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Aristote, Éthique à Nicomaque - Le bonheur ne consiste pas dans l'amusement...

Bonjour à tous,

Je viens chercher de l'aide sur le forum, car je rencontre quelques difficultés quant à l'approche philosophique d'un texte d'Aristote. Mon professeur a fait exprès de retirer le titre de l'oeuvre dont est extrait le texte, mais je pense qu'il s'agit de l'Ethique à Nicomaque.

Voici le texte :

" Le bonheur ne consiste pas dans l'amusement; il serait absurde que l'amusement fût le but de la vie; il serait absurde de travailler durant toute sa vie et de souffrir rien qu'en vue de s'amuser. On peut dire, en effet, de toutes les choses du monde, qu'on ne les désire jamais que pour une autre chose, excepté toutefois le bonheur; car c'est lui qui est le but. Mais s'appliquer et se donner de la peine, encore une fois, uniquement pour arriver à s'amuser, cela paraît aussi par top insensé et par trop puéril. Selon Anacharsis, il faut s'amuser pour s'appliquer ensuite sérieusement, et il a entièrement raison. L'amusement est une sorte de repos; et comme on ne saurait travailler sans relâche, le repos est un besoin. Mais le repos n'est certes pas le but de la vie; car il n'a jamais lieu qu'en vue de l'acte qu'on veut accomplir plus tard. La vie heureuse est la vie conforme à la vertu; et cette vie est sérieuse et appliquée; elle ne se compose pas de vains amusements. Les choses sérieuses paraissent en général fort au-dessus des plaisanteries et des badinages; et l'acte de la partie la meilleure de nous, ou de l'homme le meilleur, passe toujours aussi par l'acte le plus sérieux. Or, l'acte du meilleur vaut mieux aussi par cela même; et il donne plus de bonheur." Aristote

Il m'est demandé de faire une explication complète et rédigée du texte ci-dessus.

J'ai donc commencé par dégager le thème et la thèse du texte, mais je ne suis absolument pas sûr de ce que j'ai écrit : "Le thème du texte est celui du bonheur. Aristote admet que le but de la vie pratique, c'est à dire le bien suprême, est la conquête du bonheur. S'il s'avère en effet que la recherche du bonheur est inhérente à tout homme, reste à savoir en quoi consiste ce dernier ? Le bonheur trouve-t-il nécessairement sa source dans les plaisirs et l'amusement ?"

Quant à la thèse qu'il défend, j'ai dit qu'il affirmait que le bonheur ne résidait pas dans l'amusement, entendons ici les plaisirs les plus sommaires, mais que le bonheur devait être élaboré à travers une conception du plaisir, guidée par la raison et la vertu. Suis-je vraiment dans le sujet ?

Après j'ai essayé de découper le texte en 3 parties distinctes afin de pouvoir bâtir une explication détaillée, mais là je me heurte à une difficulté : j'ai l'impression que tout s'embrouille dans ma tête. Le texte parle de bonheur, mais parle-t-il aussi du travail ?

Je suis un peu perdu. Si quelqu'un pouvait m'aider à éclaircir un peu le sens de ce texte, je vous en serai entièrement reconnaissant.

Je vous remercie d'avance.

Orangeraie.

Aristote, Éthique à Nicomaque - Le bonheur ne consiste pas dans l'amusement...

Bonjour Orangeraie,

Sa définition du bonheur est ici :

La vie heureuse est la vie conforme à la vertu; et cette vie est sérieuse et appliquée; elle ne se compose pas de vains amusements.

Voici une définition du mot vertu.

Muriel

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Aristote, Éthique à Nicomaque - Le bonheur ne consiste pas dans l'amusement...

Bonjour Muriel,

Je vous remercie pour votre précieuse aide.

Si j'ai bien compris, avec cette définition du bonheur passant par la vertu, on retombe sur une question tout aussi philosophique, à savoir : "la vertu est-elle une condition indispensable du bonheur ?" qui est au centre de ce texte.