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Baudelaire, Paysage

Bonjour,

Je sollicite votre aide afin de m'expliquer le vers de Charles Baudelaire que je vais citer ci-après.

Les tuyaux, les clochers, ces mâts de la cité

Ainsi j'espère comprendre dans les moindres détails cette tournure de phrase.

Je vous remercie d'avance.

PAYSAGE

Je veux, pour composer chastement mes églogues,
Coucher auprès du ciel, comme les astrologues,
Et, voisin des clochers, écouter en rêvant
Leurs hymnes solennels emportés par le vent.
Les deux mains au menton, du haut de ma mansarde,
Je verrai l’atelier qui chante et qui bavarde ;
Les tuyaux, les clochers, ces mâts de la cité,
Et les grands ciels qui font rêver d’éternité.

Il est doux, à travers les brumes, de voir naître
L’étoile dans l’azur, la lampe à la fenêtre,
Les fleuves de charbon monter au firmament
Et la lune verser son pâle enchantement.
Je verrai les printemps, les étés, les automnes ;
Et quand viendra l’hiver aux neiges monotones,
Je fermerai partout portières et volets
Pour bâtir dans la nuit mes féeriques palais.
Alors je rêverai des horizons bleuâtres,
Des jardins, des jets d’eau pleurant dans les albâtres,
Des baisers, des oiseaux chantant soir et matin,
Et tout ce que l’Idylle a de plus enfantin.
L’Émeute, tempêtant vainement à ma vitre,
Ne fera pas lever mon front de mon pupitre ;
Car je serai plongé dans cette volupté
D’évoquer le Printemps avec ma volonté,
De tirer un soleil de mon cœur, et de faire
De mes pensers brûlants une tiède atmosphère.

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Baudelaire, Paysage

Bonjour,
Il serait plus facile d'analyser ce vers avec son contexte...
"mâts", cela fait référence à un bateau, la ville serait alors comme un navire.

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Baudelaire, Paysage

Oui vous avez tout à fait raison !

Voici un extrait de ce poème nommé Paysage :

Je veux, pour composer chastement mes églogues,
Coucher auprès du ciel, comme les astrologues,
Et, voisin des clochers écouter en rêvant
Leurs hymnes solennels emportés par le vent.
Les deux mains au menton, du haut de ma mansarde,
Je verrai l'atelier qui chante et qui bavarde;
Les tuyaux, les clochers, ces mâts de la cité,
Et les grands ciels qui font rêver d'éternité.

Baudelaire, Paysage

Il s'agit là, si je ne me trompe pas, d'une métaphore.

Et les mâts, c'est sur ceux-ci qu'on se plaçait pour regarder au loin ; dans le temps où il fallait utiliser une longue-vue.

Ainsi, les clochers sont présentés comme dominant la cité, qui elle, serait alors un navire, que le narrateur voit comme tel.

C'est donc sa vision de la cité qui se trouve dans cet extrait.

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Baudelaire, Paysage

Bonjour ou bonsoir,

J'ai bien du mal à relever les registres utilisés dans le poème de Baudelaire : "Paysage".
Pour le moment j'ai trouvé le registre fantastique, bien que cela me semble étrange pour un texte poétique, car Baudelaire créer un univers plutôt "magique" dans sa composition...

Pouvez-vous m'éclairer d'avantage ?

Je veux, pour composer chastement mes églogues,
Coucher auprès du ciel, comme les astrologues,
Et, voisin des clochers écouter en rêvant
Leurs hymnes solennels emportés par le vent.
Les deux mains au menton, du haut de ma mansarde,
Je verrai l'atelier qui chante et qui bavarde;
Les tuyaux, les clochers, ces mâts de la cité,
Et les grands ciels qui font rêver d'éternité.

II est doux, à travers les brumes, de voir naître
L'étoile dans l'azur, la lampe à la fenêtre
Les fleuves de charbon monter au firmament
Et la lune verser son pâle enchantement.
Je verrai les printemps, les étés, les automnes;
Et quand viendra l'hiver aux neiges monotones,
Je fermerai partout portières et volets
Pour bâtir dans la nuit mes féeriques palais.
Alors je rêverai des horizons bleuâtres,
Des jardins, des jets d'eau pleurant dans les albâtres,
Des baisers, des oiseaux chantant soir et matin,
Et tout ce que l'Idylle a de plus enfantin.
L'Emeute, tempêtant vainement à ma vitre,
Ne fera pas lever mon front de mon pupitre;
Car je serai plongé dans cette volupté
D'évoquer le Printemps avec ma volonté,
De tirer un soleil de mon coeur, et de faire
De mes pensers brûlants une tiède atmosphère.

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Baudelaire, Paysage

Bonsoir,

Je dirais plutôt le merveilleux.

Le poète reconstruit ce qu'il voit par la force de sa volonté, de son imagination et de son art.

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Baudelaire, Paysage

En effet, je n'y avais pas pensé.
Merci de votre aide

Donc celui-ci semble le plus dominant ?

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Baudelaire, Paysage

Eh oui !
Comme tu l'as noté, c'est magique et bienveillant. Nulle trace de l'irruption brutale de faits étranges et inquiétants.

Baudelaire, Paysage

Oui... L'Émeute ne peut que tempêter "vainement" à la vitre... Elle n'entrera pas !

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Baudelaire, Paysage

Bonjour.

Je travaille le commentaire stylistique du poème " Paysage " de Charles Baudelaires. Je peine à analyser les compléments circonstanciels qui semblent être des procédés signifiants dans le texte à l'étude.

La phrase sur laquelle j'ai le plus de difficulté est celle-là:

Car je serai plongé dans cette volupté
D'évoquer le Printemps avec ma volonté,
De tirer un soleil de mon coeur, et de faire
De mes pensers brûlants une tiède atmosphère.

" dans cette volupté " est un complément circonstantiel de lieu. L'énumération " D'évoquer le Printemps avec ma volonté, / De tirer un soleil de mon coeur, et de faire / De mes pensers brûlants une tiède atmosphère " me paraît en revanche plus complexe.

" volupté " étant un nom, j'avais pensé que tout le texte en " de " était des compléments de nom. Cependant, je les trouve bien trop longs pour en être.
J'ai fait quelques recherches dans un précis de grammaire. J'ai cru au début que c'était d'autres compléments circonstantiels, mais je ne trouvais pas laquelle.
Enfin, j'ai eu l'idée d'aller dans la rubriques " infinitif ". J'ai appris que l'infinitif pouvais avoir une valeur de verbe ou de nom. Alors, dans ce cas, " D'évoquer ", " De tirer " et " de faire " seraient des infinitifs à valeur de verbe, ce qui donnerait cela:

D'évoquer (verbe) le Printemps (COD) avec ma volonté (complément circonstantiel de moyen)
De tirer (verbe) un soleil (COD) de mon coeur (COS), et de faire (verbe)
de mes pensers brûlants (COS) une tiède atmosphère (COD).

Cela semble être cohérent, mais je ne suis pas tranquille dans cette analyse...

Cordialement.

Encre-et-soupirs.