Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, III, 6

Bonjour

J'étudie un passage du livre III des Mémoires, et j'aurai voulu quelques précisions, davantage d'ordre historiques que méthodologiques, afin de m'aider à bâtir une explication de texte.

Voici plus particulièrement le paragraphe qui m'interpelle:

Son sang breton le rendait par ailleurs frondeur en politique, grand opposant des taxes et violent ennemi de la cour. Il lisait la Gazette de Leyde, le Journal de Francfort, le Mercure de France et l'Histoire philosophique des deux Indes, dont les déclamations le charmaient; il appelait l'abbé Reynal un maître homme. En diplomatie, il était anti-musulman; il affirmait que quarante-mille polissons russes passeraient sur le ventre des janissaires et prendraient Constantinople. Bien que turcophage, mon père avait nonobstant rancune au coeur contre lespolissons russes, à cause de ses rencontres à Dantzick.

Je sens qu'un des aspects du texte m'échappe:

Je crois comprendre que le père de Chateaubriand, fort attaché à une sorte de code d'honneur, tenait en horreur la cour. Mais j'ai des difficultés à mieux cerner ses opinions politiques. S'il avait vécu assez longtemps pour la voir, aurait-il accepté -comme son fils- les changements apportés par la Révolution?

J'étais persuadé que le père de Chateaubriand était monarchiste jusqu'au bout des ongles, mais j'ai du mal à comprendre pourquoi il admirait l'abbé Reynal puisque celui-ci était co-auteur d'un pamphlet antireligieux et antimonarchiste. Dois-je le comprendre comme un paradoxe lié au caractère du bonhomme?

Si quelqu'un pouvait m'éclairer, je lui en serait très reconnaissante

Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, III, 6

Le père de Chateaubriand n'était pas un homme politique. Il était un négociant qui avait réussi, donc très occupé de ses affaires. Il était naturel qu'il voie la politique sous cet angle.