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Le thème du mal dans Les Fleurs du Mal de Baudelaire

Bonjour,
je suis actuellement en train de préparer un exposé sur les Fleurs du mal de Charles Baudelaire, et plus particulièrement sur le thème du mal dans le recueil, mais ce sujet est vaste et je ne sais pas comment commencer mon plan.
Pouvez vous m'aider et me donner quelques pistes afin de pouvoir commencer?
merci d'avance
Lou

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Le thème du mal dans Les Fleurs du Mal de Baudelaire

Commence donc à expliquer à quoi renvoie cette notion de "mal". Est-ce exclusivement le mal entrevu par la petite fenêtre manichéiste, je veux dire : dans la stricte opposition bien/mal.

En quoi y a-t-il oxymore dans le titre : Les Fleurs du mal ? En quoi cela peut t'aider dans ton exposé ?

Le mal, est-ce exclusivement le laid ? le morbide ? le vulgaire ?...

As-tu déjà des idées ? Des poèmes en tête ? Dis-nous ce que tu penses de ton sujet pour l'instant. Nous t'aiderons.

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Le thème du mal dans Les Fleurs du Mal de Baudelaire

coucou, j'ai un commentaire d'un texte de Baudelaire (dans "Les Fleurs du Mal") si cela peut t'aider.

Texte de Baudelaire

Sujet
Vous commenterez le poème de Baudelaire : «  La servante au grand cœur... ».

Texte d'étude

La servante au grand cœur dont vous étiez jalouse
Et qui dort son sommeil sous une humble pelouse,
Nous devrions pourtant lui porter quelques fleurs.
Les morts, les pauvres morts, ont de grandes douleurs,
Et quand Octobre souffle, émondeur des vieux arbres,
Son vent mélancolique à l'entour de leurs marbres,
Certes, ils doivent trouver les vivants bien ingrats,
De dormir, comme ils le font, chaudement dans leurs draps,
Tandis que, dévorés de noires songeries,
Sans compagnon de lit, sans bonnes causeries,
Vieux squelettes rongés travaillés par le ver,
Ils sentent s'égoutter les neiges de l'hiver
Et le siècle couler, sans qu'amis ni famille
Remplacent les lambeaux qui pendent à leur grille.

Lorsque la bûche siffle et chante, si le soir,
Calme, dans le fauteuil je la voyais s'asseoir,
Si, par une nuit bleue et froide de décembre,
Je la trouvais tapie en un coin de ma chambre,
Grave, et venant du fond de son lit éternel
Couver l'enfant grandi de son œil maternel,
Que pourrai-je répondre à cette âme pieuse,
Voyant tomber des pleurs de sa paupière creuse ?


Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, Spleen et idéal, LXIX, 1857.

Texte de Baudelaire

Pistes méthodologiques
Analyser le sujet
Il est demandé de faire un commentaire du poème de Baudelaire « La servante au grand cœur... ». On rappellera qu'un commentaire de texte littéraire doit s'efforcer de montrer comment l'écriture est à l'origine des effets produits par la lecture. Commenter un texte consiste toujours à proposer une interprétation qui se fonde sur le repérage précis d'éléments du texte que l'on cite dans le devoir. Par ailleurs, le développement ne doit pas être juxtalinéaire mais doit s'élaborer à partir d'axes de lecture.

Dégager les axes de lecture
Une grande partie du texte est consacrée à la description des souffrances éprouvées par les morts dans leurs tombes. Mais le poème ne parle pas seulement des morts puisque les vivants, en tant que destinataires de ces vers, se voient reprocher leur ingratitude. Il convient de montrer de quelle façon l'auteur s'y prend pour évoquer cette relation complexe qui existe entre les morts et les vivants. Tel sera le premier axe de lecture. On tentera ensuite, en suivant un second axe de lecture, de réfléchir à l'identité du destinataire de ce poème (« dont vous étiez jalouse ») afin de mettre en évidence la dimension autobiographique du poème.

Éléments de corrigé

Introduction
La perte d'un proche et le deuil qui l'accompagne causent d'ordinaire une grande tristesse pour ceux qui restent. Pourtant, dans « La servante au grand cœur », poème extrait des Fleurs du Mal, Baudelaire exprime une vision plus complexe, et comme inversée, des relations qui existent entre les vivants et les morts. La première strophe offre ainsi une description poignante de la souffrance ressentie par les morts du fait de l'absence des vivants. Dans la deuxième strophe, en revanche, Baudelaire met en scène, sur un mode hallucinatoire, la visite de la servante décédée. Une histoire singulière, celle de l'auteur, apparaît donc en filigrane de cette méditation sur le sort des morts. Quelle est la vision des relations entre les morts et les vivants évoquée dans ce texte ? À qui s'adresse véritablement le reproche qui traverse tout ce poème ? Telles sont les deux questions auxquelles on s'efforcera de répondre dans le développement qui suit.

Plan du développement
1. Les souffrances endurées par les morts
D'ordinaire, la mort est associée à l'insensibilité et à la perte de la conscience. Or, dans son poème, Baudelaire décrit les souffrances physiques et morales qu'éprouvent les morts. Les morts « sentent » (v. 12), ils pensent, ils ressentent de « grandes douleurs » (v. 4). Cet état, profondément pathétique, explique qu'ils sont à plaindre (« les pauvres morts » v. 4).

Le champ lexical de la souffrance est donc omniprésent. Pour une part, il renvoie aux souffrances physiques. Les morts ont froid (« Ils sentent s'égoutter les neiges de l'hiver » v. 12). Ils ont aussi les « squelettes rongés travaillés par le ver » (v. 11). Les mots employés sont très concrets, le poète évoque la réalité de la mort de façon crue.

Mais la souffrance dont il est question est surtout morale. En effet, les morts, tels qu'ils sont décrits par le poète, ne cessent point de penser. À la décomposition des corps semble correspondre celle des âmes (« dévorés par de noires songeries », v. 9). Dans le fond, on comprend donc que la plus grande douleur provient de la solitude dans laquelle se trouvent les défunts (« sans compagnon de lit » ; « sans bonnes causeries »).

Pour évoquer le sort des morts, Baudelaire utilise une expression figurée (le sommeil des morts) dans son sens propre. Sa servante « dort son sommeil » (v. 2), dans son « lit éternel » (v. 18). Mais ce sommeil est troublé, comme on va le voir, par l'attitude des vivants.

2. Le reproche adressé aux vivants
La situation des morts est d'autant plus cruelle qu'elle contraste avec celle des vivants. Eux, ont la chance de « dormir […] chaudement dans leurs draps » (v. 8) et ils ne sont pas seuls, ils sont entre « amis », « en famille » (v. 13).

Baudelaire suggère donc que les tourments des morts trouvent leur origine dans l'ingratitude des vivants. Le vers 7 constitue à cet égard un moment clé du poème (« Ils doivent trouver les vivants bien ingrats ») puisqu'il permet de comprendre que la description dissimule un reproche : si les morts sont à plaindre, c'est aussi parce que les vivants ne remplissent pas leurs obligations.

L'ingratitude se manifeste de façon concrète dans le fait que l'on ne fleurit plus les tombes (« nous devrions […] lui porter des fleurs », v. 3). Les fleurs, fréquemment renouvelées, attestent de la vitalité du lien qui unit les vivants et les morts. En revanche elles deviennent, lorsqu'elles fanent, le symbole d'une nouvelle étape dans l'existence post mortem : après avoir disparu une première fois physiquement, les morts disparaissent une seconde fois de la mémoire des vivants. Tel est sans aucun doute le drame le plus important, semble nous dire Baudelaire. Les fleurs, symbole de vie, deviennent symbole de mort et de déliaison et sont comme des « lambeaux qui pendent à leur grille » (v. 14).

3. La dimension autobiographique du poème
Les considérations générales sur la mort sont encadrées par une référence à une histoire plus particulière (« la servante ») qui met en évidence la dimension autobiographique de ce poème.

Les thèmes de l'ingratitude et de l'oubli peuvent être mis en relation avec la biographie de Baudelaire. Le ton de reproche perceptible prend tout son sens à la lecture de la Lettre du 11 janvier 1858 où Baudelaire explique à sa mère qu'il fait allusion à des « détails intimes de leur ancienne vie » dans le poème que nous étudions. Baudelaire désigne ainsi la relation entre lui et sa mère qui fut troublée par la venue d'un tiers, le général Aupick, son beau-père. Les souffrances des morts semblent ainsi correspondre à celles ressenties par Baudelaire lors du remariage de sa mère.

On comprend mieux ainsi que l'ingratitude des vivants vis-à-vis des morts soit associée à la relation complexe qui se tisse entre une figure maternelle et un enfant. La servante dont il est question représente pour Baudelaire un pôle maternel (« couver l'enfant grandi de son œil maternel », v. 20). Le souvenir personnel se mêle ainsi à l'imaginaire poétique.

La fin du poème, présente une scène imaginaire (le retour de la servante décédée) qui opère la synthèse entre le particulier et le général, entre le biographique et le philosophique. Si nous avions à rendre compte de notre ingratitude devant les morts, que pourrions-nous dire ? Rien, vraisemblablement, tout comme Baudelaire face au retour insistant de celle qui a disparu. Ce douloureux silence est exprimé par une question sans réponse qui clôt le poème : « que pourrais-je répondre ? ».

Conclusion
Ce poème peut donc se lire à deux niveaux. Il possède d'abord une valeur générale puisqu'il se présente comme une sombre méditation sur le lien qui unit les morts aux vivants. Le poète, semble rappeler les vivants à leurs obligations. Sa capacité à imaginer et à faire exister par des mots les souffrances ressenties par les morts est sans nul doute stimulée par la mélancolie éprouvée par Baudelaire en voyant sa mère s'éloigner de lui. Le poète projette ici sur la servante décédée sa souffrance personnelle qui fait de lui comme une sorte de mort-vivant parmi les vivants.

Le thème du mal dans Les Fleurs du Mal de Baudelaire

Lis la Table des Matières du recueil ! et tu verras le plan (mais du PREMIER recueil seulement, qui contenait toutes les intentions de l'auteur)
http://baudelaire.litteratura.com/fleur … l_1857.php

Le thème du mal dans Les Fleurs du Mal de Baudelaire

Bonsoir tous le monde,je vous prie de m'aider,je suis une étudiante en troisième année français,je dois présenter un éxposé dans deux semaines,le thème à étudier est le mal dans Les Fleurs du mal de Baudelaire.Quel est le sens de mal dans le recueil?Est ce que c'est un poète imprégné d'une grande morale religieuse?
     Comment je dois élaborer cet éxposé?S'il vous plait aidez moi? Bonsoir tout le monde
De nombreux poètes et écrivains ont parlé du Mal bien avant Baudelaire;est ce vous pouvez m'aider et me citer quelques uns pour que je puisse entamer le sujet de l'exposé qui a pour thème le mal dans Les Fleurs du Mal.
Merci d'avance!

Rappel des règles
Seuls les élèves ayant effectué un travail personnel préalable sur leur sujet peuvent obtenir une aide ponctuelle. Vous devez donc indiquer vos pistes de recherches personnelles.

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Le thème du mal dans Les Fleurs du Mal de Baudelaire

Le mal dans les fleurs du mal n'a pas un sens que par rapport aux écrits mais aussi par rapport au mal-être de l'auteur .On le ressent donc plus fort encore par la dureté des mots employés par celui-ci,mais aussi car ils sont d'autant plus touchants et réels. on connaît tous la chère expression du "spleen "...que l'on ne lui a pas emprunté pour rien!!
Le mal que celui-ci décrit il n'est pas seulement dans ses poèmes mais il est au fond de lui et il essaye seulement de le décrire....
Si tu va chercher plus loin, Ovide  a aussi interprété le mal dans ses Métamorphoses. Il compare les âges mais en regardant bien on peut voir une opposition non seulement entrer les âges mais plus précisément entre le bien et la vertu dans l'âge d'or,qui est une promesse pour le futur ,et le mal et les vices dans l'âge de fer ou l'arrivée du progrès il décrit l'arrivée du malheur.
voila,.... en espérons que cela puisse t'aider!
bonne chance!

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Le thème du mal dans Les Fleurs du Mal de Baudelaire

Je suis en 1èreL, alors je vais essayer de t'aider au mieux, je reprends les propos de zezetteladandy,

Le mal dans les fleurs du mal n'a pas un sens que par rapport aux écrits mais aussi par rapport au mal-être de l'auteur .

Le mal que celui-ci décrit il n'est pas seulement dans ses poèmes mais il est au fond de lui et il essaye seulement de le décrire....

Elle a raison, comme dans le poème La Charogne, où il décrit la putréfaction, ou même dans l'Ennemi ou l'Horloge, où il est conscient des ravages du temps et le dit "joueur avide" (cf l'Horloge), il prend un plaisir à la fois sadique et masochiste, parce que lui-même semble apprécier cette "pourriture", il emploie des mots mélioratifs, etc. Est-ce une représentation du mal ? Peut-être   ... Egalement, dans l'Ennemi et l'Horloge ... il n'écrit pas sur le temps juste pour faire comme tous les poètes romantiques, pour lui, le temps est un poids, démesurément long, un véritable supplice, donc pour lui, ce doit être un mal.
Une grande morale religieuse ? J'ai trouvé ce sujet qui pourrait être utile :
https://www.etudes-litteraires.com/foru … -dieu.html

Voilà !  bonne chance, c'est pas facile comme exposé ...

Le thème du mal dans Les Fleurs du Mal de Baudelaire

Bonjour,
J'ai créé un sujet avant de m’apercevoir que celui-ci existait déjà.

Je suis en 1èreS et hier notre prof de Français nous a donnés des sujets d'exposés sur "Les Fleurs du Mal" pour la semaine prochaine, Mardi, et donc 3 jours pour les faire.
Mon sujet est le même qu'ici, "Le thème du mal dans "Les fleurs du mal", on doit présenter ça en 15 minutes avec des notes rédigées façon commentaire de texte ou dissertation.

Étant 2 dans le groupe nous avons travaillés sur la base ensemble et avons décidé en introduction de donner une définition du Mal et une interprétation du titre. A partir de la définition (trouvée en grande partie avec un Brainstorming) nous avons fait 4 "catégories de mal", chacune de nous prépare et présentera donc 2 parties, Mal physique et social plus en rapport avec la biographie de l'auteur et qui peuvent se rapprocher un peu et la partie dont je m'occupe : Mal moral et Mal théologique, qui concernent plus ce qui se passe dans la tête de Baudelaire.

Le problème c'est que je ne suis pas dans sa tête et que j'ai un peu de mal à comprendre sa psychologie un peu... complexe. J'ai déjà quelques idées de textes à exploiter et citer (ne pouvant pas lire tout le recueil en 2 jours), la partie "Révolte" et "I. Bénédiction" en particulier.
Je voulais parler de son rapport à la religion (après avoir visité une 10aine de sites internet je pense avoir le nécessaire) mais pour ses croyances je suis dans le vague, a-t-il vraiment été purement sataniste ou s'en est-il juste rapproché ? (Les poèmes de la partie "Révolte" laisse penser qu'il l'était)

Ensuite je me demandais si dans un tel exercice je pouvais donner des interprétations personnelles, l'exposé est sensé servir de cours aux autres après avoir été complété par la prof.
Si vous avez des pistes à me donnez, poème à lire, précisions à apporter... Je ne dit pas non !

Merci d'avance de vos réponses !

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Le thème du mal dans Les Fleurs du Mal de Baudelaire

Juste une précision sur l'emploi du terme "sataniste", mal venu ici. Ne pas faire l'amalgame avec la mode actuelle du satanisme (films, etc.) A ma connaissance, on peut très bien évoquer "Satan" d'une manière métaphorique. Non, Baudelaire n'a pas participé à des sabbats ! (Je plaisante !)

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Le thème du mal dans Les Fleurs du Mal de Baudelaire

Certes, il ne faut pas confondre le folklore sataniste actuel de certains avec le culte satanique. Mais il faut bien admettre que Baudelaire se range derrière Satan dans sa révolte contre Dieu.
Il suffit de lire les "Litanies de Satan".
Je livre également cette assertion : « Mes chers frères, n'oubliez jamais, quand vous entendrez vanter le progrès des lumières, que la plus belle des ruses du Diable est de vous persuader qu'il n'existe pas ! »
Le Spleen de Paris (Petits Poèmes en prose) (1862), Charles Baudelaire