Laclos, Les Liaisons dangereuses, lettre 113

J'ai recu des questions de repere pour m'aider a bien comprendre le livre et je suis rendu a la lettre 113 (Merteuil a Valmont) et il y a une question qui m'a completement perdue. Voila : «En quoi consiste cette histoire de grand proces?» Dans le passage ci-dessous :

«Le prétexte de cette espèce de retraite, est de m'occuper sérieusement de mon grand procès, qui en effet se jugera enfin au commencement de l'hiver. J'en suis bien aise; car il est vraiment désagréable d'avoir ainsi toute sa fortune en l'air. Ce n'est pas que je sois inquiète de l'événement: d'abord j'ai raison, tous mes avocats me l'assurent. Et quand je ne l'aurais pas, je serais donc bien maladroite, si je ne savais pas gagner un procès, où je n'ai pour adversaires que des mineures encore en bas âge, et leur vieux tuteur! Comme il ne faut pourtant rien négliger dans une affaire si importante, j'aurai effectivement avec moi deux avocats. Ce voyage ne vous paraît-il pas gai? cependant s'il me fait gagner mon procès et perdre Belleroche, je ne regretterai pas mon temps.»

Je ne comprend pas si cela a quelque chose a avoir avec l'affaire de Prevan ou bien c'est une sorte de metaphore pour dire qu'elle veut se debarasser de Belleroche? Ou alors si c'est relie au mariage de Cecile puisqu'elle mentionne l'hivers et les mineurs et que dans la lettre 111 le Comte de Gercourt ecrit a Mme de Volanges pour lui dire qu'il veut attendre l'hivers pour marier Cecile? Suis-je meme dans la bonne voie ou completement dans le champ?

Merci de l'aide.

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Laclos, Les Liaisons dangereuses, lettre 113

Bonsoir Katie,

Je ne peux relire le roman pour répondre à ta question en examinant si ce procès a été évoqué auparavant.
Il est sûr que ce procès n'est pas lié à l'affaire Prévan et qu'il n'est pas métaphorique.
Il est probable que ce procès souligne la futilité de cette noblesse oisive qui, de toutes façons, a besoin de ressources pour mener son train de vie dispendieux. Il montre aussi l'aspect procédurier comme la détermination et le désir de liberté de la marquise. En outre la suite du roman va montrer à quelles extrémités elle est prête pour ne pas perdre.

Ce grand procès qui occupe la fin du roman va être perdu par Merteuil et emporter toute sa fortune. La marquise paraît ainsi "punie" de la noirceur de son âme d'autant plus qu'elle va aussi être défigurée par la petite vérole.