Flaubert, Madame Bovary, II, 8 - Il se tenait les bras croisés sur ses genoux...

Bonjour à tous!

je me présente vite fait quand même, je suis Linoa, et je suis étudiante en 2e année de Lettres Modernes.

Ce semestre nous avons un cours sur Madame Bovary, et j'ai été désignée pour un commentaire oral !

Pour ceux qui peuvent m'aider, l'extrait se trouve dans la deuxième partie du roman, chapitre VIII ("Il se tenait les bras croisés sur ses genoux […] la voix du Conseiller qui psalmodiait ses phrases").

Il se tenait les bras croisés sur ses genoux, et, ainsi levant la figure vers Emma, il la regardait de près, fixement. Elle distinguait dans ses yeux des petits rayons d’or s’irradiant tout autour de ses pupilles noires, et même elle sentait le parfum de la pommade qui lustrait sa chevelure. Alors une mollesse la saisit, elle se rappela ce vicomte qui l’avait fait valser à la Vaubyessard, et dont la barbe exhalait, comme ces cheveux-là, cette odeur de vanille et de citron ; et, machinalement, elle entreferma les paupières pour la mieux respirer : Mais, dans ce geste qu’elle fit en se cambrant sur sa chaise, elle aperçut au loin, tout au fond de l’horizon, la vieille diligence l’Hirondelle, qui descendait lentement la côte des Leux, en traînant après soi un long panache de poussière. C’était dans cette voiture jaune que Léon, si souvent, était revenu vers elle ; et par cette route là-bas qu’il était parti pour toujours ! Elle crut le voir en face, à sa fenêtre ; puis tout se confondit, des nuages passèrent ; il lui sembla qu’elle tournait encore dans la valse, sous le feu des lustres, au bras du vicomte, et que Léon n’était pas loin, qui allait venir … et cependant elle sentait toujours la tête de Rodolphe à côté d’elle. La douceur de cette sensation pénétrait ainsi ses désirs d’autrefois, et comme des grains de sable sous un coup de vent, ils tourbillonnaient dans la bouffée subtile du parfum qui se répandait sur son âme. Elle ouvrit les narines à plusieurs reprises, fortement, pour aspirer la fraîcheur des lierres autour des chapiteaux. Elle retira ses gants, elle s’essuya les mains ; puis, avec son mouchoir, elle s’éventait la figure, tandis qu’à travers le battement de ses tempes elle entendait la rumeur de la foule et la voix du Conseiller qui psalmodiait ses phrases.

Je sais que je dois certainement traiter du personnage d'Emma, mais je me demande si je ne dois pas le lancer en problèmatique (comme: Comment apparait le personnage d'Emma dans ce passage? ou Quelles sont les caractéristiques du personnage d'Emma?) ou bien si je dois faire une partie sur elle! si ce n'est qu'une partie, que me conseillez vous comme autre(s) partie(s)?


D'avance merci beaucoup!

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Flaubert, Madame Bovary, II, 8 - Il se tenait les bras croisés sur ses genoux...

Il se tenait les bras croisés sur ses genoux, et, ainsi levant la figure vers Emma, il la regardait de près, fixement. Elle distinguait dans ses yeux des petits rayons d'or s'irradiant tout autour de ses pupilles noires, et même elle sentait le parfum de la pommade qui lustrait sa chevelure. Alors une mollesse la saisit, elle se rappela ce vicomte qui l'avait fait valser à la Vaubyessard, et dont la barbe exhalait, comme ces cheveux-là, cette odeur de vanille et de citron; et, machinalement, elle entreferma les paupières pour la mieux respirer: Mais, dans ce geste qu'elle fit en se cambrant sur sa chaise, elle aperçut au loin, tout au fond de l'horizon, la vieille diligence l'Hirondelle, qui descendait lentement la côte des Leux, en traînant après soi un long panache de poussière. C'était dans cette voiture jaune que Léon, si souvent, était revenu vers elle; et par cette route là-bas qu'il était parti pour toujours! Elle crut le voir en face, à sa fenêtre; puis tout se confondit, des nuages passèrent; il lui sembla qu'elle tournait encore dans la valse, sous le feu des lustres, au bras du vicomte, et que Léon n'était pas loin, qui allait venir ... et cependant elle sentait toujours la tête de Rodolphe à côté d'elle. La douceur de cette sensation pénétrait ainsi ses désirs d'autrefois, et comme des grains de sable sous un coup de vent, ils tourbillonnaient dans la bouffée subtile du parfum qui se répandait sur son âme. Elle ouvrit les narines à plusieurs reprises, fortement, pour aspirer la fraîcheur des lierres autour des chapiteaux. Elle retira ses gants, elle s'essuya les mains; puis, avec son mouchoir, elle s'éventait la figure, tandis qu'à travers le battement de ses tempes elle entendait la rumeur de la foule et la voix du Conseiller qui psalmodiait ses phrases.

J'ai collé le texte, c'est mieux ainsi...  Quelques idées vite fait...

- Analyser le vocabulaire AXIOLOGIQUE du passage. Les verbes de perception. Tout ce qui apparaît POSITIF.
- Les fonctions des REMINISCENCES (Léon, Vaubyessard)
- Le symbolisme de "l'hirondelle" (l'oiseau messager)
- L'importance du MOUVEMENT, ce qui est ici essentiel : la Bovary a besoin de mouvement, de bouger, de "tourbillonner" ; l'immobilité la fige, l'ennuie. Elle est toute entière dans l'inconstance. Relève donc tout ce qui participe du MOUVEMENT : syntaxe (mime l'élan de la valse), ponctuation, isotopie, etc.

Il est même possible d'élaborer ta problématique à partir de cette nécessité du mouvement qui caractérise clairement le personnage de Bovary.   

Voilà pour l'instant.

Flaubert, Madame Bovary, II, 8 - Il se tenait les bras croisés sur ses genoux...

Et resituer le passage dans le cours du roman. (les Comices agricoles)
Importance aussi des sensations olfactives (le sens qui réveille nos plus anciens souvenirs)

Flaubert, Madame Bovary, II, 8 - Il se tenait les bras croisés sur ses genoux...

bonjour, je dois étudier le passage suivant et ne trouve aucun plan. si vous pourriez m'en proposer quelques uns si vous avez quelques idées, je devrais pouvoir assurer par la suite. merci. voici le passage que je dois étudier:

La place jusqu’aux maisons était comble de monde. On voyait des gens accoudés à toutes les fenêtres, d’autres debout sur toutes les portes, et Justin, devant la devanture de la pharmacie, paraissait tout fixé dans la contemplation de ce qu’il regardait. Malgré le silence, la voix de M. Lieuvain se perdait dans l’air. Elle vous ar-rivait par lambeaux de phrases, qu’interrompait, çà et là le bruit des chaises dans la foule ; puis on entendait, tout à coup, partir derrière soi un long mugissement de bœuf, ou bien les bêlements des agneaux qui se répondaient au coin des rues. En effet, les vachers et les bergers avaient poussé leurs bêtes jusque-là, et elles beuglaient de temps à autre, tout en arrachant avec leur langue quelque bribe de feuillage qui leur pendait sur le museau.

Rodolphe s’était rapproché d’Emma, et il disait d’une voix basse, en parlant vite :

– Est-ce que cette conjuration du monde ne vous révolte pas ? Est-il un seul sentiment qu’il ne condamne ? Les instincts les plus nobles, les sympathies les plus pures sont persécutés, calomniés, et, s’il se rencontre enfin deux pauvres âmes, tout est organisé pour qu’elles ne puissent se joindre. Elles essayeront cependant, elles battront des ailes, elles s’appelleront. Oh ! n’importe, tôt ou tard, dans six mois, dix ans, elles se réuniront, s’aimeront, parce que la fatalité l’exige et qu’elles sont nées l’une pour l’autre.

Il se tenait les bras croisés sur ses genoux, et, ainsi levant la figure vers Emma, il la regardait de près, fixement. Elle distinguait dans ses yeux des petits rayons d’or s’irradiant tout autour de ses pupilles noires, et même elle sentait le parfum de la pommade qui lustrait sa chevelure. Alors une mollesse la saisit, elle se rappela ce vicomte qui l’avait fait valser à la Vaubyessard, et dont la barbe exhalait, comme ces cheveux-là, cette odeur de vanille et de citron ; et, machinalement, elle entreferma les paupières pour la mieux respirer : Mais, dans ce geste qu’elle fit en se cambrant sur sa chaise, elle aperçut au loin, tout au fond de l’horizon, la vieille diligence l’Hirondelle, qui descendait lentement la côte des Leux, en traînant après soi un long panache de poussière. C’était dans cette voiture jaune que Léon, si souvent, était revenu vers elle ; et par cette route là-bas qu’il était parti pour toujours ! Elle crut le voir en face, à sa fenêtre ; puis tout se confondit, des nuages passèrent ; il lui sembla qu’elle tournait encore dans la valse, sous le feu des lustres, au bras du vicomte, et que Léon n’était pas loin, qui allait venir … et cependant elle sentait toujours la tête de Rodolphe à côté d’elle. La douceur de cette sensation pénétrait ainsi ses désirs d’autrefois, et comme des grains de sable sous un coup de vent, ils tourbillonnaient dans la bouffée subtile du parfum qui se répandait sur son âme. Elle ouvrit les narines à plusieurs reprises, fortement, pour aspirer la fraîcheur des lierres autour des chapiteaux. Elle retira ses gants, elle s’essuya les mains ; puis, avec son mouchoir, elle s’éventait la figure, tandis qu’à travers le battement de ses tempes elle entendait la rumeur de la foule et la voix du Conseiller qui psalmodiait ses phrases.

Il disait :

« Continuez ! persévérez ! n’écoutez ni les suggestions de la routine, ni les conseils trop hâtifs d’un empirisme téméraire ! Ap-pliquez-vous surtout à l’amélioration du sol, aux bons engrais, au développement des races chevalines, bovines, ovines et porcines ! Que ces comices soient pour vous comme des arènes pacifiques où le vainqueur, en en sortant, tendra la main au vaincu et fraternisera avec lui, dans l’espoir d’un succès meilleur ! Et vous, vénérables serviteurs ! humbles domestiques, dont aucun gouvernement jusqu’à ce jour n’avait pris en considération les pénibles labeurs, venez recevoir la récompense de vos vertus silencieuses, et soyez convaincus que l’état, désormais, a les yeux fixés sur vous, qu’il vous encourage, qu’il vous protège, qu’il fera droit à vos justes ré-clamations et allégera, autant qu’il est en lui, le fardeau de vos pénibles sacrifices ! ».

Rappel des règles
Seuls les élèves ayant effectué un travail personnel préalable sur leur sujet peuvent obtenir une aide ponctuelle. Vous devez donc indiquer vos pistes de recherches personnelles.

Flaubert, Madame Bovary, II, 8 - Il se tenait les bras croisés sur ses genoux...

Bonjour,
Ici, Emma oscille entre vie/réalité/constat et imaginaire/souvenirs/mémoire ; le temps réel le "ici et maintenant" vaut-il plus que ce qu'il évoque, qui peut être quoiqu'il en soit magnifié par la distance et le temps !
Peut-on être seul (e) au milieu du tableau grouillant étranger et pluriel, y participer, ou bien être ici, tout en vivant ailleurs ? Hier et peut-être demain.
Le rêve vaut-il plus que la réalité et celle-ci n'incline-t-elle pas au rêve. Quel lien existe entre tous ces instants ? Embivalence constante entre le vivre/le faire et cet hier ou demain sublimés ?
Par quoi et comment vivent les romantiques  ?

Flaubert, Madame Bovary, II, 8 - Il se tenait les bras croisés sur ses genoux...

merci beaucoup, cela m'a permi de boucler mon travail