Apollinaire, Les Colchiques

Bonjour,

J'essaie de faire un commentaire composé sur les colchiques d'Apollinaire.

Je n'arrive toujours pas à trouver des idées pour les axes de lecture et la problématique.

En fait j'en ai trouvée  quelques-unes mais c'est pas génial.

1) La nature, reflet de sa douleur
     
2) les métaphores

3) ?


si vous pouviez m'éclairer

merci

voici le poème


Les colchiques

Le pré est vénéneux mais joli en automne
Les vaches y paissant
Lentement s'empoisonnent
Le colchique couleur de cerne et de lilas
Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-la
Violatres comme leur cerne et comme cet automne
Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne

Les enfants de l'école viennent avec fracas
Vêtus de hoquetons et jouant de l'harmonica
Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères
Filles de leurs filles et sont couleur de tes paupières

Qui battent comme les fleurs battent au vent dément

Le gardien du troupeau chante tout doucement
Tandis que lentes et meuglant les vaches abandonnent
Pour toujours ce grand pré mal fleuri par l'automne

Apollinaire, Les Colchiques

bonjour,

j'aurais voulu un avis sur mon commentaire


       C’est en 1913 que Guillaume Apollinaire connaît le succès avec la publication d’Alcools, qui constitua à l’époque une véritable révolution poétique. “Les Colchiques”, paru en 1907 dans la revue la Phalange, font partie de ce recueil. Placé juste après “La chanson du mal aimé”, il appartient au « Cycle d’Annie « en souvenir de son amour malheureux pour Annie Playden.
       Ce poème, apparemment impersonnel, est né de la souffrance d’Apollinaire, qui a mis une grande part de lui même dans ce recueil. Comment les différents éléments constituant ce poème nous amène, grâce à une série d’analogies, à découvrir la passion destructrice pour une femme.
       Nous verrons dans un premier temps les diverses formes du poème puis comment, sous des apparences trompeuses, se cache plusieurs figures de style et enfin comment le poète manie remarquablement la métaphore.
       Ce poème, de tonalité lyrique, aligne quatre strophes irrégulières composées de 15 vers libres dont la majorité sont des alexandrins. Avec un enjambement, les vers 2 et 3 sont les deux hémistiches d’un même ver. On compte 13 pieds pour les vers 6/8/12 et même 14 pour les vers 9/11 et 14.
       On observe des rimes plates et souvent féminines avec une allitération en [k] pour les vers 9et 10 simulant l’intrusion des enfants et une assonance en [an] qui nous donne une impression de lenteur comme si le temps allait s’arrêter.
       Avec ce poème, Guillaume Apollinaire a cherché à explorer des voies nouvelles. L’absence de ponctuation, qui nécessite ainsi une lecture plus attentive, donne une impression de fluidité et de continuité. 
       Et si on y regarde de prés, on retrouve quelques règles de composition du sonnet : la plupart des vers sont des alexandrins, le poème comporte 14 vers puisque les vers 2 et 3 n’en forme qu’un et les rimes disposées ainsi aabb, aabb, ccd, daa nous donne les deux quatrains et les deux tercets nécessaire au sonnet. C’est toute la douleur du poète qui transparait à travers ce faux sonnet.
       Ensuite, malgré les apparences, ce n’est pas un poème bucolique même si l’on retrouve le décor champêtre, les vaches et les fleurs. Le cadre a l’air attirant mais il est dangereux comme le souligne le premier ver, le pré est joli mais vénéneux, même le titre “Les colchiques” nous fait penser à la chanson d’antan. Cette ambiance nostalgique, accentué par la saison d’automne, citée trois fois, donne une dimension tragique qui reflète toute la souffrance du poète.
      Cette souffrance, le poète l’exprime aussi à travers l’image de la fleur vénéneuse qui symbolise sa bien aimée. Le souvenir de ses yeux le hante. Semblable au colchique qui est une très belle fleur, de couleur mauve mais aussi un poison pour celui le mange, sa bien aimée aussi est belle avec des yeux couleur lilas qui sont aussi un poison pour celui qui subit leur charme. Ainsi, comme les vaches s’empoisonnent en broutant les colchiques le poète s’empoisonne en continuant de ruminer le souvenir de son amour perdu.
     Ce poème est une œuvre écrite par un homme dévasté par une passion destructrice, qui le consume. son souvenir finira par anéantir l’auteur comme les colchiques ont eu raison des vaches qui abandonne le pré devenu « pour toujours […] mal fleuri ».

Apollinaire, Les Colchiques

Ça a l'air pas mal; je t'en dirai plus demain (auj'hui) dans la journée !
Corrige les deux-trois accords sujet pluriel/verbe singulier

Apollinaire, Les Colchiques

ton travail est très décousu et reste très superficiel. tu ne peux pas faire un plan de commentaire uniquement fondé sur la forme.

Apollinaire, Les Colchiques

Oui mais elle va plus loin que la forme ; elle s'appuie sur cette analyse formelle pour trouver à travers celle-ci les sentiments du poète. Ce n'est pas superficiel.  Le parallèle vaches / poète qui rumine le passé, par exemple, est très bien vu. De plus, son analyse formelle est très complète.
Mais il est vrai qu'un peu d'ordre dans la présentation serait bienvenu !

Apollinaire, Les Colchiques

bonjour

merci Léah et Ysabel pour vos commentaires

mais qu'entendez vous par un peu ordre dans la présention ou travail trés décousu ?

Apollinaire, Les Colchiques

C'e-à-d que tu indiques trois axes de lecture mais tu ne les suis pas. Cependant, à relecture, ton commentaire est très cohérent
La première partie consacrée à l'analyse formelle est peut-être un peu longue/aux autres
Cette ambiance nostalgique, accentué par la saison d’automne, citée trois fois, donne une dimension tragique : tu pourrais développer cette impression ; ce n'est pas évident que le "nostalgique" puisse donner une dimension "tragique"

C’est toute la douleur du poète qui transparait à travers ce faux sonnet.
       Ensuite, malgré les apparences,
Cette transition est à améliorer ; tu affirmes "C’est toute la douleur du poète qui transparait à travers ce faux sonnet." essaie de mieux relier cette affirmation à l'analyse formelle qui précède. Mais avoir  relevé l'aspect sonnet très bien !
Il faut aussi développer sur le charme subtil de ce poison distillé : n'y prend-il pas un certain plaisir ? "ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne" je releverais ici un peu mieux les "en" qui "ancrent" bien ce poison dans l'âme du poète. (tu as bien parlé de cette allitération mais pour les vers 7 et 10 ; à séparer.  Il le "rumine" avec une certaine volupté...
Violatres comme leur cerne il y a dans ces mots le souvenir des voluptés de l'amour ; et cette couleur mauve est un puissant leitmotiv du poème, la métaphore yeux/fleurs est filée presque jusqu'à la fin. ; revoir aussi  les 'en' qui sont répétés plusieurs fois
Lentement s'empoisonnent : Insister sur la répétition Valeur stylistique (très proches, quel effet ?) et valeur dans ton idée de cette "rumination" qui peut aussi nourrir son inspiration poètique
Les vaches y paissant
Lentement s'empoisonnent
.../...
Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne

Essayer aussi d'expliquer
Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères
Filles de leurs filles
Tu as habilement ignoré ces vers ! et aussi pourquoi des enfants ? quel est le rôle du bruit qu'ils viennent faire ?
     
Comment les différents éléments constituant ce poème nous amène, grâce à une série d’analogies, à découvrir la passion destructrice pour une femme. À reformuler : cette phrase est sans verbe ; et il me semble que ce "comment" fait partie de l'annonce de ton plan et aura sa place dans ce paragraphe :
       Nous verrons dans un premier temps les diverses formes du poème puis comment, sous des apparences trompeuses, se cache plusieurs figures de style ; Comment les différents éléments constituant ce poème nous amène, grâce à une série d’analogies, à découvrir la passion destructrice pour une femme. ;  et enfin comment le poète manie remarquablement la métaphore.
Essaie d'éviter la répétition des "comment"
       
Quelques erreurs d'ortho corrigées (je crois qu'il n'y en a pas d'autres)
comment, sous des apparences trompeuses, se cache plusieurs figures de style
se cachENT
les deux quatrains et les deux tercets nécessaireS
des vaches qui abandonnENT

Tu peux aussi dans ta conclusion comparer avec d'autres poèmes d'Apollinaire sur l'automne, saison qui l'a particulièrement inspiré (il écrit presque toujours "automne" au féminin ; mais automne n'a pris le sexe masculin que récemment ; avant il était bi 

Apollinaire, Les Colchiques

Si tu redisposes ainsi le poème tu as bel et bien un sonnet

Le pré est vénéneux mais joli en automne
Les vaches y paissant lentement s'empoisonnent
Le colchique couleur de cerne et de lilas
Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-là

Violâtres comme leur cerne et comme cet automne
Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne
Les enfants de l'école viennent avec fracas
Vêtus de hoquetons et jouant de l'harmonica

Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères
Filles de leurs filles et sont couleur de tes paupières
Qui battent comme les fleurs battent au vent dément

Le gardien du troupeau chante tout doucement
Tandis que lentes et meuglant les vaches abandonnent
Pour toujours ce grand pré mal fleuri par l'automne

Apollinaire, Les Colchiques

bonjour

merci Léah

je corrige tout ça

10

Apollinaire, Les Colchiques

Bonsoir,

Ma question porte sur l'oral du bac de français.

Pour être plus claire, un exemple : "Les Colchiques" d'Apollinaire.
Question : en quoi ce poème est-il moderne ?

Je voudrais savoir comment faire pour "expliquer" le poème. C'est un poème compliqué, donc on ne saisit pas nécessairement le sens au premier abord, donc dans les dix premières minutes, il faut bien expliquer à un moment le sens du texte ?

Cela ne répond pas à la question donc je ne peux pas en faire une partie à part entière,
Cela ne montre pas la modernité du poème donc je ne peux pas en faire une sous-partie,
Cela ne se résume pas en une phrase et est trop "lourd" pour être dans l'introduction,

Et pourtant, sans cette "mise au point", l'explication me paraît bancale...

Comment faire ? Ne pas tout dire et se borner à répondre à la question quand même ?
Merci

Estelle.