Rabelais, Pantagruel, chapitre 32

Coucou tout le monde  !  J'ai une lecture analytique à faire + 2-3 axes de commentaire composé à trouver pour demain dans ce passage de Pantagruel (1532).
J'ai déjà quelques élements mais j'aurais besoin de votre aide, de vos avis et propositions :

Mais, ô dieux et déesses, que vis-je là ? Que Jupiter m'abatte de sa triple foudre si
je mens. J’y cheminais comme l’on fait à Sainte-Sophie à Constantinople, et j’y vis des
rochers grands comme les monts des Danois (je crois que c’étaient ses dents) et de
grands prés, d'imposantes et de grosses villes, non moins grandes que Lyon ou Poitiers.
Le premier idividu que j’y recontrai, ce fut un bonhomme qui plantait des
choux. Aussi, tout ébahi, je lui demandai :
« Mon ami, que fais-tu ici ?
- Je plante des choux, dit-il.
- Et pourquoi et comment ? dis-je.
- Ah ! monsieur, dit-il, tout le monde ne peut pas avoir un poil dans la main, et
nous ne pouvons être tous riches. Je gagne ainsi ma vie, et je vais les vendre au marché
dans la cité qui est derrière.
- Jésus ! dis-je, il y a ici un nouveau monde ?
- Certes, dit-il, il n’est pas nouveau ; mais l’on dit bien que, hors d’ici, il y a une
nouvelle terre où ils ont et soleil et lune, et tout plein de belles affaires, mais celui-ci
est plus ancien.
- Oui, mais, dis-je, mon ami, quel est le nom de cette ville où tu vas vendre tes
choux ?
- On le nomme Aspharage, dit-il, les habitants sont Chrétiens, ce sont des gens de
bien, ils vous feront bon acceuil.
Bref je décidai d’y aller.
Or, sur mon chemin, je rencontrai un compagnon qui tendait des filets aux
pigeons et je lui demandai. « Mon ami, d’où vous viennent ces pigeons ici ?
- Sir, dit-il, ils viennent de l’autre monde. » Je pensai alors que, quand Pantagruel
bâillait, les pigeons entraient à toutes volées dans sa gorge, croyant que c’était un colom-
bier. Puis j’entrai dans la ville, que je trouvai belle, imposante et d'un bel aspect, mais
à l’entrée les portiers me demandèrent mon laisser-passer, ce dont je fus fort ébahi, et
je leur demandai "Messieurs y a-t-il ici danger de peste ?
- Ô seigneur, dirent-ils, on meurt tant, près d'ici, que le corbillar va et vient par
les rues.
- Vrai Dieu, dis-je, et où ?" Ils me répondirent alors que c’était à Laryngues et
Pharyngues, deux villes aussi grosses que Rouen et Nantes, des riches villes très com-
merçante, que l'origine de la peste était une puante et infecte exhalaison sortie depuis
peu des abîmes, et que plus de deux millions deux cent soixante mille seize personnes
en étaient mortes depuis huit jours. Alors je réfléchis et calculai, et découvris que c’était
une puante haleine qui était venue de l’estomac de Pantagruel, quand il mangea tant
d’aillade, comme nous l'avons dit plus haut.
Partant de là, je passai entre les rochers, qui étaient ses dents, et fis tant et si bien
que je montai sur l'une d'elles; là je trouvai les plus beaux lieux du monde, de beaux et
grands jeux de paume, belles galeries, belles prairies, force vignes, et une infinité
de villes à l'italienne dans les champs pleins de délices, et là je demeurai bien quatre
mois, et je ne menai jamais meilleure vie qu'alors.

Chapitre 22, édition établie par M. Lazard, "Nouveaux classiques illustrés", Hachette, 1977.

Merci d'avance et bonne journée !

Rappel des règles
Seuls les élèves ayant effectué un travail personnel préalable sur leur sujet peuvent obtenir une aide ponctuelle. Vous devez donc indiquer vos pistes de recherches personnelles.

Rabelais, Pantagruel, chapitre 32

Nous avons besoin de voir ce que tu as été capable de faire tout seul !

Rabelais, Pantagruel, chapitre 32

Sachant que pas mal de personnes de mon lycée connaissent ce site, si je met mes réponses, je risque de me faire copier dessus.. Tant pis ! Merci quand même ! 

Rabelais, Pantagruel, chapitre 32

Et alors, tu ne travailles pas pour toi ? S'ils te copient, c'est à leur conscience de voir ...

Rabelais, Pantagruel, chapitre 32

Bon, j'ai fais mon travail (heureusement que je n'ai pas posté mes réponses car certaines personnes de ma classe ont vu ce mesage..) et j'aimerais juste savoir s'il y a un matériel sonore (récurrence des sons) et/ou un rythme (nombre de syllabes, enjambements, césure...) dans ce texte ?

Merci d'avance !

Rabelais, Pantagruel, chapitre 32

Bonjour,

J'ai dégagé la problématique du 1er axe :

La fantaisie n'est qu'apparente.Rabelais veut faire découvrir au lecteur une nouvelle réalité.
Ce qui est fantaisie n'est qu'une nouvelle réalité ,
la fantaisie apparente se met au service du nouveau monde.
Tous se qui est vrai du monde géographique(de infiniment grand)sera vrai aussi (dans l'infiniment petit)
la porté scientifique à une perspéctive mystique

Mais ensuite je ne comprend pas pourquoi rabelais parle de "vrai dieu"?

Mais, ô dieux et déesses, que vis-je là ? Que Jupiter m'abatte de sa triple foudre si
je mens. J’y cheminais comme l’on fait à Sainte-Sophie à Constantinople, et j’y vis des
rochers grands comme les monts des Danois (je crois que c’étaient ses dents) et de
grands prés, d'imposantes et de grosses villes, non moins grandes que Lyon ou Poitiers.
Le premier idividu que j’y recontrai, ce fut un bonhomme qui plantait des
choux. Aussi, tout ébahi, je lui demandai :
« Mon ami, que fais-tu ici ?
- Je plante des choux, dit-il.
- Et pourquoi et comment ? dis-je.
- Ah ! monsieur, dit-il, tout le monde ne peut pas avoir un poil dans la main, et
nous ne pouvons être tous riches. Je gagne ainsi ma vie, et je vais les vendre au marché
dans la cité qui est derrière.
- Jésus ! dis-je, il y a ici un nouveau monde ?
- Certes, dit-il, il n’est pas nouveau ; mais l’on dit bien que, hors d’ici, il y a une
nouvelle terre où ils ont et soleil et lune, et tout plein de belles affaires, mais celui-ci
est plus ancien.
- Oui, mais, dis-je, mon ami, quel est le nom de cette ville où tu vas vendre tes
choux ?
- On le nomme Aspharage, dit-il, les habitants sont Chrétiens, ce sont des gens de
bien, ils vous feront bon acceuil.
Bref je décidai d’y aller.
Or, sur mon chemin, je rencontrai un compagnon qui tendait des filets aux
pigeons et je lui demandai. « Mon ami, d’où vous viennent ces pigeons ici ?
- Sir, dit-il, ils viennent de l’autre monde. » Je pensai alors que, quand Pantagruel
bâillait, les pigeons entraient à toutes volées dans sa gorge, croyant que c’était un colom-
bier. Puis j’entrai dans la ville, que je trouvai belle, imposante et d'un bel aspect, mais
à l’entrée les portiers me demandèrent mon laisser-passer, ce dont je fus fort ébahi, et
je leur demandai "Messieurs y a-t-il ici danger de peste ?
- Ô seigneur, dirent-ils, on meurt tant, près d'ici, que le corbillar va et vient par
les rues.
=====>>>- Vrai Dieu, dis-je, et où ?" Ils me répondirent alors que c’était à Laryngues et
Pharyngues, deux villes aussi grosses que Rouen et Nantes, des riches villes très com-
merçante, que l'origine de la peste était une puante et infecte exhalaison sortie depuis
peu des abîmes, et que plus de deux millions deux cent soixante mille seize personnes
en étaient mortes depuis huit jours. Alors je réfléchis et calculai, et découvris que c’était
une puante haleine qui était venue de l’estomac de Pantagruel, quand il mangea tant
d’aillade, comme nous l'avons dit plus haut.
Partant de là, je passai entre les rochers, qui étaient ses dents, et fis tant et si bien
que je montai sur l'une d'elles; là je trouvai les plus beaux lieux du monde, de beaux et
grands jeux de paume, belles galeries, belles prairies, force vignes, et une infinité
de villes à l'italienne dans les champs pleins de délices, et là je demeurai bien quatre
mois, et je ne menai jamais meilleure vie qu'alors.

Rabelais, Pantagruel, chapitre 32

Je pense qu'il faut comprendre "Vrai Dieu, dis-je et où?" comme "Où est la vérité ?" Autrement dit "Qu'est-ce qui est le vrai sous cette déclaration ?" Autrement dit, il n'est pas dupe de l'explication commune, mais - et c'est le deuxième axe - il en invente une autre qui n'est pas plus vraie que la première, mais qui suffit à la narguer, ce qui conduit à un troisième axe: que faire de cette contradiction?

Rabelais, Pantagruel, chapitre 32

C'est vraiment urgent! SVP

Rabelais, Pantagruel, chapitre 32

Pourquoi le texte présente une triple lecture: lecture vulgarisé, religieuse et humaniste ?