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Pourquoi suis-je moi ?

Il me semble que la question "Pourquoi suis-je moi?" n'a pas de réponse parce que la question "Qui suis-je?" (c'est-à-dire, qui est ce "moi") n'en trouve pas. Je vous conseille un excellent livre sur le sujet —un essai littéraire, non un traité philosophique : Qui dit je en nous?, de Claude Arnaud (chez Grasset).

Personnellement, ce qui me fascine, c'est comme la plupart des données de la condition humaine nous semblent des énigmes et ne supportent aucune réponse. Je m'explique : la question "Pourquoi suis-je moi?" nous fascine parce qu'elle semble ne pas avoir de réponse, et nous aspirons à avoir une réponse. Mais si quelqu'un arrivait, nous disait "Vous êtes ceci et cela pour telle et telle raison", si nous nous trouvions réduits à un jeu de déterminismes divers, enfermés dans une chaîne de causalités, nous serions révoltés. On peut donc dire qu'à cette question, à la fois nous cherchons une réponse et nous n'en voulons surtout pas…

(On trouve le même mécanisme pour d'autres données de la condition humaine, comme le fait d'avoir ou pas un but —ne pas avoir de but dans la vie nous semble insupportable, mais si nous apprenions que nous étions conçus en vue d'accomplir telle fonction particulière, ce serait tout aussi terrible—, ou comme celui d'être mortel —l'idée d'une fin de l'existence, donc du néant, est insoutenable, mais celle de l'infini de l'existence l'est tout autant…).

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Pourquoi suis-je moi ?

Stendhal se posait aussi cette question.

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Pourquoi suis-je moi ?

kakoun a écrit :

Pourquoi sommes nous nous ? Je me poses cette question depuis longtemps. Généralement, lorsque je demandes sa aux gens on se moque de moi car on pense que je dégénère et me pose trop de questions idiotes pour mon âge ( 16 ans ).

Vous êtes vous déjà demander pourquoi vous êtes vous-même et pas un autre ? Vous êtes vous déjà fixer dans un miroir, yeux dans vos yeux, et avoir l'impression de vous regarder comme si vos yeux ne vous appartenaient pas ? Moi souvent.

Merci de vos réponses 

j'ai déjà eu cette sensation étrange de me faire observer par un individu qui n'est d'autre que mon moi intérieur qui juge cette être dans le miroir, la même sensation que la première fois que l'on se regarde dans un miroir en conscience a 3 ans, étrange je vous le concède...

le miroir te donne conscience d'exister, mais ne suffit pas, l'autrui est la clef pour te rentrer dans l'humanité en tant qu'homme.

par contre pourquoi sommes nous nous, vous êtes ce que vous êtes car vous avez eu cette expérience et cette éducation, je pense.. en dehors du fait que nous somems déterminé biologiquement (parents)

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Pourquoi suis-je moi ?

Bonjour

La question que je me pose est "Qui suis-je ?".
En revanche, je ne me suis pas vraiment poser la question "pourquoi suis-je moi ?"
Je suis partie du principe que je suis une personne à part entière différente de tout un chacun. Qui en a décidé ainsi ? Je ne sais pas. C'est la vie, les expériences de la vie, les leçons que j'en ai tirées qui m'a façonnée ainsi.

Flo

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Pourquoi suis-je moi ?

Tu es ce que tu es sans doute parce que tu es née ici, dans ce pays, dans cette ville, à cette rue, chez ces gens...
L'environnement dans lequel tu baignes influence beaucoup tes orientations et ta formation personnelle, les fréquentations, les voisins, jusqu'au petites choses je pense...

Moi par exemple ,j'ai des parents fanatiques, formaté comme jamais, pieux jusqu'au paradoxe ; je suis  farouchement monté contre les croyances et je me fais le pourfendeur des obédiances et de leurs moutons, ce n'est pas du déterminisme mais une sorte de leçon : la croyance a des effets nocifs sur les esprits libre et aliène les adhérents, je le sais!

Oui je me pose aussi la même question : pourquoi suis-je né chez untel plutôt que le voisin ou ailleurs?
finalement cette question n'a pas de sens, car le fils du voisin doit se poser la même question (rires) et que même si tu étais née dans une autre famille avec un autre profil tu aurais posé la question : qui suis-je?

Pourquoi suis-je moi ?

Oups, désolée, j'arrive un peu en retard  Ce sujet m'intéresse beaucoup et je me permets de donner mon opinion:
Selon moi, tout nous est destiné d'avance, et tout a été décidé avant le commencement de Tout, justement.
... J'sais pas si je suis claire ...

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Pourquoi suis-je moi ?

J'ai compris ce que tu as essayé d'expliquer Chii, cependant, je ne suis pas du même avis que toi, je pense au contraire, que l'individu construit son avenir par ses actes, ses paroles et ses choix. Quelques fois, le hasard peut entrer en compte, mais il n'est pas toujours présent. L'être humain capable de réfléchir doit assumer les conséquences de ses actes, quelque soit la tournure des évènements. Après tout, je suppose que c'est cela exister.

Pour reprendre la toute première question, à savoir "Pourquoi suis-je moi ?", il faudrait plus se tourner vers la science, si l'on parle du côté physique du "moi" (les chromosomes, l'ADN, etc), mais si on parle du "moi" en général, on pourrait reprendre une citation de Sartre : "L'existence précède l'essence", selon laquelle l'individu est utile dans ce monde par le fait qu'il existe (l'existence). Ses choix (l'essence), déterminent son évolution dans cette existence.

J'espère ne pas avoir été trop hors sujet quand à ce topic, car je débute à peine en Philosophie (je vais passer en Terminale L ').

Pourquoi suis-je moi ?

Miss Coldplay a écrit :

"L'existence précède l'essence", selon laquelle l'individu est utile dans ce monde par le fait qu'il existe (l'existence). Ses choix (l'essence), déterminent son évolution dans cette existence.

Plus simplement, cette phrase inverse ce que pense le déterminisme, qui affirme que l'essence, donc toutes les qualités d'un homme ( sa vie ) précèdent son existence, donc son arrivée sur Terre. Selon Sartre, on ne peut avoir été " préconçu ".
Pourtant, selon une idée de Spinoza, nous avons en nous l'idée de la perfection. Si nous étions cause de nous même, libres comme le pense Sartre, alors nous nous ferions à l'image de cette perfection : Or ce n'est pas le cas. Le décalage entre le désir et notre impossibilité de nous faire à cette perfection témoigne , contrairement à ce que pense Sartre, de notre incapacité à agir de manière libre, nous sommes donc déterminés.
Non ? 

Pourquoi suis-je moi ?

L'opposition entre Sartre et Spinoza n'est pas tout à fait rigoureuse. L'on peut dire que Sartre s'oppose avec son affirmation à un déterminisme platonicien qui postule pour l'existence d'un monde intelligible transcendant à l'intérieur duquel serait contenue la forme essentielle des choses. Pour Sartre, "l'homme n'est que ce qu'il se fait", il ne définit pas là son "utilité" comme semblait le proposer mlle coldplay au monde, mais il affirme et se rend responsable de son existence et de ses actes pour et devant l'humanité elle-même.
Mais le déterminisme de Spinoza est radicalement différent de celui de Platon, chez qui l'on a qu'une substance - la Nature - et une infinité d'attributs, autrement dit, il n'y a pas d'au delà de la nature, de milieu non naturel, pas de monde intelligible. C'est là où ton rapprochement manque de sens, Freeze, car la philosophie de Spinoza est bien une philosophie de la liberté, et l'enjeu n'est pas l'union de la volonté, de l'entendement et de la faculté d'agir - une liberté proprement divine - mais d'actualiser au maximum dans son existence les potentialités naturelles inscrites dans notre essence. Le summum de l'être libre serait alors l'union de l'actuel et du possible, une action consciente de sa cause - l'homme n'est pas libre tant qu'il ne sait pas pourquoi il agit - qui développerait sa puissance se sachant conditionnée par des lois sur lesquelles elle n'a pas prise. Je ne pense pas que Sartre ait voulu nier cela.

Pourquoi suis-je moi ?

@NE

Je n'avais pas perçu l'opposition à Platon dans la formule de Sartre ; Dans les Mouches, il affirme que l'existence d'un Dieu ( donc, Jupiter ) est incompatible avec la notion de liberté humaine. Il ne me semble pas que Platon croie en l'existence d'un Dieu tel que Sartre l'entendait ... Si ?
De la même manière, je ne comprends pas l'opposition à Platon que tu fais pour Spinoza, car je ne remets pas en cause la notion de monde intelligible. Chez Spinoza, on a effectivement la substance, Dieu, qui est cause d'elle-même, contrairement aux hommes qui sont des modes, brièvement, des parties finies de la substance infinie et sont l'expression de la puissance de cette dernière. Et j'ai repris l'argument de Spinoza tout à l'heure pour montrer que les Hommes étaient soumis à un déterminisme, celui de Dieu. La liberté chez Spinoza c'est la compréhension par la raison du déterminisme.
Je comprends cela comme une " solution " au problème du libre-arbitre que remet en cause Sartre.
En gros, je n'ai pas trop compris de quelle manière tu opposais ces philosophes entre eux.

Je te remercie de me répondre pour m'éclaircir des points que j'ai peut-être mal compris !