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Le plus beau vers de la langue française

Guilaume Apollinaire

Et toi mon coeur pourquoi bats-tu

Comme un guetteur mélancolique
J'observe la nuit et la mort



Les villes sont pleines d'amour et de douleur
Deux plantes dont la mort est ma commune fleur



Songes-tu quelquefois quand les nuits sont bien pâles
Que telles nos amours sont mortes les étoiles ?

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Le plus beau vers de la langue française

Lonzac a écrit :

Pensez vous, comme moi, qu'un vers est souvent, à lui tout seul, bien plus beau que l'ensemble du poème auquel il appartient? (le cas est flagrant chez Hugo comme chez Mallarmé, en fait, chez tous les poètes cherchant plutôt l'effet que l'émotion).

Voui. Ca arrive souvent. Tiens dans un topic comme le "qui a écrit", il faudrait citer un vers et retrouver le poète et le poème.

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Le plus beau vers de la langue française

Je suis d'accord pour Hugo, vu la prolixité ya des hauts et des bas ;mais chez Mallarmé tout est tiré vers le haut (trouvè-je)

Le plus beau vers de la langue française

Je jalouse le sort des plus vils animaux
Qui peuvent se plonger dans un sommeil stupide
Tant l'écheveau du temps lentement se dévide.

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Le plus beau vers de la langue française

"Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères ... " BAUDELAIRE, premier vers de La Mort des Amants, dans Les Fleurs du Mal

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Le plus beau vers de la langue française

"Les soupirs de la saintes et les cris de la fée" Nerval

Le plus beau vers de la langue française

"Et quand j'arriverai ,je mettrai sur sa tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur"
hugo, Demain dès l'aube
c'est magnifique!

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Le plus beau vers de la langue française

D'une simplicité divine et poignante

Le plus beau vers de la langue française

Extraits de ce que vous savez, voici donc quelques vers que j'aime :

* Trois allumettes une à une allumées dans la nuit / La première pour voir ton visage tout entier / La seconde pour voir tes yeux / La dernière pour voir ta bouche / Et l'obscurité tout entière pour me rappeler tout cela / En te serrant dans mes bras. (JACQUES PREVERT)
* Et, comme un air qui sonne, au bois creux des guitares, / J’ai fait chanter mon rêve au vide de ton cœur. (LOUIS BOUILHET. FESTONS ET ASTRAGALES)
* Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ; / Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ; / Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ; / Je sentis tout mon cœur et transir et brûler. (JEAN RACINE. PHEDRE)
* Si tu veux, nous nous aimerons / Avec tes lèvres sans le dire. (STÉPHANE MALLARMÉ. POÉSIES)
* On voudrait revenir à la page où l’on aime / Et la page où l’on meurt est déjà sous nos doigts. (ALPHONSE DE LAMARTINE. DEDICACE SUR UN ALBUM)
* Je sais l’art d’évoquer les minutes heureuses, / Et revis mon passé blotti dans tes genoux. (CHARLES BAUDELAIRE. LES FLEURS DU MAL)
* Nous aurons des lits pleins d’odeurs légères, / Des divans profonds comme des tombeaux. / Et d’étranges fleurs sur les étagères, / Écloses pour nous sous des cieux plus beaux. (CHARLES BAUDELAIRE. LA MORT  DES AMANTS)
* Nous avons échangé de la bouche à la bouche / La perle impérissable où dort le souvenir. (PIERRE LOUŸS. POESIES)
* Mes baisers sont légers comme ces éphémères / Qui caressent le soir les grands lacs transparents. (CHARLES BAUDELAIRE. LES FLEURS DU MAL)
* Baisers, baves d'amour, basses béatitudes, / Ô mouvements marins des amants confondus. (PAUL VALERY. ALBUM DE VERS ANCIENS)
* Ah ! les premières fleurs, qu’elles sont parfumées ! / Et qu’il bruit avec un murmure charmant / Le premier oui qui sort des lèvres bien-aimées ! (PAUL VERLAINE. POEMES SATURNIENS)
* Car j’eusse avec ferveur baisé ton noble corps, / Et depuis tes pieds frais jusqu’à tes noires tresses / Déroulé le trésor des profondes caresses. (CHARLES BAUDELAIRE. LES FLEURS DU MAL)
* D’une seule caresse / Je te fais briller de tout ton éclat. (PAUL ÉLUARD. L’AMOUR, LA POESIE)

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Le plus beau vers de la langue française

Ah ! l'amour, toujours l'Amour !

Les amants accolés muets comme la cire
Léo Ferré

lèvres qui t'ont fleurée ne fleurent point la mort
Saint-John Perse