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Hugo, L'Homme qui rit, II, 8 - Je représente l'humanité telle que ses maîtres l'ont faite...

Bonjour tout le monde voilà j'ai un commentaire à faire mais je n'arrive toujours pas à trouver des axes malgré les différentes méthodes qu'on a pu me proposer... pouvez-vous m'aider à les trouver svp ? voici l'extrait : (l’objet d'étude est le biographique)

Dans un roman dont l'action se situe en Angleterre au tout début du XVIII siècle, Victor Hugo nous présente un personnage imaginaire, Gwynplaine, dont le visage a été déformé en une sorte de rictus grotesque afin de distraire les puissants. Grandi dans le peuple misérable, Gwynplaine se trouve projeté par le hasard à la Chambre des lords.
Texte :

Je représente l'humanité telle que ses maîtres l'ont faite. L'homme est un mutilé. Ce qu'on m'a fait, on l'a fait au genre humain. On lui a déformé le droit, la justice, la vérité, la raison, l'intelligence, comme à moi les yeux, les narines et les oreilles; comme à moi, on lui a mis au coeur un cloaque de colère et de douleur, et sur la face un masque de contentement. Où s'était posé le doigt,de Dieu, s'est appuyée la griffe du roi. Monstrueuse superposition. Évêques, pairs et princes, le peuple c'est le souffrant profond qui rit à la surface. Mylords, je vous le dis, le peuple, c'est moi. Aujourd'hui vous l'opprimez, aujourd'hui vous me huez. Mais l'avenir, c'est le dégel sombre. Ce qui était pierre devient flot. L'apparence solide se change en submersion. Un craquement, et tout est dit. Il viendra une heure où une convulsion brisera votre oppression, où un rugissement répliquera à vos huées. (...) Tremblez. Les incorruptibles solutions approchent, les ongles coupés repoussent, les langues arrachées s'envolent, et deviennent des langues de feu éparses au vent des ténèbres, et hurlent dans l'infini ; ceux qui ont faim montrent leurs dents oisives, les paradis bâtis sur les enfers chancellent, on souffre, on souffre, on souffre, et ce qui est en haut penche, et ce qui est en bas s'entrouvre, l'ombre demande à devenir lumière, le damné discute l'élu, c'est le peuple qui vient, vous dis-je, c'est l'homme qui monte, c'est la fin qui commence, c'est la rouge aurore de la catastrophe, et voilà ce qu'il y a dans ce rire, dont vous riez !

Victor HUGO, L'Homme qui rit (1869).

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Hugo, L'Homme qui rit, II, 8 - Je représente l'humanité telle que ses maîtres l'ont faite...

Bonsoir Vivivava,

Ce texte tiré du très étrange roman d'Hugo, L'Homme qui rit, est une manifestation du romantisme social ou du socialisme romantique. N'oublie pas qu'Hugo a commencé en politique comme royaliste avant de finir comme socialiste militant. Il déploie ici un art oratoire dénonciateur et apocalyptique.

Tu pourrais essayer de regrouper tes remarques sous les parties suivantes :

Un homme symbolique
une dénonciation de l'absolutisme et des abus de pouvoir
une prophétie révolutionnaire adressée à des puissants bornés