61 (Modifié par florentis 12/07/2015 à 12:59)

Participe futur

Jehan a écrit :

Non, soyons raisonnables...

Mais que dirais-tu d'un participe conditionnel ?
Très facile à former.
On remplacerait par -ant la terminaison -ons de la première personne du conditionnel présent...

Nous aimerions → aimeriant ( = qui aimerait)

Rigolo, non ?

Pour ma part je préfèrerais une terminaison en *aint : j'aimerais -> *aimeraint.

Le premier rirant aura une tapette.
Le dernier riraint aurait une sucette.

Celui qui partirait en premier aurait un avantage indu.
Celui partiraint en premier aurait un avantage indu.

Les mourirants te saluent.
Les enfants des mouriraints t'en voudraient.

62 (Modifié par Jehan 15/07/2015 à 00:35)

Participe futur

Je trouve ta terminaison -aint peu naturelle pour un participe actif.
Et pourquoi se fonder sur aimerai / aimerais, qui ne se différencient que par le s final ? 
Il est plus logique d'utiliser aimerons / aimerions, qui se différencient par le i rajouté; d'où aimerant / aimeriant pour les participes.

D'autre part, le participe futur de mourir ne serait pas mourirant comme tu écris, mais mourrant (radical du futur simple mourrons).

63

Participe futur

Peu naturelle ? Le terme ne convient guère.
Il s'agit ici de conventions.
Toute nouvelle convention n'est pas habituelle.

il aimera : ɛməʁa / aimerant : ɛməʁã
il aimerait : ɛməʁɛ / aimeraint : ɛməʁɛ̃

Mais... les goûts et les couleurs, comme on dit, ça ne se discute pas (sinon, c'est sans fin).

64 (Modifié par Jehan 16/07/2015 à 16:30)

Participe futur

Il s'agit ici de conventions.
Toute nouvelle convention n'est pas habituelle.

Il n'est cependant pas interdit de chercher à donner à ces participes "conventionnels" l'allure la moins dépaysante possible.
Avec ce -ant, je me suis simplement efforcé de respecter au maximum les terminaisons habituelles des participes du français, au contraire de l'Ougrapo et de sa peu heureuse terminaison -ure.  La terminaison -aint ne me semble pas très heureuse non plus.  Mais bon, effectivement, des goûts et des couleurs...

65

Participe futur

Il y a aussi des critères physiologiques qui doivent être pris en compte.

Comme l'ont dit divers intervenants,
prononcer “iant” est parfois compliqué :
le “i” implique une ouverture minimale de la bouche ,
tandis que le “ant” implique une ouverture maximale.

Mais, tout dépend du statut que tu donnes au “i”...
Faut-il le prendre comme la semi-consonne ?
Faut-il le tenir et le mettre en hiatus ?

Si c'est la semi-consonne, cela rajoute un effort notable, en particulier après un “r”.
La terminaison “aint” n'a pas cet inconvénient.

S'il faut tenir la voyelle, cela rajoute une syllabe.

Comparez, au niveau de la prononciation :
Celui chieriant dans l'ascenseur risque des poursuites.
Celui chieraint dans l'ascenseur risque des poursuites.

Le premier ririant aurait une tapette.
Le premier riraint aurait une tapette.

66 (Modifié par Jehan 16/07/2015 à 19:00)

Participe futur

Comme l'ont dit divers intervenants,
prononcer “iant” est parfois compliqué

Divers intervenants ? Un seul invité (JSC) a émis des réserves dans ce sens...
Et comme je le lui ai dit, je ne vois pas en quoi -iant serait plus difficile à articuler que la terminaison -ions de l'imparfait de l'indicatif, du subjonctif présent ou du conditionnel présent.

Mais, tout dépend du statut que tu donnes au “i”...
Faut-il le prendre comme la semi-consonne ?

Question oiseuse : bien sûr, puisque c'est calqué sur la forme en -rions du conditionnel...

Si c'est la semi-consonne, cela rajoute un effort notable, en particulier après un “r”

.
Quand on prononce "chieriant", on ne fait pas davantage d'effort que pour prononcer "chierions"... Ça glisse tout seul !

67 (Modifié par florentis 18/07/2015 à 01:59)

Participe futur

On pourrait aussi partir de l'idée que le futur est un conditionnel accompli, de même que le conditionnel est un futur en cours de réalisation. Auquel cas, le participe futur prendrait la terminaison du participe passé du verbe, en reprenant sa base, et le participe conditionnel prendrait la terminaison du participe présent en reprenant sa base, moyennant un élargissement en -our-.

avoir -> eu / ayant; ouru / (ay)ourant.
aimer -> aimé / aimant ; aimouru / aimourant.
vivre -> vécu / vivant; vécouru / vivourant.
mourir -> mort / mourant; mortour / mourourant.
rire -> ri / riant; rouri / riourant.
lire -> lu / lisant; louru / lisourant.
pouvoir -> pu / pouvant; pouru / pouvourant
voir -> vu / voyant; vouru / voyourant.
être -> été / étant; souré / sourant.

Les mortours te saluent. (= ceux qui vont mourir te saluent)
le vécouru verra. (celui qui vivra verra)
le rouri aura une tapette (celui qui rira aura une tapette)
nous sommes tous mortours.
Tu n'es pas montouré au ciel. (tu n'es pas destiné à monter au ciel)
Ce livre, étudiouré l'année prochaine, est déjà commandé. (Ce livre, qui sera étudié l'année prochaine, est déjà commandé).
j'ai écrouri un livre sur cette guerre (je suis disposé, résolu, à écrire...)

j'ai écrourant un livre sur cette guerre (je suis enclin à écrire..., mais ce n'est pas sûr)
Celui mangeourant cette pomme mourra (celui qui mangerait cette pomme, mourra)
Lisourant ce livre, sa vie changerait (il lirait ce livre, sa vie changerait).

Le futur gagnant -> le gagnouré.
L'hypothétique gagnant -> le gagnourant.

Participe futur

De quel chapeau sors-tu ce lourd infixe -our- ?  Il défigure vraiment les verbes.
Bonne chance pour deviner le verbe rire dans ton rouri ou ton rourant.
Ne le perçoit-on pas mieux dans mon rirant ou dans mon ririant ?
Même chose pour le verbe être.

être -> été / étant; souré / sourant.

Pourquoi choisir la seule lettre s pour base  du verbe ?
Et puisque tu prends le participe présent pour base de ton participe conditionnel, ce devrait être  étourant, pas sourant. Tu t'embrouilles dans tes propres règles, on dirait.
Je reste pour ma part sur mes serant (qui sera) et seriant (qui serait).


aimer -> aimé / aimant ; aimouru / aimourant.

De plus une terminaison de participe passé (sens passif) pour un participe de sens actif, c'est assez illogique.
Car il faut distinguer, comme en espéranto, un participe futur de sens actif (qui aimera) et un participe futur de sens passif (qui sera aimé).
Il serait plus logique de réserver la terminaison du participe passé au participe de sens passif (qui sera aimé, qui serait aimé) .
Et pourquoi une terminaison en -u pour aimer ? Son participe passé est en -é, pas en -u.
Mais c'est juste une étourderie de plus, je suppose.

69 (Modifié par florentis 19/07/2015 à 03:11)

Participe futur

Déjà, pardon pour l'étourderie - aimouré -, sans doute due à l'heure tardive...

D'où sort l'infixe -our- ? Il est le calque de l'infixe latin -ur- que l'on ajoute au supin :
la lettre "u" en latin représente le son "ou".

J'ai choisi le son "ou" parce que, en général, c'est un son moins tendu que le son "u", et aussi, en particulier, parce qu'il est plus facile à articuler pour ceux parmi les locuteurs étrangers dont la langue maternelle n'emploie pas ce son assez particulier à la langue française. Cela dit, au fond, un élargissement -our- ou -ur-, peu importe : à ce stade, c'est assez accessoire.

C'est vrai que pour le verbe être, le cas est particulier : il s'agit d'un mélange des verbes esse et stare, donc sa conjugaison ne peut pas être régulière. Cela dit votre remarque me fait penser que je n'ai pas choisi la bonne base. Ce serait plutôt "futuré / futurant" qui serait pertinent.

Mais ma proposition procédait plutôt de l'intuition. Avant d'inventer de nouvelles formes et de s'entendre sur leur légitimité, il conviendrait déjà de s'accorder sur la pertinence de la construction. J'ai trouvé un écrit qui la remet en cause (http://jb.lelievre.free.fr/francais/par … futur.html). On a deux participes, l'un accompli, le participe passé, l'autre concomitant, le participe présent.

La temporalité qu'ils indiquent est relatif au temps de narration.
Or celle-ci n'est que de deux genres : soit simultané, soit non-simultané.
De ce point de vue : deux formes suffisent.

Prenons deux exemples.
1° non-simultanéité :
ayant été gentil, il eut sa récompense -> celui-ci qui eut été gentil, celui-ci eut sa récompense.
ayant été gentil, il avait sa récompense -> celui-ci qui avait été gentil, celui-ci avait sa récompense.
ayant été gentil, il a sa récompense -> celui-ci qui a été gentil, celui-ci a sa récompense.
ayant été gentil, il aura sa récompense -> celui-ci qui aura été gentil, celui-ci aura sa récompense.

2° simultanéité :
étant gentil, il plut à autrui -> celui-ci qui fut gentil, celui-ci plut à autrui.
étant gentil, il plaisait à autrui -> celui-ci qui était gentil, celui-ci plaisait à autrui.
étant gentil, il plait à autrui -> celui-ci qui est gentil, celui-ci plait à autrui.
étant gentil, il plaira à autrui -> celui-ci qui sera gentil, celui-ci plaira à autrui.

Dans l'exemple de la non-simultanéité, on remarque qu'il suffit de bien choisir le verbe principal pour marquer correctement l'ordre temporel que relate l'énonciation. Le participe futur est donc de ce point de vue peu utile, en ce qu'il ne permet pas tant de marquer de nouvelles nuances, mais seulement de permettre un ordre différent.

Si l'on veut absolument un participe futur, il faut inverser les deux verbes mis en rapport temporel, ce qui donne en reprenant l'exemple 1° :

ouré sa récompense, il eut été gentil -> celui-ci qui eut sa récompense, celui-ci eut été gentil.
ouré sa récompense, il avait été gentil -> celui-ci qui avait sa récompense, celui-ci avait été gentil
ouré sa récompense, il a été gentil -> celui-ci qui a sa récompense, celui-ci a été gentil
ouré sa récompense, il aura été gentil -> celui-ci qui aura sa récompense, celui-ci aura été gentil

Ou, plus directement :
ouré sa récompense, il est gentil.

C'est bien une construction similaire à :
Ave César, les mortours te saluent.
le rouri a sa tapette.

On marque des temps décalés, donc c'est bien la terminaison de l'accompli (é, u, i,...etc, selon le groupe verbal) qui doit s'appliquer, non la terminaison de la concomitance (-ant).

En revanche, pour un conditionnel, le futur n'est pas encore d'actualité,
il est éventuel seulement. De ce point de vue, il est inaccompli et l'on se trouve donc proche d'une certaine forme de concomitance, ce qui se constate puisqu'on marquera le rapport par deux verbes mis au même temps.

Qui serait gentil, plairait à autrui. (= s'il était gentil, il plairait à autrui)
Qui aurait été gentil, aurait plu à autrui. (= s'il avait été gentil, il aurait plu à autrui)
Qui aura été gentil, aura plu à autrui. (= s'il a été gentil, il aura plu à autrui).
Qui sera gentil, plaira à autrui. (= s'il est gentil, il plaira à autrui)

Cette concomitance des temps justifie de fait l'usage de la terminaison -ant
futurant gentil plaît à autrui.

Ainsi :
participe futur (accompli)
Il est gentil, plaisant à autrui, ouré sa récompense, enrichouri.
= Il est gentil, ce qui plaît à autrui. Il aura sa récompense, s'en trouvera enrichi.

participe conditionnel (inaccompli)
Futurant gentil plaît à autrui, ourant sa récompense, s'enrichourant.
= Qui serait gentil plairait à autrui. Il aurait sa récompense, irait s'enrichissant.

On a une symétrie entre ces formes :

A) il l'aura forgé demain
            ^
  futur antérieur

-> nécessairement accompli antérieurement à "demain".

B) il l'a forgeouré ce jour.
            ^
  passé postérieur

-> nécessairement accompli postérieurement à "ce jour"

C) il l'aurait forgé demain.
            ^
  conditionnel antérieur

-> éventuellement accompli antérieurement à "demain"

D) il l'aurait forgeouré ce jour.
                 ^
   conditionnel postérieur

-> éventuellement accompli postérieurement à "ce jour".

Un intéressant effet collatéral est que l'on pourrait alors enchaîner une suite de cause.

Supposons qu'un domino "a", s'il tombe, pourrait faire tomber un domino "b", qui, s'il tombe à son tour, pourrait faire tomber un domino "c". Pour décrire la situation, il faut trois conditions successives, donc trois temps : un conditionnel antérieur, un conditionnel présent, un conditionnel postérieur.

-> Le domino "a" serait tombé, le domino "b" tomberait, le domino "c" serait tombouré.
-> le domino "a" tombé, le domino "b" tombourant, le domino "c" futurant tombé.

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Participe futur

Jehan a écrit :

Non, soyons raisonnables...

Mais que dirais-tu d'un participe conditionnel ?
Très facile à former.
On remplacerait par -ant la terminaison -ons de la première personne du conditionnel présent...

Nous aimerions → aimeriant ( = qui aimerait)

Rigolo, non ?

Je trouve que c’est une bonne idée.
(Inutile de me dire que je déterre un vieux sujet, je le sais.)

Il m’est arrivé de me dire, mais je ne sais plus dans quels cas, qu’un subjonctif futur pourrait être utile.