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Le plus beau vers de la langue française

Lol. Ah ! le bon sonnet du trou du c...

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Le plus beau vers de la langue française

Krystyna a écrit :

De Baudelaire il y a aussi : "Ton souvenir en moi luit comme un encensoir." D'aucuns prétendent que cela fait allusion au souvenir de son père, qui était prêtre non jureur, donc défroqué.

N'importe nawak ! Il était prêtre jureur et a refusé l'amnistie faite au clergé sous Louis XVIII.

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Le plus beau vers de la langue française

le plus beau vers pour moi ou celui qui m'a le plus marqué c'est celui qui constitut la chute de Vénus Anadyomène de A.Rimbaud :

"Belle hideusement d'un ulcère à l'anus"

Je pense que c'est un des mes poèmes préférés. On dit qu'une des plus belles chutes de la poésie francaise est celle du Dormeur du Val. Moi je préfere celle la. La phrase seule n'a que de l'allure..mais replacée dans le contexte elle et extraordinaire. Il faut savoir que Rimbaud dans tout son génie a écrit ce poeme contre le Parnasse qui ne voulait pas le reconnaitre alors qu'il souhaitait avant tout en faire partie. Il fait alors une magnifique contre éloge de Vénus,inspiration fondamentale des parnassiens. J'aime particulièrement la rime de "Vénus" avec "anus"... (les poètes du parnasse ont duent l'avaler de travers dernier le tercet xD )

Le plus beau vers de la langue française

Tiens ? Mallarmé a peut-être été hanté/enté par ce vers aussi -- je pensais justement trouver chez lui un contrepoids à ce réalisme un peu potache de Rimbaud... et voilà sur quoi je tombe, ouvrant le livre au hasard - anagramme ou presque : "... Abominablement quelque idole Anubis..." ("Le tombeau de Charles Baudelaire")
(Y a une autre rime en -bis, un peu plus bas -- si je puis dire!  )

Non, décidément, je préfèrerai toujours Valéry   --  un poète qui m'a toujours poursuivie, pour des raisons toujours différentes :

Azur! c'est moi... je viens des grottes de la mort ("Hélène", Album des vers anciens)
Un grand calme m'écoute, où j'écoute l'espoir ("Narcisse parle", Album des vers anciens)
Te voici, mon doux corps de lune et de rosée ("Fragment du Narcisse", Charmes)
Le vent se lève!... Il faut tenter de vivre!  ("Le Cimetière marin", Charmes)

Voilà, mes mantras, plaisir sans fin -- plaisir des mots, des mondes; j'aime ce monde méditerranéen, aussi, c'est vrai, son "antiquité" ... ça prédispose.

"La mer, la mer, toujours recommencée !"

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Le plus beau vers de la langue française

Variation sur le thème d'Ophèlie


Sur l’onde dyspepsique courbant l’échine
L’Hopale blanchie dort d’un sommeil profond.
La voûte anthoptère l’enserrant la chagrine :
Jamais plus son regard n’ira plus au fond.

Sa gracile chair dessine les flots et les vents
Trépassant par-dessus les algues dyspnéiques
Qui dansent sous les eaux et le faible courant
L’encouverte et la berce depuis les aubes épiques ;

Les lys par milliers se déposent en longs phosphènes
Sur ses yeux à l’œillade brûlante à l’iris soyeux
Qui contemplent l’horizon morne de sa Géhenne
L’innocence palmaire implorant les noirs cieux.

Bienséante en son hydrotaphe obscur et viride
Comme si la vie s’éteignait en pleine nuit
Elle erre sous les roseaux frêles et rigides
Epiées en dépit des brumeuses pluies.

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Mozart, il est dommage que quelques irrégularités du mètre gâtent ce poème !

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Je n'ai pas cherché à faire un mètre régulier. J'ai écrit tel que je l'entendais dans ma tête, c'est tout.

Un autre ? (c'est toujours mieux que mes tirades, non ?)

La nuit des souffrances


La nuit des souffrances maladives
Est la plus longue des nuits,
Et la plus triste, et la plus silencieuse.
Chacun se débat avec sa chair son corps sa vie
Chacun saisit sa mort à bras-le-corps
Et se dit qu’en es-tu toi, Malheureuse ?

Son linceul entre les dents, mordant la solitude,
Et les ongles déchirant le dais de son mal,
Chacun replie ses membres vers soi, en toute hébétude,
Et chacun s’endort la mort dans l’âme,
Dans la gorge le pal de l’Altitude.

Certaines agonies ne finissent jamais,
Certaines douleurs durent plus que plus longtemps,
Et les larmes n’en finissent jamais de couler,
Couler à même la pâleur étique de nos veines décharnées,
Et le sang de se vider à même son propre sang...

Dieu ! Pourquoi tant de souffrance pour un même mal ?
Pourquoi planter une croix en chacun d’entre nous ?
Ne te suffit-il pas de nous laisser mourir,
Puisque Nous seuls le pouvons et le devons, ô Nous,
Qui ne sommes qu’hommes et fondamentalement Fous !?

Le plus beau vers de la langue française

Bravo pour le 1er texte : tu as réussi à me faire retrouver mon gros Robert !    ("Trop de mots, mon cher Mozart !") ... mais cette préciosité a son charme, sinon sa légitimité : je rends hommage à cette profusion des mots rares et inattendus, le langage en devient étrange, d'un exotisme inquiétant -- la pauvre Ophélie était folle, en effet... Ce n'est pas sans rapport non plus avec l'opacité de l'eau/la mort, son "hermétisme"...  Mais j'ai cependant une préférence pour le 2e... Il y a un plus grand équilibre entre... les mots et les notes... Un registre plus courant, certes, mais du coup - en tout cas pour moi - on en perçoit mieux la dimension manifestement vécue, ce qui le rend immédiatement plus touchant...

Et un p'tit vers pour la route de ce sujet, qd même :

"Moi qui n'ai jamais marché mais nagé mais volé parmi vous." René CHAR, En trente-trois morceaux.

P.-S. :  Moz, de tes douze poèmes, mon préféré, c'est "Assis" ! Hé hé hé!...

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Au fait, un détail, Kroâ : non seulement j'adore également Valéry, mais en plus, c'est certainement celui qui m'a le plus inspiré, en ce qui concerne la musique de mes vers.

Ah ! Charmes !... Et La Jeune Parques... Il faut que je le relise !

Le plus beau vers de la langue française

Bonsoir,

  Je suis nouveau sur le forum, et je saute sur cette discussion, car la question me semble aussi interressante que les réponses. Je crois que la beauté d'un vers dépend beaucoup de l'état d'esprit dans lequel on est  au moment où on se le récite, mais qu'il y a néanmoins quelques brûlots intemporel qui résistent à toutes les circonstances. C'est le cas, je trouve, "Des éternels regards l'onde si lasse", de notre Guillaume le Mal Aimé, ou encore du "J'entends mon coeur qui bat c'est maman qui m'apelle", de Laforgues.
Pensez vous, comme moi, qu'un vers est souvent, à lui tout seul, bien plus beau que l'ensemble du poème auquel il appartient? (le cas est flagrant chez Hugo comme chez Mallarmé, en fait, chez tous les poètes cherchant plutôt l'effet que l'émotion).

Romain