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Poème : qu'en pensez-vous ?

Jamais compris qu'il y avait un combat, les anciens n'ont pas raison, c'est tout.

Quel bêtise ! Je trouve ces paroles complètement hors-propos, et un peu même affligeantes... Je m'explique en quelques mots : c'est que les anciens sont ceux qui restent, ce sont ceux qui forment nos fameux classiques, et les modernes d'aujourd'hui (donc : ceux qui ont raison) seront les anciens de demain (donc : ceux qui auront tort). De plus, ma remarque était ironique, c'était un sourire, tout comme la remarque de Léah ("Ben donne-nous des exemples de djeun !").

Ecris-tu Alain ?   

La poésie n'est pas un jeu littéraire, c'est toujours une révolution. Si vous saviez qui vous dit cela vous comprendriez.

?

Poème : qu'en pensez-vous ?

Il n'y a jamais eu que des modernes.

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Poème : qu'en pensez-vous ?

Il n'y a jamais eu que les anciens.

Nous vivons parmi les morts. Les morts nous entourent. Ce sont nos aieuls qui nous dictent notre texte, qui nous supportent et nous permettent de vivre tels que nous vivons. Celui qui se revendique moderne est déjà un ancien.

Poème : qu'en pensez-vous ?

Oui, mais c'est dangeureux d'exagérer. Il faudrait de temps en temps se sentir plus vivant que les morts.

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Poème : qu'en pensez-vous ?

Si tu dis
que le delta n'a rien à voir avec la source
tu oublies
que le delta fut d'abord une source

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Poème : qu'en pensez-vous ?

Bien sûr Léah ! De toute façon, le constat que je fais n'est pas du tout exagéré. Il est général, et non spécifiquement littéraire. Tout ce qui est devant moi actuellement est issu des Anciens (ordinateur, chaise, souris, lumière, électricité, etc.)... 

Poème : qu'en pensez-vous ?

Mais bien sûr, mon propos n'est absolument pas de dire qu'il faut faire table rase du passé.

"Les héritiers des formes
des songes et des couleurs
se cherchent dans les bruits
d'une épopée soudaine
aux rythmes reconnus...
Enfin... "

Tout est dans la manière dont on entend ce "Enfin...", exprime-t'il un soulagement ou un doute ?
Les deux exactement.

Si vous ne me faîtes pas dire ce que je ne dis pas nous resterons au centre ambigue de cet aspect
de notre condition.
Reconnaître à quel point tous nos repères sont spécialement humains nous offre la liberté fondamentale
de nous démodeler. Le labyrinthe c'est notre maison, c'est en cassant les murs qu'on découvre un
chemin.

Ceci dit, je pense que notre ami Godwin n'y est pas encore.

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Poème : qu'en pensez-vous ?

Oui Mozart et c'est réconfortant parfois de penser que nous sommes les héritiers et les bénéficiaires de tous les efforts de nos ancêtres ; face à certaines idéologies qui voudraient nous faire porter tous les péchés du monde. Certes j'hérite de leurs erreurs, mais aussi de leurs réussites !
Alain, peut-être que Godwin n'y est pas encore, je ne sais pas. Est-ce une raison pour le décourager et lui renvoyer une image négative ?

Poème : qu'en pensez-vous ?

Est-ce une raison pour le décourager et lui renvoyer une image négative ?

Godwin aurait tort de se décourager. Si ce qu'il voulait était entendre des avis sincères il
devrait au contraire être satisfait de notre discussion.

Il y a des choses intéressantes dans ses écrits mais je pense qu'il fait radicalement fausse route.
Le tour de force est de parvenir, dans l'espace précis et réduit du poème, à faire aboutir une
idée, de manière sensible au regard du discours qui se déploie presque inexorablement.

Comme si l'univers n'était plus qu'une mâchoire rouillée

Ca, par exemple, me semble intéressant mais où est le reste de l'acier dans
ce texte ?

Humanité est pas mal.

La vigne au coeur Noé chante

C'est bien, je pense.

Mais il faut vouloir adhérer à cette imagination très désuette, hors des enjeux actuels.

Imagination dont je ne dis pas qu'elle existe vraiment mais qu'elle s'hallucine d'elle-même.

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Poème : qu'en pensez-vous ?

Justement c'est une des richesses de la poèsie que chacun puisse y exprimer une imagination "désuète" s'il en a envie ; et que certains lecteurs puissent y adhérer.
Les enjeux "actuels " ? mais quels sont-ils stp, dans un monde où nul ne peut plus être sûr de rien ? La recherche très actuelle me semble-t-il de raccrochement aux valeurs "désuètes" est au contraire une réponse très "forte" au désert des référents actuels. Malraux a très bien vu cela, après mai 68, la désespérance et l'errance d'une jeunesse en manque de référents absolus. QUI nous en donne aujourd'hui, quels poètes ?