Dans quelle mesure peut-on reprocher à un lecteur de s'identifier au personnage ?

Dans quelle mesure peut-on reprocher à un lecteur de s'identifier au personnage ?

2

Dans quelle mesure peut-on reprocher à un lecteur de s'identifier au personnage ?

Bonjour,

Cette question est effectivement curieuse. En effet le lecteur est libre dans sa lecture et je ne vois pas qui pourrait bien le surveiller dans cet acte intellectuel.

Tout ce qu'un pouvoir de coercition peut entreprendre est d'interdire la diffusion d'un ouvrage. Mais après sa publication, il n'existe plus de contrainte à la liberté de pensée.

Faut-il comprendre le sujet comme une prévention ?
Ce sujet est-il accompagné d'un corpus ?

Dans le domaine de la prévention, il existe deux dangers potentiels à mettre en valeur :
- le personnage romanesque peut être très éloigné de la réalité et donc exposer le lecteur à de cruelles désillusions.
- le personnage romanesque peut être immoral ou asocial et donc devenir un danger pour la vie en société.

Dans quelle mesure peut-on reprocher à un lecteur de s'identifier au personnage ?

----

4

Dans quelle mesure peut-on reprocher à un lecteur de s'identifier au personnage ?

Dans une première sous partie, il faudra montrer la tendance qu le lecteur a à s'identifier aux personnages. C'est légitime, le roman, par exemple, le plonge dans un autre univers.
Le lecteur ne doit cependant pas oublier qu'il a affaire à des personnages de fiction. Tu peux parler là de n'importe quel oeuvre que tu connais.
Il y a en effet danger à s'identifier à un personnage de fiction. En témoigne le personnage d'Emma Bovary qui, grande lectrice de romans sentimentaux, recherche dans la réalité la grandeur des passions amoureuses. On sait où ça l'a menée...
Mais on ne peut pas reprocher au lecteur de s'identifier. Là est parfois la volonté même de l'auteur (c'est d'ailleurs à l'auteur qu'on reproche de dépeindre les vices et ainsi corrompre le lecteur (cf procès contre Flaubert en 1857)).Tu peux citer Hugo : "Hélas! Quand je vous parle de moi, je vous parle de vous. Comment ne le sentez vous pas? Ah! Insensé, qui crois que je ne suis pas toi!"

Dans quelle mesure peut-on reprocher à un lecteur de s'identifier au personnage ?

------

Dans quelle mesure peut-on reprocher à un lecteur de s'identifier au personnage ?

Bonjour. Je parlerais aussi du théâtre et de ses formes modernes qui engage le spectateur à travers une distanciation par rapport à l'intrigue, comme le font Artaud, Brecht ou bien les auteurs du Nouveau Théâtre.

7

Dans quelle mesure peut-on reprocher à un lecteur de s'identifier au personnage ?

76man a écrit :

Bonjour. Je parlerais aussi du théâtre et de ses formes modernes qui engage le spectateur à travers une distanciation par rapport à l'intrigue, comme le font Artaud, Brecht ou bien les auteurs du Nouveau Théâtre.

Oui c'est intéressant, mais ce n'est pas un peu hors sujet? L'accent est mis sur le lecteur. Je verrais plutôt ça dans l'élargissement de la conclusion.

Dans quelle mesure peut-on reprocher à un lecteur de s'identifier au personnage ?

------

Dans quelle mesure peut-on reprocher à un lecteur de s'identifier au personnage ?

Oui, il aurait été souhaitable de mentionner le roman dès le départ, car un personnage concerne aussi la poésie, le théâtre...

10

Dans quelle mesure peut-on reprocher à un lecteur de s'identifier au personnage ?

mistyblue a écrit :
76man a écrit :

Bonjour. Je parlerais aussi du théâtre et de ses formes modernes qui engage le spectateur à travers une distanciation par rapport à l'intrigue, comme le font Artaud, Brecht ou bien les auteurs du Nouveau Théâtre.

Oui c'est intéressant, mais ce n'est pas un peu hors sujet? L'accent est mis sur le lecteur. Je verrais plutôt ça dans l'élargissement de la conclusion.

Meme si ça peut paraître hors sujet, il serait bon de travailler sur le principe de la distanciation de Brecht.
S'opposant à l'identification de l'acteur à son personnage, la distanciation produit un effet d'étrangeté par divers procédés de recul. Ces procédés visent à perturber la perception linéaire passive du spectateur.