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Traduction latin-français d'un texte d'archives, latin du XVIIe siècle

Bonjour

Je souhaiterais demander un grand service à ceux qui seraient latinistes. J'ai trouvé un texte dans les archives de Mantes (Medunta), daté apparemment de 1651, en latin. Je n'arrive pas à le traduire avec les dictionnaires traditionnels, sûrement à cause des abréviations. Je l'ai sûrement mal recopié, mais je peux envoyer une photo de l'original aux personnes acceptant de m'aider.
Merci beaucoup par avance !

Voici le texte :
"Hos Jacobus Lescot Dei gratia et aucti aplica Episcopus Carnotinsis Licentiam damus Magro Ludovico Barat Pbro Canonico Regalis et Collegiata Ecclésia Beata Maria de Medunta nie non Capillanus Capilla Sancti Joannis cui Annixa est administratio Domus Dei de Medunta Altare nupit extructum in infirmorum dicti loci riclinatorio benedicindi et ibidem supit altari portatili missam est brandi. Datum Medunta die sexta Dicembris Anno Domini milleo sexcintio quiquagesimo primo."

Claire P.

Traduction latin-français d'un texte d'archives, latin du XVIIe siècle

Bonsoir,

Même si vous avez fait des erreurs de copie il est sûr que l'évêque ou son préposé aux écritures s'exprime en latin de Molière. Néologismes hermétiques (pour moi), flexions fantaisistes ou inexistantes... Une photocopie ou l'équivalent pourrait aider, ce n'est pas sûr, tant le latin est incertain. Voilà un bonne épreuve pour le Concours général !

Je propose cette traduction partielle du texte, elle est en partie conjecturale, et je donne ma langue au chat pour le reste...

"Nous, Jacques Lescot, par la grâce de Dieu […] évêque de Chartres, donnons licence à maître Louis Barat […] chanoine de l'église collégiale royale Bienheureuse Marie de Mantes […]  bien qu'il  ne soit pas (?) chapelain de la chapelle Saint-Louis, (charge) à laquelle est attachée l'administration de la maison de Dieu de Mantes […] d'agrandir l'autel […] du dortoir (?) des infirmes dudit lieu […] et au même endroit […]

Donné à Mantes le 6 décembre de l'an du Seigneur 1651."

La maison de Dieu est peut-être ce que nous appelons un Hôtel-Dieu, un hôpital. Les infirmes sont peu-être les malades.

Traduction latin-français d'un texte d'archives, latin du XVIIe siècle

De même que Zorah a corrigé Hos en Nos, je me demande si Pbro ne doit pas se lire Pclro ? Le manuscrit permet-il cette lecture, clairep2 ? Nous aurions alors Praeclaro, je ne vous fais pas l'injure de traduire, qui serait ici tout à fait logique.

Traduction latin-français d'un texte d'archives, latin du XVIIe siècle

Je viens par hasard ( en navigant sur internet à la recherche de données sur les actes notariés !) de prendre connaissance de votre appel à l'aide et de la réponse de  Zorah qui le suit.

Ses conjectures me semblent fort bonnes; je vais tenter de les compléter (cf. infra) , bien conscient toutefois que les conjectures ne sont parfois que des devinettes... qui peuvent amener à dire de grosses bourdes.

- votre transcription n'est pas toujours très bonne . Vérifiez bien la forme des lettres (confusion i/e, r/n,etc.) En particulier regardez bien les "a" finaux; certains doivent avoir une forme particulière  chargée de transcrire un "-ae", marque génitif singulier de la 1ère déclinaison; d'autres sont peut-être  surmontés d'un signe (un petit trait ou autre) pour indiquer un ablatif (on rencontre souvent cela dans touts sortes d'actes en latin) . Ces vérifications vous permettront de voir sans aucun doute que certaines conjectures de Zorah sont bonnes: elle lit par exemple ( ses traductions présupposent de telles conjectures - à moins qu'elle ne l'ai fait "au pif" !) : capellanus  capellae (=chapelain de la chapelle), etc.

Voici mes propres remarques en suivant le texte latin tel que vous l'avez transcrit (avec reprises éventuelles de la traduction de Zorah):

-"Nos" à la place de "Hos" : c'est une évidence!

- "aucti aplica" ne veut rien dire; je ne parviens pas à deviner ce qui se cache sous ces deux mots ! il me faudrait voir le texte!

- "Magro" n'est pas je crois la bonne lecture (sauf s'il s'agit d'un prénom, au reste inconnu de moi !) . Lire "Magno"? En tout cas la traduction de Zorah par "maître" n'est pas bonne (voir ci-après). "Magr/no" et "domino"  peuvent difficilement se confondre.

- "pbro" : abréviation usuelle de "presbytero" (ici au datif) = prêtre.  prebytero canonico = prêtre chanoine (de....). Voilà porquoi "maître" ne me semble absolument pas convenir. un prêtre ne reçoit pas le titre de maître!

-remplacer par la lecture suivante : " regalis et collegiatae Ecclesiae Beatae Mariae de Medunta " : la traduction de Zorah (qui de toute évidence s'appuie sur cette lecture, sauf réserve ci-dessus) est la bonne.

-"nie non" est à revoir ! Il faut lire peut-être "nec non"  (ou "necnon" en un seul mot).  "nec non" signifie "et aussi". Ce prêtre serait donc  " chanoine de  l'église de   .... et aussi chapelain de la chapelle de...."

- "cui annixa est.." . lire sans doute "annexa" (annixa existe mais vient d'un autre verbe latin dont le sens - "faire des efforts" - ne convient absolument pas ici.  "annexa est" signifie bien " est attachée à..".

- "Domus Dei " : Zorah a parfaitement raison: " Maison de Dieu" désigne bien ici ce qui en français du Moyen-Age était appelé Hôtel-Dieu , établissement religieux destiné à recueillir les malades et les infirmes de tout poil,  et ancêtre de nos hôpitaux modernes.  Au reste, le mot latin "infirmus" désigne toute personne impotente .

- "nupit"  est à revoir  : sans doute "super"  ou "nuper". Pour choisir entre les deux, il manque une lecture certaine de quelques mots qui se trouvent plus loin. Je penche pour "nuper" (= recemment), qui donne un sens parfaitement satisfaisant.
   "altare nuper extructum in infirmorum dicti loci reclinatorio" = l'autel recemment dressé dans le "reclinatorium"  du dit lieu. Le "reclinatorium" est la salle commune où sont allongés les malades grabataires et où ils passent (forcément !) tout leur temps. Ce n'est donc pas exactement ce que nous appelons un "dortoir". J'ignore s'il existe un mot français pour traduire "reclinatorium".

-"benedicindi" . sans doute "benedicendi" , génitif du gérondif de "benedicere" (bénir). Ce serait le complément de "licentiam damus".
Il faudrait donc comprendre "...donnons autorisation de bénir l'autel recemment....etc...)

- "supit altari portabili"; lire sans doute "super altari portabili " ou mieux "super altare portabile" (accusatif préférable à l'ablatif - confusion entre "i" et "e"? - les deux sont en rélité possibles et le sens reste le même)  = "sur un autel portatif".
    Les prêtres peuvent, à l'aide d'un autel portatif, dûment consacré au préalable, célébrer la messe en des lieux qui en sont dépourvus. La célébration d'une messe ne peut se faire que sur un autel consacré (par une cérémonie religieuse adéquate effectuée par l'évêque).


- "missam est brandi" : missam = la messe (mot ici à l'accusatif);  "brandi"  m'est particulièrement obscur ; je n'arrive pas à restituer un mot satifaisant ; je cherche un mot (verbe)  parallèle
à "benedicendi", quelque chose comme  "orandi", "dicendi", "celebrandi", (autre?); le contexte indique qu'il s'agit de célébrer la messe sur un autel portatif. je penche pour "orandi" dont la confusion avec "brandi" est assez compréhensible.
   Ce passage  signifie donc très probablement   :" (donons autorisation) ..... de bénir l'autel récemment dressé dans le reclinatorium des infirmes/malades du dit lieu et là-même de [célébrer] la messe sur un autel portatif".

La fin ne comporte pas de difficulté:il faut cependant lire  "millesimo sexcentesimo". La traduction de Zorah est bonne; "

Il ne reste plus qu'à attendre la confrontation avec une transcription définitive, et donc fiable, du texte !!! Mes conjectures ne valent que ce que valent des conjectures à partir d'un texte un peu trop douteux!



Voici donc la traduction que je propose du texte dans son ensemble (réserves étant faites sur les quelques points litigieux signalés entre parenthèses)

Nous, Jacob Lescot , par la grâce de Dieu et (?) évêque de Chartres, donnons licence/autorisation à (Magnus?) Louis Barat, prêtre chanoine de l'église royale et collégiale  Bienheureuse Marie de Mantes , et aussi chapelain de la chapelle  St Louis à laquelle est attachée l'administration de la Maison de Dieu , de (bénir) l'autel récemment dressé/érigé  dans le  "reclinetorium" des infirmes/malades du dit lieu et, en ce même endroit, de célébrer la messe sur un autel portatif. Donné à Mantes le sixième Jour de décembre en l'année du Seigneur mille six cent cinquante et un.
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En bref,  il s'agit d'une autorisation donnée par l'évêque à un prêtre de bénir (en attendant , sans doute, sa consécration par l'évêque qui a seul ce pouvoir) un autel dressé  depuis peu dans la salle  des infirmes de cette Maison de Dieu,  et d'y célébrer  des messes sur un autel portatif (déjà consacré, cela va de soi !), et ce, bien évidemment, pour permettre à des gens qui ne peuvent plus se rendre  dans une chappelle ou une église, d'assister aux offices religieux. Je précise qu' il est encore d'usage de recourir à un autel portatif pour célébrer une messe en un lieu dépourvu d'un autel fixe  dûment (canoniquement) consacré  .
Ici l'évêque  commense par rappeler  que le prêtre en question  est "canoniquement" fondé à célébrer la messe  dans ce "réclinatorium" puisque  la Maison de Dieu où ce dernier se trouve est administrativement rattaché à la chapelle dont ce prêtre  est le chapelain. Le clinatorium est donc dans son "périmètre juridique". 

PS. Zorah a tort de croire que ce texte est écrit en latin "de Molière". Sans être du latin de Cicéron, il n'es reste pas moins qu'il respecte la syntaxe ordinaire du latin (une bonne transcription du texte le confirmera sans aucun doute! Tout texte à caractère juridique exige de la rigueur dans l'expression !) ; quant au lexique, il est tout simplement celui dont l'Eglise a dû, au fil du temps, se doter pour traduire au mieux ses réalités concrètes , abstraites et juridiques. Bref,il est aussi absurde de vouloir comparer le latin des textes "juridiques" de l'Eglise à celui de Cicéron  que de vouloir comparer la langue qu'utilise l'administration française actuelle à celle
de Racine ou de La Fontaine !

Traduction latin-français d'un texte d'archives, latin du XVIIe siècle

Bravo ! Et félicitations ! Quelle démonstration ! Et quels commentaires pertinents !

A propos de Magro, que je lisais Magistro, certains chanoines ne sont-ils pas des "maîtres" (magister) en droit canon ?

Traduction latin-français d'un texte d'archives, latin du XVIIe siècle

Merci  pour vos ….remerciements !

-  Vous voudrez bien m’excuser d’avoir laissé  passer quelques coquilles dans mon texte ; j’ai cliqué  trop vite sur « envoyer » sans prendre le temps de  me relire  (sur l’autre site j’en ai corrigé quelques unes).

- Il faut rétablir dans ma traduction un mot oublié : « … la Maison de Dieu <de Mantes> .

- Pour le reste, je  dois vous avouer que je reste un peu sur ma faim car je n’ai pas pu totalement terminer le travail ; j’aurais souhaité rendre un «copie » achevée, sans zone d’ombre !!

Pour ce faire,  vous serait-il possible de me rendre accessible une copie de cet acte ? En incrustant un lien par exemple? Ce serait, et de loin, la meilleure solution !
A défaut, pouvez-vous reprendre vous-même un examen minutieux du texte, en particulier sur les points suivants ( je vous guide un tout petit peu) ; je consulterai ce site de temps à autre en espérant…….


   
-    « aucti aplica ». ici il faut chercher  quelque chose  qui soit (en raison du « et » qui précède) en parallèle avec « par la grâce de Dieu » ; on doit donc avoir quelque chose  qui signifie «  par la grâce de Dieu et de … »  ou « par la grâce de Dieu et par… ». Si vous connaissez le latin cela vous aidera peut-être à rétablir le texte ; sinon prenez chaque lettre séparément et comparez-les à d’autres lettres semblables qui se trouvent dans des mots parfaitement lus.

-    magro (voir plus bas un commentaire)

-     « nie nec » : pouvez-vous lire  « nec non »  (éventuellement en un seul mot ?) ou  « sed non » (dans ce cas obligatoirement en deux mot) ? D’autres mots sont peut-être possibles . Une bonne lecture est ici essentielle pour l’interprétation du texte.


-    « est brandi » : je crois que, si vous regardez le texte de près, vous devez pouvoir lire « celebrandi » (et non « est orandi » comme je l’ai écrit précédemment …ce qui n’a aucun sens !) ; je parierais volontiers que ces deux mots , légèrement coupés,   n’en font qu’un et qu’il faut lire « celebrandi » . L’expression latine usuelle est « missam celebrare » = célébrer la messe .   Sinon , faites comme pour le premier point : reprenez une lecture minutieuse de chaque lettre.

Magro : votre proposition d’ y voir un abréviation de « Magistro » se heurte à une petite  objection  : ce mot est plus généralement abrégé en « mgtro » ou « mtro » et quelques autres ( toujours avec « –tro, je crois»; cependant ce n’est pas une objection majeure, dans la mesure où, en matière d’abréviation, il y a l’usage…et la  fantaisie  de chacun !!!
    Cette hypothèse   n’est donc peut-être pas à balayer d’un revers de main ; il se pourrait que ce prêtre soit muni d’un titre universitaire (Docteur en Théologie ou Droit Canon, par exemple), ce qui lui permettrait d’ être appelé Maître. Je continue à creuser la question. 


    Quoi qu’il en soit, à cette place, on ne peut avoir qu’un prénom ou un « titre » (cf.  « Eminence », etc.)

  -   Si c’est un prénom, alors il faut lire « Magno » (issu de Magnus) : Magne est bien un prénom : quelques (rares)  attestations au XIII et XIV s.  Mais je crois qu’il n’était plus utilisé au XVII s. !!! Je peux cependant me tromper ! 
-   je pense aussi à un attribut ecclésiastique . « Sa Grandeur » est régulièrement utilisé pour les évêques ; mais  je crois me souvenir avoir lu aussi dans quelque document historique en français l’expression suivante: «…sa Grandeur le Chanoine….. » ; je vais essayer de vérifier si « sa Grandeur »  peut aussi être l’attribut ecclésiastique des Chanoines. 
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- Une remarque sur l’expression « presbytero canoniquo » : il ne s’agit pas d’une redondance ! La précision est ici essentielle  sur le plan du droit canon. Tous les chanoines n’étaient pas prêtres (il existe en effet plusieurs catégories de chanoines) : il était donc essentiel de préciser  que ce chanoine-ci  avait  bien « qualité » pour procéder à une cérémonie de  bénédiction et célébrer la messe.



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Si vous voulez savoir comment était effectuée la consécration d’un autel ,  allez voir sur le site « ceremoniaire.net » ; entrez dans google l’expression « consécration d’un autel » et il vous y mène tout droit ;  les photos et les commentaires détaillent assez précisément cette cérémonie.
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Petit supplément pour l’appréciation du   texte.
Il est à remarquer  que cette autorisation  a été délivrée à Mantes (Datum Manunta) par l’évêque de Chartres. Ordinairement  les décisions de ce genre étaient prises et signées au siège épiscopal (en l’occurrence Chartres).  On peut donc raisonnablement conjecturer  le scénario suivant :
L’évêque de passage à Mantes, soit dans le cadre normal de ses visites pastorales ou de « contrôles administratifs » , soit à la demande expresse du  chanoine en question, a pu constater par lui-même la réalité du problème suivant : les grabataires de l’hospice , qui ne pouvaient se déplacer, ni même sans doute être transportés, se voyaient donc de ce fait  privés des offices religieux, chose qui chagrinait à juste titre le prêtre qui les avait en charge.  Ce dernier , sans doute après concertation  avec son évêque ,  avait donc envisagé de résoudre le problème en érigeant un autel dans le reclinatorium  (en vertu du principe  - de forme parodique !- : « si tu ne peux pas aller à la messe, c’est la messe qui viendra à toi » !). Pour cela il lui fallait, selon le droit canon, l’autorisation de son évêque, car on ne transforme pas par simple fantaisie un local profane en chapelle ou en église. Ce dernier , venu sur place,   constate de visu que tout va bien ( l’autel construit est en tout point conforme à ce qu’exige la « règlementation » en vigueur : place, dimension, qualité de la construction, etc.) ;  il peut donc donner tout de suite l’autorisation :
-    d’une part  de bénir cet autel récemment érigé , qui sera donc ainsi soustrait au monde des objets profanes  comme il convient à un objet destiné à devenir le « lieu »  sur lequel sera célébrée la messe. C’est une première une étape avant la consécration, cérémonie « lourde »,  qui ne peut absolument pas être accomplie à la sauvette. Celle-ci aura donc lieu plus tard , car elle doit être préparée longtemps à l’avance ( problèmes d’emploi du temps de l’évêque, commande et taille de la pierre dont le choix du matériau et la taille doivent être l’objet d’un soin particulier, préparatifs de la cérémonie, etc.)
-    d’autre part , en attendant ce grand jour et à titre transitoire, de recourir à un autel portatif ; la salle en question, après inspection,   a donné satisfaction, c'est-à-dire qu’elle offre un  caractère suffisant de dignité (bonne tenue, ordre, propreté, silence, etc. ) pour que la messe (moment sacré par excellence pour un croyant) puisse y être célébrée.  Il faut noter que les deux autorisations sont étroitement liées l’une à l’autre.

En résumé, ces vérifications sur place, absolument nécessaires même si elles ont été rapides,  ont permis à l’évêque de constater que tout était conforme. Il a donc immédiatement signé  la double autorisation demandée par le prêtre, jugeant  inutile  pour lui de la retarder . En effet, attendre pour cela  son retour au siège épiscopal, et éventuellement y prendre avis de son  entourage,  aurait inutilement fait traîner les choses en longueur. Le fait qu’il soit , en personne, venu sur place lui a permis de faire l’économie d’ une longue procédure de vérifications par le truchement d’une tierce personne.
    Voilà donc exemple de la « réactivité » d’un évêque dans l’exercice  de sa charge ! Trouvez- en encore quelques centaines  de ce genre et vous pourrez écrire une biographie de cet évêque !

Je ne peux m’empêcher de penser à ce qu’écrit Zorah , qui, s’appuyant sur la lecture problématique que vous en avez faite,  ne voit  dans ce texte qu’une sorte de charabia incompréhensible et va même jusqu’ à le proposer pour le Concours Général . Quelle idée saugrenue d’aller proposer aux candidats du Concours Général (les pauvres !), à la place d’une version latine, un concours de devinette sur un texte écrit en Volapuk !
En réalité ce serait  plutôt un texte   digne d’être retenu pour  l’épreuve orale de « commentaire de document » au Capes et/ou à l’Agrégation d’histoire !

Traduction latin-français d'un texte d'archives, latin du XVIIe siècle

Selon un vieil ami ecclésiastique, et aucti aplica pourrait faire référence à l'onction épiscopale, celle qui "fait" l'évêque. Le sens serait "et par application de l'onction". Les dictionnaires connaissent unctus -us (ou -i ?), onction, et unctus, a, um oint. Mais aplica... ? Aplica, -ae, application ? Ou abréviation d'applicatione ?

Traduction latin-français d'un texte d'archives, latin du XVIIe siècle

Je viens (encore par hasard) de tomber sur la copie de cet acte que vous avez mise en ligne sur Geneanet.

La boucle est bouclée !! On vous a donné le transcription et  la traduction complètes.

Les trois mots présentant des difficulté étaient  des abréviation ! Sur l'acte, ces abréviations sont signalées par un signe (plus ou moins grand ) placé au-dessus du mot abrégé . Les signes placés sur "aucte" (auctoritate) et "Aplica" (apostolica) peuvent surprendre en raison de leur ampleur et de leur forme !  Sur "milleo",  "magro" , etc. , ils sont nettement plus discrets.

Donc, "Magro" est bien signalé comme abréviation; il ne peut donc s'agir que de "Magistro"

Je me permets de corriger 2 (petites) erreurs  dans la transcription en question :  Il faut lire "sexsent(esim)o " -erreur de frappe sans doute -  et "Datum Maduntae". Pour ce dernier mot, le  -a final  a bien la forme particulière   utilisée pour  -ae ( "a" suivi d'une petite boucle nettement visible dans les autres mots comme  "Beatae Mariae"). Ici c'est un locatif (du pur latin classique !) et non un génitif.

Tout (ou presque !) à été dit ! Bon courage pour la suite de vos recherches dans les archives de Mantes !