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Le premier événement est contemporain et résulte du deuxième.

Je vais encore devoir me faire l'avocat du diable.

Si c'est là l'explication, elle contribue aussi à ma perplexité, et on en revient à ma question initiale. Doit-on considérer "du deuxième" comme un complément de l'adjectif ou comme un COI ? Car n'oublions pas qu'un verbe d'état suivi de son attribut a valeur de verbe. Si le complément est indirect, cela expliquerait que vous puissiez le remplacer par "en", et non pas, comme vous le dites, parce qu'il renvoie sans ambiguïté aucune au pronom complément.

Un exemple :

"Je suis fou de peur, et j'en souffre."

Même cas de figure, et pourtant beaucoup moins correct. Je dirais même que ça tombe sous le coup de la condamnation du Grevisse.

Est-ce que je souffre de la peur, ou d'être fou de peur (que "en" pourrait très bien remplacer, ce que vous semblez avoir oublié) ? Il y a ambiguïté. La distinction existe, même si elle est infîme. La preuve :

"Je suis indifférent à la peur, et pourtant j'en souffre."

Est-ce que je souffre de la peur, ou d'y être indifférent ?

Selon vous, la phrase suivante est irréprochable :

"Le premier est contemporain du deuxième, et il en résulte."

L'est-elle parce que "du deuxième" joue en réalité le rôle de COI ou, comme vous le pensez, parce qu'il n'y a pas d'ambiguïté ?

Si "il" remplace un troisième événement, l'on sera bien en peine de dire s'il résulte du deuxième ou de la contemporanéité du deuxième au premier.

"Le premier est contemporain du deuxième, et le troisième en résulte."

De quoi le troisième résulte-t-il ? Du deuxième ? Ou de la contemporanéité entre les deux premiers ? Que remplace "en" ? L'univocité n'est pas établie, et ne peut donc pas contribuer à la conformité de la phrase.

Édition :

Permettez-moi aussi de vous faire une remarque à propos de votre exemple :

"Je suis fou de mes plantes et je m'occupe d'elles."

C'est correct uniquement parce que "elles", de genre féminin, ne peut désigner que les plantes. En revanche, si l'on modifie un peu la phrase :

"Je suis fou de mes plantes, et je m'en soucie."

Que remplace "en" ici ? Les plantes ou ma folie des plantes ? De quoi est-ce que je me soucie ? De mes plantes ou d'être fou de mes plantes ?

Le premier événement est contemporain et résulte du deuxième.

L'avocat du diable, bigre... Voilà qui ne va pas plaire au Père   !

Si le complément est indirect, cela expliquerait que vous puissiez le remplacer par "en",

en est toujours complément indirect,
mais il n'est nullement tenu de désigner un autre COI :

J'aime mon jardin, et je m'en occupe.
Fonction de jardin : COD du verbe "aime".
Fonction de en : COI du verbe "m'occupe".

Je maintiens qu'en fait la fonction du terme auquel renvoie en n'a pas d'importance dans l'histoire. C'est la nature du terme qui importe. En ne renvoie qu'à un nominal (nom, pronom ou groupe du nom) ou à toute la proposition.

"Je suis fou de peur, et j'en souffre."
Dans cet exemple, le en renvoie sans ambiguïté à l'état de fait évoqué par toute la proposition soulignée. Grevisse ne condamnerait pas. Et cette proposition peut être reformulée sans garder le complément "de peur" : "Je panique comme un fou, et j'en souffre."

Le premier est contemporain du deuxième, et il en résulte."
En revanche, ici, en supprimant le pronom "deuxième", il est impossible de formuler une proposition de même sens général que la proposition soulignée.  Le en ne saurait donc renvoyer à toute la proposition, et ne désigne donc que le nominal deuxième.

Quant à vos remarques sur le pronom "il", elles me semblent tout à fait oiseuses, la phrase ne changeant pas de sens si on le supprime :
"Le premier est contemporain du deuxième, et il en résulte."
"Le premier est contemporain du deuxième, et en résulte."
Que le sujet de résulte puisse être aussi bien "il" que "le premier"
montre bien que il = le premier, sans ambiguïté.

"Je suis fou de mes plantes, et je m'en soucie."

Effectivement, ici, le doute est permis. On peut tout autant concevoir que le en désigne le nom plantes ou toute la proposition soulignée.

Mais la plupart du temps, le doute n'est pas de mise.
Je garderai donc (en supprimant le fameux il qui vous turlupine tant) :
"Le premier est contemporain du deuxième, et en résulte."
Tout à fait correct, je persiste et signe !

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Le premier événement est contemporain et résulte du deuxième.

Jehan, j'apprécie beaucoup vos explications, toujours claires et précises. Vous êtes un grammairien hors pair. Et je suis sûr que ce n'est pas la moindre de vos compétences.

Évitons de pinailler sur les quelques insignifiants détails qui n'ont plus rien à voir avec ma question initiale (à laquelle vous avez répondu avec brio, et ténacité  ).

Votre aide m'aura été très précieuse. J'espère que vous m'en ferez encore profiter à l'avenir. Merci infiniment !

Et aussi un grand merci à Muriel et à Lucretius, qui n'ont pas démérité.