31 (Modifié par Aude74 10/08/2018 à 13:41)

Baudelaire, La Beauté

Selon moi, ce poème recèle une énigme. J'ai l'intime conviction qu'il relate un culte voué à Isis, dans le cadre des sociétés secrètes, occultes et ésotériques, très en vogue à Paris au XIXeme. Allusion à l'Égypte : Pierre, sphinx, fiers monuments, les miroirs utilisés dans les pyramides afin d'en éclairer le centre. Allusions à Isis : une attitude en danse classique désigne une posture en forme de double croissants jambes et bras (même forme que les ailes de Isis), Cygne = oiseau t'elle qu'est représentée Isis. Voir avec un égyptologue si Isis est associée à la lune : Isis est représentée la tête surplombée d'un soleil. "Je hais le mouvement qui déplace les lignes"> je hais la rotation du soleil qui change l'ordre des ombres projetées sur le sable. "Les poètes consumeront leurs jours en d'austères études" car étant lune je n'apparaîs évidemment que la nuit. "Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris", un astre n'a pas d'émotion. La blancheur de cygne / jeu de mots avec signe linguistique : la lune est blanche se découpant sur fond noir (nuit) à l'inverse du soleil, lumière blanche projetant des ombres noires sur le sable du désert  (voir que les premières représentations humaines étaient le théâtre des ombres). À Approfondir !
Voir également l'inscription de Edgar Poe

O Thou timid one, do not let thy
Form slumber within these
Unhallowed walls,
For herein lies
The ghost of an awful crime.

sur la fenêtre de sa chambre à UVA (la fenêtre est le symbole de la transparence, terme des plus contradictoires dans son sens qui désigne à la fois ce qui laisse tout voir  : "soyez transparents, dévoilez toutes les i formations !" Et ce qui est invisible : "J'ai eu beau faire, personne ne m'a accordé d'attention, j'étais comme transparent".)
Voir également l'étude de Michel Serre sur le secret de Thales et les pyramides d'Egypte, dans les 'Origines de la géométrie '.

Baudelaire, La Beauté

Pas d'accord. Ce poème ne peut être appréhendé sans son antithèse "Hymne à la beauté" : d'un côté le hiératisme, la fixité, la pose du sphinx (la voilà, l'Égypte) et le culte de l'idole lointaine, de l'autre, l'incertain, le mouvant, le chaotique, l'ici-bas et l'ailleurs (on y sent poindre Breton à la fin de Nadja). L'Égypte, si vous voulez, pourquoi pas ? Mais ni l'ésotérisme ni l'occultisme : le symbole.


Que tu viennes du ciel ou de l'enfer, qu'importe,
Ô beauté ! monstre énorme, effrayant, ingénu !
Si ton œil, ton souris, ton pied, m'ouvrent la porte
D'un infini que j'aime et n'ai jamais connu ?

33

Baudelaire, La Beauté

Bonjour,
J'ai une question : A qui est adressé ce poème ?

Merci

Baudelaire, La Beauté

Bonjour.

Dans ce poème, c'est la Beauté (immuable, éternelle, immortelle) qui est censée s'adresser aux humains ( mortels) :

Je suis belle, ô mortels, comme un rêve de pierre...

35 (Modifié par hibou975 11/05/2019 à 14:15)

Baudelaire, La Beauté

Merci

Mais, est-il adressé à une femme?

Baudelaire, La Beauté

Tu veux dire "dédié" ?
Ce n'est pas tout à fait comme "adressé"...
Mais je ne pense pas que ce poème soit dédié à une femme particulière.

37

Baudelaire, La Beauté

Merci,

On dirait que dans le texte, il y est des références à un monument, est-ce que vous savez lequel ?
Je pose beaucoup de question parce que j'ai un commentaire de texte pour bientôt et je suis tombé sur ce poème, je n'arrive pas à faire un plan.

  Merci beaucoup  

Baudelaire, La Beauté

Que j’ai l’air d’emprunter aux plus fiers monuments,
Pas vraiment de référence à un monument particulier, même si le Sphinx est évoqué auparavant dans un autre vers.
La Beauté, comme de nombreux monuments de pierre,  est éternelle, immobile, solennelle...

39

Baudelaire, La Beauté

merci

40

Baudelaire, La Beauté

Comme une statue antique qui parle. Comme l'énigme du sphinx.

Tu cherches la muse qui aurait inspiré ce poème, tu cherches un monument en filigrane ...
L'essentiel, me semble-t-il, est ailleurs.
La beauté qui s'exprime ici  et s'adresse aux mortels, est sculpturale, inaccessible, distante, mystérieuse, impassible et fascinante. Elle "trône dans l'azur". Elle incarne l'idéal poétique qui va bien au delà de la poésie du Parnasse ou des romantiques.
Le poète souffre dans sa recherche du beau. L'admiration est pour lui une contemplation silencieuse , il ne peut se détacher de la recherche du mystère.