Dissertation sur la tragédie et la comédie

Je suis en 1ère L et j'ai de grosses difficultés avec les dissertations. Pour le moment, notre professeur nous donne uniquement des plans de dissertation à rendre. Alors voilà, j'ai reçu un nouveau sujet et l'inspiration me manque :

Sujet:
À la fin de la 1ère partie de Psyché, deux des quatre amis, dont La Fontaine nous rapporte les propos, engagent un débat sur les mérites respecifs de la comédie et de la tragédie.

Ariste qui affirme que "la comédie touche moins les esprits que la tragédie", Gélaste finit par répondre : "comme la tragédie ne nous représente que des aventures extraordinaires et qui, vraisemblablement, ne nous arriveront jamais, nous n'y prenons point de part et nous sommes froids, à moins que l'ouvrage ne soit excellent... La comédie, n'employant que des aventures ordinaires, et qui peuvent nous arriver, nous touche toujours, plus ou moins, selon son degré de perfection."

Voici le plan que je propose, bien qu'il ne me semble pas cohérent :

I/ Les différences entre tragédie et comédie selon Gélaste

1) Les aventures
Tragédie = aventures extraordinaires
Comédie = aventures ordinaires

2 ) La reprise des mœurs
Tragédie = non (mythes)
Comédie = oui (exemple : comédie de boulevard)

3) Les émotions du spectateur
Tragédie = froid "on ne prend pas part"
Comédie = prend part, on arrive mieux à se situer dans le texte

II/ Tragédie et comiques peuvent être semblables

1) La tragédie peut représenter des aventures ordinaires

2) La comédie peut représenter les mœurs de façon exagérée

3) Tragédie et comique touchent autant le spectateur mais de façon différente


III/ Propos de Gélaste insuffisants

1) La réflexion

2) Le dénouement

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Dissertation sur la tragédie et la comédie

Bonjour Madonna,

Avant d'aborder ton plan, je souhaite resituer le débat dans son contexte. À l'époque de La Fontaine, le siècle classique, les genres théâtraux sont bien codifiés. La tragédie est le genre noble par excellence, la comédie est un genre mineur. Va voir sur le site la fiche « comment étudier une pièce de théâtre ».

Il me semble que tu as oublié un aspect important dans les propos de Gélaste: c'est la correction que peut apporter « l'excellence de l'ouvrage » qu'il faudrait traduire dans la langue d'aujourd'hui. Disons qu'il s'agit de manière générale des qualités artistiques de la pièce. Ces qualités finalement feront tout l'intérêt de la pièce que le sujet nous touche ou nous laisse indifférents.

Quelle est la problématique ? Le débat se situe dans l'opposition des thèses défendues par Ariste et Gélaste, ce dernier essayant de formuler un dépassement ou une synthèse. De ce fait tu as un canevas de plan.

Position d'Ariste : la comédie touche moins les spectateurs que la tragédie
Position de Gélaste : la thèse inverse
Dépassement : l'intérêt d'une pièce réside dans son excellence.

Revenons à ton plan :
La première partie est convenable. Cependant je reviendrais sur ton deuxième paragraphe. Qu'est-ce que la «reprise des mœurs» ? À mon sens, La Fontaine fait allusion à la devise classique de la comédie "castigat ridendo mores", ce qui se traduit par elle châtie les mœurs en faisant rire, en les rendant ridicules. Bien entendu la tragédie ne fait pas rire mais elle a toutes les capacités pour dénoncer les dérives morales : Racine a peint les ravages de la passion. Finalement le projet reste le même, ce sont les moyens qui diffèrent : pour la comédie il s'agit d'instruire en plaisant; pour la tragédie, d'émouvoir le spectateur en excitant « la terreur et la pitié ». La Fontaine fait allusion aussi implicitement à un genre réputé difficile par opposition à un genre plus facile.

La deuxième partie pourrait donc consister en une critique de la thèse de Gélaste (ce que tu avais essayé de réaliser dans ta troisième partie) en en montrant ses limites, en démontrant surtout que -- s'il a perçu quelques signes distinctifs de ces genres littéraires : personnages nobles, effet de distance dans la tragédie, le contraire pour la comédie -- il n'a pas su exposer l'essence de l'univers tragique, à savoir l'irruption du destin et la défaite annoncée de l'homme.

La troisième partie pourrait consister dans un accord avec le dépassement suggéré par Gélaste : la querelle est de peu d'intérêt d'autant plus qu'aujourd'hui elle paraît démodée et que la tragédie telle qu'elle était conçue à époque classique a complètement disparu. En revanche, ce qui continue à toucher et à intéresser le spectateur est bien la qualité artistique (à définir précisément par l'habileté de l'intrigue, la valeur humaine des personnages, la poésie des vers…) d'une œuvre, tout ce qui contribue au plaisir et à l'édification du public.