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Balzac, Sarrasine - Minuit venait de sonner à l'horloge...

J'ai un commentaire littéraire sur ce texte à faire: (Sarrasine, de Balzac)

Minuit venait de sonner à l’horloge de l’Elysée-Bourbon. Assis dans l’embrasure d’une fenêtre, et caché sous les plis onduleux d’un rideau de moire, je pouvais contempler à mon aise le jardin de l’hôtel où je passais la soirée. Les arbres, imparfaitement couverts de neige, se détachaient faiblement du fond grisâtre que formait un ciel nuageux, à peine blanchi par la lune. Vus au sein de cette atmosphère fantastique, ils ressemblaient vaguement à des spectres mal enveloppés de leurs linceuls, image gigantesque de la fameuse danse des morts. Puis, en me retournant de l’autre côté, je pouvais admirer la danse des vivants ! un salon splendide, aux parois d’argent et d’or, aux lustres étincelants, brillant de bougies. Là, fourmillaient, s’agitaient et papillonnaient les plus jolies femmes de Paris, les plus riches, les mieux titrées, éclatantes, pompeuses, éblouissantes de diamants ! des fleurs sur la tête, sur le sein ; dans les cheveux, semées sur les robes ou en guirlandes à leurs pieds. C’était de légers frémissants de joie, des pas voluptueux qui faisaient rouler les dentelles, les blondes, la mousseline autour de leurs flancs délicats. Quelques regards trop vifs perçaient çà et là, éclipsaient les lumières, le feu des diamants, et animaient encore des cœurs trop ardents. On surprenait aussi des airs de tête significatifs pour les amants, et des attitudes négatives pour les maris. Les éclats de voix des joueurs, à chaque coup imprévu, le retentissement de l’or se mêlaient à la musique, au murmure des conversations ; pour achever d’étourdir cette foule enivrée pas tout ce que le monde peut offrir de séductions, une vapeur de parfums et l’ivresse générale agissaient sur les imaginations affolées. Ainsi, à ma droite, la sombre et silencieuse image de la mort ; à ma gauche, les décentes bacchanales de la vie : ici, la nature froide, morne, en deuil ; là, les hommes en joie.

J'ai une idée de plan mais j'aimerais avoir des conseils:

I-Opposition entre fête et jardin
a) Narrateur facalisation interne
b) Description des jardins
c) Cadre de la fête

II- Jeu de séduction
a) Description très detaillée des femmes
b) La danse séductrice des femmes
c) L'histoire entre les maris et les amants

Merci de me conseiller !!!

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Balzac, Sarrasine - Minuit venait de sonner à l'horloge...

Bonjour .
Ton plan est bien mais il faut que tu te demandes si il y aura assez dans les parties, qui doivent être de longueur à peu près égale. Je pensais que tu pourrais parler de la manière de raconter du narrateur, la femme mise en valeur par la nature (ce qui est bon à dire, je pense, vu qu'il parle aussi des jardins). Il y aurait un mélange de deux mondes, celui des "vivants" et des "morts" (qui comprend donc la nature). Il y a un paradoxe à mettre en avant.

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Balzac, Sarrasine - Minuit venait de sonner à l'horloge...

Merci beaucoup ! Cele me permettra de "garnir" mes paragraphes !!

L'opposition entre le monde des vivants et le monde des morts est donc un centre d'intérêt important du texte ?! et la séduction aussi ?

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Balzac, Sarrasine - Minuit venait de sonner à l'horloge...

Je ne dirais pas que le commentaire doit tourner autour du monde des morts et de celui des vivants, mais ça peut faire un argument important .

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Balzac, Sarrasine - Minuit venait de sonner à l'horloge...

Merci beaucoup, vos conseils m'ont permi d'avancer dans la construction de mon commentaire de ce texte Je bloque !

En I- Opposition entre le monde des vivants et le monde des morts
a) Narrateur= place importante
b)Description des jardins
c) Description de la fete

II-Importance de la femme
a) Relation femme - nature

Et après, je n'arrive plus à savoir quoi mettre ! J'aimerais mettre le jeu de seduction des femmes mais il me manque un paragraphe !

Merci d'avance pour votre aide

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Balzac, Sarrasine - Minuit venait de sonner à l'horloge...

Bonjour
Je dois faire le commentaire de ce texte là aussi, sauf que moi il s'arrête plus loin.
Voilà la suite :

"Moi, sur la frontière de ces deux tableaux si disparates, qui, mille fois répétés de diverses manières, rendent Paris la ville la plus amusante du monde et la plus philosophique, je faisais une macédoine morale, moitié plaisante, moitié funèbre. Du pied gauche je marquais la mesure, et je croyais avoir l'autre dans un cercueil. Ma jambe était en effet glacée par un de ces vents coulis qui vous gèlent une moitié du corps tandis que l'autre éprouve la chaleur moite des salos, accident assez fréquent au bal.
"Il n'y a pas fort longtemps que M. de Lanty possède cet hôtel?
- Si fait. Voici bientôt dix ans que le maréchal de Carigliano le lui a vendu...
-Ah !
- Ces gens là doivent avoir une fortune immense?
- Quelle fête! Elle est d'un luxe insolent.
- Les croyez vous aussi riches que le sont M. de Nucingen ou M. de Gondreville?
- Mais vous ne savez donc pas?"
J'avançai la tête et reconnus les deux interlocuteurs pour appartenir à cette gent curieuse qui, à Paris, s'occupe exclusivement des Pourquoi? des Comment? D'ou vient il? Qui sont ils? Qu'y a t-il? Qu'a t-elle fait? Ils se mirent à parler bas, et s'éloignèrent pour aller causer plus à l'aise sur quelque canapé solitaire. Jamais mine plus féconde ne s'était ouverte aux chercheurs de mystères? Personne ne savait de quel pays venait la famille Lanty, ni de quel commerce, de quelle spoliation, de quelle piraterie ou de quel héritage provenait une fortune estimée à plusieurs millions. Tous les membres de cette famille parlaient l'italien, le français, l'espagnol, l'anglais et l'allemand, avec assez de perfection pour faire supposer qu'ils avaient du longtemps séjourner parmi ces différents peuples. Etaient-ce des bohémiens? étaient-ce des flibustiers?
"Quand ce serait le diable! disaient de jeunes politiques, ils reçoivent à merveille!"

Voilà l'extrait que je dois étudier !
J'ai fait un plan, je ne sais pas s'il est bon, pouvez vous m'orienter, et me dire ce qui ne va pas...?

I. Un récit d'exposition singulier
1. Ancrage réaliste
2. Effets de mystère, de suspens
3. Construction d'une énigme
II. Un opéra
1. Une nouvelle musicale
2. Effets de théâtralité: excès
3. Description très détaillée, comme un portrait
III. Une philosophie (le titre ne correspond pas vraiment, je n'en trouve pas d'adéquat)
1. Un monde divisé, fantastique, le narrateur entre les deux
2. Réflexion sur les valeurs de la société
3. Réflexion sur l'artiste et son art

J'ai peur que, dans la première partie, la deuxième (effets de mystère) et la troisième (construction d'un énigme) sous parties se répètent. Devrais je les regrouper?
Est ce que je ne devrais pas insister dans la troisième partie sur l'élément déclencheur de l'intrigue "Mais vous ne savez donc pas?"
De ce fait, ne serait il pas plus intéressant de basculer vers ce plan :
On garde la première et la deuxième partie 'Récit d'exposition singulier' et 'Un opéra' mais en changeant la troisième partie de cette façon:
III. Un récit d'initiation
1. Un monde divisé, vers le fantastique
2. Déclenchement de l'intrigue (à travers la phrase "mais vous ne savez donc pas?" et le dialogue entre les deux personnes, montrer en quoi cela amorce l'intrigue à venir)
3. Réflexion sur l'artiste et son art (artiste bohème, romantique, qui vit en marge de la société, vit la nuit, aspire à autre chose, il n'appartient pas à cette "gent curieuse"; artiste qui est entre la vie et la mort "une jambe dans le cercueil, une jambe qui marque la mesure"; la rivalité entre les arts: la description faite comme le portrait permet à la plume de rivaliser avec le pinceau; la musique)

Voilà. j'aimerais que vous me guidiez, je ne suis pas vraiment sûre de moi. Merci de votre aide.