Hugo, Les Contemplations, À quoi songeaient les deux cavaliers dans la forêt

Bonjour à tous,
Je suis en première année de licence de lettres modernes, et il m'est donné d'étudier le poème de Victor Hugo ci-dessous. Je le travaille assidûment, mais il y a une question, relativement con, que je me pose et dont je n'arrive pas à répondre... C'est qui Hermann ? 


                         

XII

La nuit était fort noire et la forêt très-sombre.
Hermann à mes côtés me paraissait une ombre.
Nos chevaux galopaient. A la garde de Dieu!
Les nuages du ciel ressemblaient à des marbres.
Les étoiles volaient dans les branches des arbres
Comme un essaim d'oiseaux de feu.

Je suis plein de regrets. Brisé par la souffrance,
L'esprit profond d'Hermann est vide d'espérance.
Je suis plein de regrets. O mes amours, dormez!
Or, tout en traversant ces solitudes vertes,
Hermann me dit : -Je songe aux tombes entr'ouvertes;-
Et je lui dis : -Je pense aux tombeaux refermés.-

Lui regarde en avant : je regarde en arrière,
Nos chevaux galopaient à travers la clairière;
Le vent nous apportait de lointains angelus;
dit : -Je songe à ceux que l'existence afflige,
-A ceux qui sont, à ceux qui vivent. -- Moi,- lui dis-je,
-Je pense à ceux qui ne sont plus!-

Les fontaines chantaient. Que disaient les fontaines?
Les chênes murmuraient. Que murmuraient les chênes?
Les buissons chuchotaient comme d'anciens amis.
Hermann me dit : -Jamais les vivants ne sommeillent.
-En ce moment, des yeux pleurent, d'autres yeux veillent.-
Et je lui dis : -Hélas! d'autres sont endormis!-

Hermann reprit alors : -Le malheur, c'est la vie.
-Les morts ne souffrent plus. Ils sont heureux! j'envie
-Leur fosse où l'herbe pousse, où s'effeuillent les bois.
-Car la nuit les caresse avec ses douces flammes;
-Car le ciel rayonnant calme toutes les âmes
-Dans tous les tombeaux à la fois!-

Et je lui dis : -Tais-toi! respect au noir mystère!
-Les morts gisent couchés sous nos pieds dans la terre.
-Les morts, ce sont les cœurs qui t'aimaient autrefois
-C'est ton ange expiré! c'est ton père et ta mère!
-Ne les attristons point par l'ironie amère.
-Comme à travers un rêve ils entendent nos voix.-

Hugo, Les Contemplations, À quoi songeaient les deux cavaliers dans la forêt

Hermann est l'autre cavalier!
En allemand Herr=Monsieur ou Moçnseigneur, Mann = homme.
Octobre 1853: Hugo en exil (pendant presque 20 ans?). Dixième anniversaire de la mort, noyée, de Léopoldine.
Sombres pensées.

Connais-tu Erlkönig de Goethe?

Hugo, Les Contemplations, À quoi songeaient les deux cavaliers dans la forêt

Oui, je comprenais bien que c'était l'autre cavalier, mais je pensais qu'il y avait une raison plus "historique" à ce nom, dans la vie d'Hugo, dans une légende etc. Non, je ne connais pas Erlkönig de Goethe.

Hugo, Les Contemplations, À quoi songeaient les deux cavaliers dans la forêt

Bonsoir Leilina,

Fais des recherches sur le Net. Il est très probable que tu t'apercevras qu'il n'y a personne à côté du cavalier. Il est seul et se parle à lui-même. Il parle à son double, ou  une sorte d'avocat du diable ; mais en tout cas, il est visiblement seul.

Muriel

Hugo, Les Contemplations, À quoi songeaient les deux cavaliers dans la forêt

Merci beaucoup Muriel pour ta réponse !

Hugo, Les Contemplations, À quoi songeaient les deux cavaliers dans la forêt

Goethe.
1782.