Laquelle des affirmations suivantes est / est-elle vraie ?

Faut-il écrire :

Laquelle des affirmations suivantes est vraie ?
ou
Laquelle des affirmations suivantes est-elle vraie ?

Et quelle est la règle qui permet de trancher selon les interrogatives ? Est-ce que cela dépend du type de pronom interrogatif ? De la longueur du groupe nominal ? De la fonction grammaticale du pronom interrogatif (sujet, complément d'objet) ?

Merci.

Laquelle des affirmations suivantes est / est-elle vraie ?

Bonjour.

Voici l'exemple du TLF dans ce cas particulier :

[L'ensemble sur lequel opère l'interrogation est exprimé par le propre complément de lequel]
1. [Introduit par de et suivant lequel] Laquelle des femmes venant chez sa mère eût osé prendre son parti? (STENDHAL).

Si l'on en croit le TLF, la forme correcte serait donc :

"Laquelle des affirmations suivantes est vraie ?"

Laquelle des affirmations suivantes est / est-elle vraie ?

Bonjour Jehan,

Merci beaucoup.

C'est moi ou le "est-elle" est tentant ?

Si quelqu'un dispose d'explications ou de références plus approfondies qu'un simple exemple, je serais preneur.

J'aimerais comprendre cette question dans sa généralité. Il est évident qu'on dira :

Armand est-il parti ?  (est-il marque l'interrogation)

mais non

(*)Qui est-il parti ? (sans doute parce que l'interrogation est déjà marquée par "qui")

On dira aussi

Qu'a-t-elle pris ?

mais là c'est le COD qui est en première place, alors c'est autre chose.

Limitons-nous donc aux situations où la phrase commence par un groupe nominal sujet contenant un adjectif/adverbe interrogatif.

Quid de :

(?)Quelle contrepartie est-elle exigée ?

(?)Quelle mère digne de ce nom souhaiterait-elle cela pour son enfant ?

(?)Combien de personnes participent-elles ?

Et indépendamment des théories, exemples et explications normatives, quel est votre ressenti par rapport à de telles formes, et aux formes sans l'inversion ?

Merci.

Laquelle des affirmations suivantes est / est-elle vraie ?

Problème épineux mais passionnant ! Je pense que les formulations sans inversion sous-entendent une question implicite :(Pouvez-vous me dire) laquelle des affirmations suivantes est vraie ? Sinon je dirais pour ma part : Laquelle des affirmations suivantes est-elle vraie ? L'autre formulation, c'est à dire Laquelle des affirmations suivantes est vraie ? serait ici une phrase interro-affirmative, si je puis dire, assez tordue, non grammaticalement satisfaisante à mon sens, admissible en langage parlé seulement.

La citation que Jehan donne de Stendhal ne choque-t-elle vraiment pas ? J'aurais mieux aimé "eût-elle". D'ailleurs une interrogation préalable sous-entendue y est aussi présente.

Pour le reste :

(?)Quelle contrepartie est-elle exigée ? Correct, mais sans doute assez artificiel comme phrase ? Quelle contrepartie on exige ? (Horreur!) Quelle contrepartie exige-t-on, est-il exigé ?

(?)Quelle mère digne de ce nom souhaiterait-elle cela pour son enfant ?
Phrase très heureuse à mon sens.

(?)Combien de personnes participent-elles ? Même chose pour moi.

Zorah

Edit.: Que pensez-vous de : Laquelle des affirmations suivantes n'est-elle pas vraie ?

Laquelle des affirmations suivantes est / est-elle vraie ?

Merci, Zorah !

Alors ce problème est pour l'instant indécis.

Dire que l'absence d'inversion s'explique par la présence d'une interrogative indirecte implicite revient à dire qu'il faut une inversion dans le cas normal (et il resterait à justifier la présence implicite de l'indirecte dans le cas contraire).

Je penche aussi pour l'inversion (en fait inversion avec un sujet redoublé).

Pourtant, une recherche Google sur "laquelle des affirmations suivantes" semble montrer une préférence pour l'absence d'inversion... (peut-être une forme de "prudence", dans le doute, la faute dans un sens semblant moins grave que celle dans l'autre ?)

Je propose une interprétation de notre hésitation entre les deux formes. Considérons :

1. Qui arrivera le premier ?
2a. (?)Quel concurrent arrivera-t-il le premier ?
2b. (?)Lequel des concurrents arrivera-t-il le premier ?
3. Martin arrivera-t-il le premier ?

Ces trois phrases ont la même structure grammaticale fondamentale.
1 et 3 sont, je crois, indiscutablement correctes.
Dans 1, le sujet est qui, et il n'y a pas d'inversion-redoublement.
Dans 3, le sujet est un nom, et il y a inversion-redoublement.

Mon interprétation est que si ces deux cas sont bien tranchés, les cas de la forme 2 sont des cas intermédiaires : il y a bien un mot interrogatif, mais il y a aussi un nom en position de sujet ; et c'est pourquoi on hésite entre les deux cas...

Cela dit je ne vois pas trop comment trancher. Une approche serait de dire exactement POURQUOI il n'y a pas inversion-redoublement dans le cas 1, et de voir ensuite si ce critère s'applique aux cas 2.

PS: Pour

"Laquelle des affirmations suivantes n'est-elle pas vraie ?"

il me semble que la négation ne change rien à l'affaire.J'ai pensé à un argument assez sérieux.

Ce qui différencie 1 et 3, c'est aussi que la réponse à 1 est un nom, tandis que la réponse à 3 est oui ou non. En se fondant sur ce critère, il ne faut pas d'inversion dans 2, puisqu'on est fondamentalement dans une variante du cas 1.

Dans ce cas, mon explication rend compte de l'hésitation, mais il faudrait en faire fi et renoncer à l'inversion.

J'avoue que j'ai un peu de mal...

Laquelle des affirmations suivantes est / est-elle vraie ?

Bonjour.

Voici ce que dit la Grammaire pratique du français d'aujourd'hui
( Maugé, Hachette) :

"De ces fillettes, lesquelles sont les tiennes ?"
Ne dites pas, comme vous l'entendrez trop souvent :
*"De ces fillettes, lesquelles sont-elles les tiennes ?"
Lesquelles est ici sujet, il est contraire à la correction traditionnelle d'ajouter un pronom inversé.

On remarquera incidemment que dans le cas de pronoms sujets féminins (laquelle, lesquelles), le rajout d'un pronom sujet inversé (elle, elles) produit un effet de répétition insistante plus sensible qu'avec les pronoms masculins. Le tout est de savoir si cet effet est souhaité ou non.

La plus récente grammaire Riegel tient en effet à préciser,
toujours dans le cas d'une interrogation portant sur le sujet (c'est moi qui souligne) :

Un écrivain peut choisir d'effectuer une inversion complexe avec reprise pronominale pour renforcer l'interrogation : "Quel homme de prière a-t-il pourtant jamais avoué que la prière l'ait déçu ?"(BERNANOS)

Tout ceci revient à dire que lorsque l'interrogation porte sur le sujet,  l'inversion avec reprise pronominale ne semble  jamais indispensable dans le langage usuel. Considérée tantôt comme incorrecte (dans le langage habituel), tantôt comme un facultatif effet de style propre aux écrivains...

Laquelle des affirmations suivantes est / est-elle vraie ?

Un grand merci à vous, Jehan, pour ces références.

Je note que dans votre première référence, la phrase est tournée de telle manière que "lesquelles" figure seul en position de sujet, ce qui nous rapproche du cas de "qui" dans mon analyse ci-dessus, et dissuade sans doute d'utiliser l'inversion complexe.

De fait, je ne crois pas que j'écrirais spontanément :

(*) De ces fillettes, lesquelles sont-elles les tiennes ?

En revanche j'écrirais sans doute :

(?) Lesquelles de ces fillettes sont-elles les tiennes ?

et j'écrirais certainement :

(?) Lesquels de ces grands hommes sont-ils morts avant 1900 ?

(Non seulement l'exemple est tourné de façon à avoir "lesquelles" seul en position de sujet, mais en plus il y a tutoiement, ce qui oriente vers un registre particulier. À la limite "Cette fillette est à toi ?" n'a rien de choquant non plus, si ce n'est éventuellement pour l'idée de propriété qu'elle suggère -- ou pour l'allitération en t.)

Enfin, en matière d'interrogation portant sur le sujet, je crois qu'il faut distinguer nettement le cas de "qui", qui ne prête pas à discussion, sauf à trouver des exemples où des auteurs fiables ont utilisé l'inversion complexe là aussi.

PS : La conclusion de Jehan m'irait tout à fait si elle ne se heurtait à mon impression, partagée par Zorah, que dans beaucoup de cas l'inversion complexe semble fortement recommandée voire indispensable, et qu'à défaut on a l'impression d'une interrogative indirecte implicite.

Laquelle des affirmations suivantes est / est-elle vraie ?

Il semble donc que l'emploi de l'une ou de l'autre de ces tournures relève finalement du cas par cas.

Il me semble plus harmonieux d'entendre Combien de pattes les airaignées ont-elles ? que Combien de pattes ont les araignées ? Sans compter que cette dernière phrase ne sonne pas vraiment comme une interrogation.

Mais c'est vrai aussi que j'aime mieux entendre De ces fillettes, lesquelles sont à vous ? que De ces fillettes, lesquelles sont-elles à vous?. Simple question d'euphonie, sans doute, comme le remarque Jehan, car les deux versions sont des interrogations formelles.

Laquelle des affirmations suivantes est / est-elle vraie ?

Pour

- Combien de pattes les airaignées ont-elles ?

l'interrogation porte sur le COD, donc ce cas-là n'a rien d'indécis, l'inversion complexe y est systématique.

Pour l'autre cas, mon interprétation est que "lesquelles" est seul en position de sujet, d'où un fonctionnement comme avec "qui".

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Laquelle des affirmations suivantes est / est-elle vraie ?

Cette question (ajouter "est-elle") semble renvoyer au sujet de "la mise en relief". Pourrait-on en avoir ici un aperçu?