre;
Le bon vent, la tempête et ses convulsions

Sur l'immense gouffre
Me bercent. D'autres fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir!

        La Musique, Charles Baudelaire

Rappel des règles
Seuls les élèves ayant effectué un travail personnel préalable sur leur sujet peuvent obtenir une aide ponctuelle. Vous devez donc indiquer vos pistes de recherches personnelles.

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Baudelaire, La Musique

Bonsoir Vic,

Tu peux analyser pourquoi ce poème est rattaché à la section Spleen et idéal.
Tu peux aussi étudier la métaphore du voyage au grand large et celle du bateau.
En ce qui concerne le rythme, relève l'alternance d'alexandrins (qui évoquent l'élan) et de vers de cinq syllabes (qui évoquent la chute).
Regarde comment le poème est composé d'une lente montée jusqu'au vers 13 suivie d'une brusque chute finale.

Baudelaire, La Musique

Merci pour ces informations, mais d'après vous qu'est ce que je peux dire pour la forme significative du poème ? Je ne trouve pas grand chose à part dire qu'il sagit d'un faux sonnet, qu'on trouve 2 quatrain et 2 tercet...

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Baudelaire, La Musique

Bonsoir

Il s'agit d'un sonnet hétérométrique à mètre alterné. Ce n'est donc pas un sonnet régulier.
Je t'ai indiqué la valeur à accorder à chacun des mètres : à l'alexandrin, l'élan ou l'idéal, au pentasyllabe, le repli, le reflux ou le spleen...

Baudelaire, La Musique

Pour les sons mélodieux, il faut étudier les allitérations et les assonances.

Baudelaire, La Musique

Mais l'alternance entre alexandrins et vers à 5 syllabes,  ce ne serait pas plutôt à mettre dans le rythme ?
Ce qui fait que jai presque rien pour la forme...

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Baudelaire, La Musique

Si tu as affaire à un sonnet, étudie les rimes sémantiques, la distribution des sens par strophe, puis surtout la chute.

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Baudelaire, La Musique

Bonjour,

moi aussi je dois travailler sur le poème "La Musique" de Baudelaire
et je dois trouver le plan, puis rediger l'intro et la conclusion mais je n'ai pas besoin de développer les parties. Je dois trouver au moins deux grands axes, bref un plan détaillé. J'ai déjà commencé mais pouvez-vous me donner votre avis s'il vous plait.

Bonne soirée

I. Un poème sous forme de chanson


1. Des sons mélodieux

Voir les assonances et les allitérations.

2. La versification Baudelairienne

Baudelaire ne respecte pas toutes les règles du sonnet et cela fait le charme de ses poèmes ; il créait son propre style dans la façon de composer son sonnet, en particulier dans le poème « La Musique » où Baudelaire alterne un alexandrin ( pour un effet d’élan) avec un vers de 5 syllables ( pour un effet de chute), ou par exemple au lieu de faire des rimes dans les règles du sonnet classique, il choisit d’employer des rimes différentes de ABBA ABBA ou ABAB ABAB. Les rimes de «  La Musique » sont telles que ABAB ABAB ABA BAA.

II. Le « Spleen et Idéal »

1. L’art et la beauté sous forme d’antidote au spleen

Dans le poème, la métaphore de la musique nous amène à voyager en mer. Le poète utilise l’art, c'est-à-dire la musique tout au long du poème et la beauté de la mer. Il semble les utiliser comme un certain réconfort à son malheur, pour guérir l’âme.


2. L’amplification du spleen par la musique

Même si Baudelaire évoque la beauté de la musique, cette dernière est un paradoxe car elle amplifie le désespoir. Les deux derniers vers font la chute du poème vers le désespoir. La musique est donc considérée comme une épée «  à double tranchant ». Elle enfonce l’âme dans ses ténèbres.

Baudelaire, La Musique

Pour les sons mélodieux, il faut étudier les allitérations et les assonances.

Pourtant, ce n'est pas ce qu'il y a de plus liquide à l'oreille. Je dirais que la mélodie relève plutôt de l'euphonie, qui privilégie le contraste phonétique au détriment de la récurrence.

A mon sens, le proche retour d'un son participe plus souvent d'une harmonie imitative, ou bien d'un jeu de rimes intérieures, susceptibles en ce cas de constituer un réseau sémantique, plus subtil cependant que celui construit par les rimes de fin de vers.

Baudelaire ne respecte pas toutes les règles du sonnet et cela fait le charme de ses poèmes

Oui, mais si on prend une perspective opposée, on voit aussi qu'il ne s'affranchit pas de toute contrainte, alors qu'il le fait dans ses poèmes en prose. Baudelaire choisit ses contraintes, il faut donc s'interroger sur ce qu'elles peuvent lui apporter, et, à un niveau macro, ce que signifie cette poésie plus souple mais néanmoins contrainte.

Mais l'alternance entre alexandrins et vers à 5 syllabes,  ce ne serait pas plutôt à mettre dans le rythme ?

Oui, on peut envisager cette alternance dans sa valeur rythmique, tout en parlant aussi des associations "symboliques" que suggère Jean-Luc.

J'insisterais sur le fait qu'il s'agit d'une alternance pair / impair : la musique est régulière, contrastée, mais dissonante. Et là, on se souvient de l'Héautontimorouménos : "Ne suis-je pas un faux accord / Dans la divine symphonie ?"

De là aussi, on peut rapprocher la question rythmique et la remarque de Jean-Luc : cette alternance spleen / idéal correspond à une alternance tension / détente caractéristique de la musique occidentale, et qui se retrouve bien ici dans la succession pair / impair.

Si tu as affaire à un sonnet, étudie les rimes sémantiques

Oui. Une rime qui me semble particulièrement importante, et qui pourrait s'intégrer à merveille dans tout ce que nous avons dit à propos de ce rapport mêlé entre spleen est idéal, est : passions / convulsions.

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Baudelaire, La Musique

merci beaucoup mais vous n'avez pas vraiment répondu à ma question, enfin vous avez répondu aux commentaires d'en haut... Est-ce que mes axes sont bien choisis ou non?

Voici mon introduction et ma conclusion que je viens de rédiger,
donnez moi votre avis et vos critiques surtout 


Comme beaucoup de poètes, Baudelaire appréciait l’art et en a témoigné dans son recueil « Les Fleurs du mal » publié en 1856. Dans son poème « La Musique », le poète a certainement était inspiré par Wagner qu’il admirait énormément. Baudelaire a choisit la peinture plutôt que d’autres arts car la musique parle directement aux sentiments et a la possibilité de les amplifier à l’extrême. Baudelaire caractérise ce sonnet avec ses variations métriques. C’est pour cela que dans un premier temps nous allons étudier « La Musique » comme un poème sous forme de chanson car on y trouve des sons plutôt mélodieux et, ensuite, la fameuse versification Baudelairienne.
Puis, dans un second temps, nous analyserons la raison pour laquelle le poème se trouve dans la section « Spleen et Idéal » en interprétant l’art et la beauté comme un antidote au spleen mais aussi l’utilisation de la musique comme amplificateur du spleen.

PLAN détaillé (voir ci-dessus)

Ccl:

Pour conclure, la musique est utilisée par Baudelaire pour son ambigüité. Et aussi parce que nous sommes plus facilement touchés par une mélodie que par un tableau ou par une sculpture, même si Baudelaire les utilise pour d’autres poèmes. Le poète compare la beauté de la musique à la mer et en fait une métaphore, ce qui fait que l’on se laisse emporté dans un voyage tout en se rappelant du titre « La Musique » qui nous rappelle que c’est en quelque sorte une description de son interprétation de la musique. Baudelaire a inventé de nouvelles techniques de versification et a enrichie la poésie française. Mais il est plus connu pour son inspiration que pour la forme de ses poèmes contrairement à Verlaine au XIXe siècle par exemple qui travaillait surtout sur des formes et des rythmes originaux plutôt que dans l’originalité de l’inspiration.