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Dans quelle mesure peut-on reprocher à un lecteur de s'identifier au personnage ?

Spacifiction a écrit :
mistyblue a écrit :
76man a écrit :

Bonjour. Je parlerais aussi du théâtre et de ses formes modernes qui engage le spectateur à travers une distanciation par rapport à l'intrigue, comme le font Artaud, Brecht ou bien les auteurs du Nouveau Théâtre.

Oui c'est intéressant, mais ce n'est pas un peu hors sujet? L'accent est mis sur le lecteur. Je verrais plutôt ça dans l'élargissement de la conclusion.

Meme si ça peut paraître hors sujet, il serait bon de travailler sur le principe de la distanciation de Brecht.
S'opposant à l'identification de l'acteur à son personnage, la distanciation produit un effet d'étrangeté par divers procédés de recul. Ces procédés visent à perturber la perception linéaire passive du spectateur.

Tu en parlerais à quel moment dans ton développement? Il est question du Lecteur de Roman, et non pas du Spectateur au Théatre. Les procédés de distanciation sont visibles sur scène principalement. C'est pour ça que je trouve ça totalement hors sujet... Mais en parler en conclusion pour montrer sa culture littéraire, c'est une bonne idée.

Dans quelle mesure peut-on reprocher à un lecteur de s'identifier au personnage ?

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Dans quelle mesure peut-on reprocher à un lecteur de s'identifier au personnage ?

Bonjour,

moi je crois qu'il y a une chose que tu oublis de prendre en compte : le fait de s'identifier au personnage (et d'abord, à quel personnage ? je peux m'identifier à Valmont comme à Madame de Merteuil, à Emma comme à Charles,etc.), c'est aussi accepter l'histoire du roman, et se laisser embarquer dedans complètement : c'est adhérer totalement à l'histoire. Or, il arrive parfois qu'elle soit fausse, ou qu'on ne sache pas trop sur quel pied danser. Je crois que ce qui est implicite dans ce sujet, c'est que si l'on s'identifie totalement au personnage, on perd tout son sens critique, or, la lecture suppose un sens critique (ce qui rejoint la distanciation au théâtre). Je prends comme exemple L'histoire d'une grecque moderne de Prévost, dans lequel l'ambassadeur de la France en Turquie raconte son histoire : comment il a sorti une jeune esclave du sérail, comme il est tombé amoureux d'elle, comment elle a repoussé ses avances, tout ça... Ce roman est extraordinairement intéressant car c'est exactement ce à quoi il touche : si on le lit en se laissant entraîner dedans, on n'a que le point de vue du narrateur. Si on se détache, si on adopte un regard critique, on s'aperçoit que le texte laisse paraître la mauvaise foi de ce même narrateur, et qu'il a un statut beaucoup plus ambigu qu'il ne veut bien le prétendre. Ce que je veux dire par là, c'est que ta question demande sans doute jusqu'à quel point on peut s'identifier a un personnage avant de perdre son sens critique ?

enfin bon, c'est ce que je crois, ce n'est qu'un analyse de prime abord. Bon courage, j'espère que ça t'aura un peu aidé.