Justice et injustice : la justice n'est-elle pas injuste par essence ?

Voilà,
J'ouvre un sujet pour vous poser mon problème et voir ce que vous en pensez...

Je me demandais si l'idée de Justice n'était pas caduque dès le départ.
En effet, nous constatons que dans le droit il existe pour certaine personne des "circonstances atténuantes", autrement dit des "éléments" qui atténue la gravité du crime.
Partant de là, je me suis demandé si en vérité, pour chaque criminelle, nous pouvons trouver des circonstances atténuantes qui font de la Justice une Injustice par essence.
En effet, ma question est : ne peut-on pas dire que commettre un crime est déjà une circonstance atténuante ?
Je m'explique ;
Un être qui commet un crime n'a-t-il pas quelque part quelque chose qui le pousse à commettre, quelque chose qui n'est pas de son ressort. En effet, même chez le plus froid des criminelles, il y a une raison pour le crime. Cupidité, plaisir, que sais-je encore. Même si nous imaginons un criminelle qui tue sans aucune raison, simplement POUR tuer et bien nous pouvons dire que dans tout les cas les êtres qui tue, les criminelles, ne sont pas responsable de leurs penchant, de leur froideur, de leur incapacité à saisir de le BIEN et le MAL.
Mais j'entends déjà (oui oui, vous au fond), fuser les critiques ; nous pouvons toujours nous contrôler. Ou en tout cas certain pourrait se contrôler.
D'accord, admettons, mais dans ce cas là nous pourrions nous pas admettre que le fait de ne PAS se contrôler ; par choix, ou par manque de "courage, est une circonstance atténuante...

Ce que je veux dire, pour faire court. C'est que s'il existe des Être qui tuent et d'autre qui ne tuent pas, s'il existe des Être qui tombent dans le crime, et d'autre qui n'y tombe pas, c'est bien que certain Être possède, ou ne possède pas, ce que les autres ont.
La capacité de se contrôler, la volonté de se contrôler, etc...
Autrement dit, tout criminelle possède des circonstances atténuantes qui font de son procès un procès injuste ...

Edit : désolé pour le "S" en trop dans le titre, mon doigt à fourché.

Justice et injustice : la justice n'est-elle pas injuste par essence ?

Bonsoir, Galain.
À première vue, c'est pas bête.

Mais
- JUSTICE (Vocabulaire technique & critique de la Philosophie de andré LALANDE Ed Quadrige/PUF en 2 volumes poche) a plusieurs sens en philosophie et ne s'oppose pas systématiquement à l'injustice.
1. Caractère de ce qui est juste (conforme à un droit) => équité et légalité. On pourra dire "la stricte justice est injuste".
2. Acte ou décision servant à faire regner la justice (premier sens).
3. Pouvoir judiciaire; magistrats.

- LOI (idem)
1. Régle général et impérative. Parfois un système de règles.
2. Par suite, exercice d'une autorité; contrainte imposée.
3. Règle obligatoire, exprimant la nature idéale d'un être ou d'une fonction, la norme à laquelle  il se doit de conformer pour se réaliser.
4. Formule générale, non obligatoire, constative. (Comme une loi scientifique).

- CRIME (idem)
1. Tout manquement grave aux règles de morale admise par une société. (Moins grave, un tel acte est considéré comme une faute).
2. Acte qui est poursuivi au nom de la société entière, passible d'une peine inflictive ou infamante, non seulement correctionnelle.

En résumé: l'exercice du pouvoir judiciaire est dans les limites des Codes des lois votés par le représentants de la société tout entière. Si l'aspect moral n'en est pas exclu (ce qui est bien ou mal pour la société), le jugement ne se portera pas sur la moralité du crime, ni du criminel, mais sur le dommage occasionné à la société par ses actes.
Les circonstances atténuantes (ou aggravantes) sont précisées dans le Code et ne s'appliquent pas à tout acte criminel.
Si le Code ne le spécifie pas, les magistrats n'ont pas à prendre en considération ce qui aurait (ou pas...c'est assez aléatoire et hypothétique) poussé le criminel à commettre son acte.

Psychologiquement (longtemps avant le cher Professeur Freud), la société à tous les niveaux (familial, travail, justice, imposition par lÉtat....) a su que "encourager" un individu se fait efficacement par la carotte ou le bâton!

Justice et injustice : la justice n'est-elle pas injuste par essence ?

Si le Code ne le spécifie pas, les magistrats n'ont pas à prendre en considération ce qui aurait (ou pas...c'est assez aléatoire et hypothétique) poussé le criminel à commettre son acte.

La Justice est donc injuste dans ce sens qu'elle condamne un acte plutôt que de condamner un homme. Or la prise en compte de l'homme est essentiel pour comprendre l'acte et donc pour le condamner.
Autrement dit, que "le jugement ne se porte pas sur la moralité du crime, ni du criminel, mais sur le dommage occasionné à la société" pose bien le problème important de l'inégalité devant la loi.
Je ne suis bien sûr pas dupe et je sais déjà que nous sommes inégaux devant la justice ; cependant nous pointons ici une inégalité bien plus fondamentales que les considérations financières, d'éducations ou autres, c'est au fondement même de l'idée de justice que se porte mon interrogation. Ce que je demande c'est d'une part si la Justice, au sens profond du terme existe véritablement.
Et d'autre part si nous pouvons juger au sens stricte et absolu de ce terme. C'est à dire, si notre justice adoré n'est pas en réalité qu'un bricolage ne servant qu'à donner à la société un semblant de "justice" (justement ).

Justice et injustice : la justice n'est-elle pas injuste par essence ?

Le problème, Galain, c'est que tu joues sur l'équivoque du mot justice sans chercher à lever cette difficulté par l'explicitation (ce qui, au sens strict, te fait tourner le dos à la démarche philosophique).
Un seul remède : conceptualiser !
Justice = stricte application des lois positives (= lois instituées ici et maintenant) ?
Justice = idéal de répartition-rémunération-sanction selon une norme équitable (l'égalité ou le mérite) ?
Sens 2 est-il compatible avec sens 1 ? Sens 2 fournit-il un bon instrument de crtiique de la justice au sens 1?

Justice et injustice : la justice n'est-elle pas injuste par essence ?

Bonjour Galain,

J'ouvre un sujet pour vous poser mon problème et voir ce que vous en pensez..

J'ai lu attentivement, mais n'ai pas vu d'alternative et risque donc de me tromper beaucoup.
Je suppose que ce n'est pas un problème métaphysique et général, mais un problème personnel d'orientation professionnelle.

Mon grand-père était magistrat, enfant j'avais beaucoup discuté avec lui des affaires qu'il avait eues à connaitre comme procureur ou comme juge, de sa carrière, des incidents, et j'aurais écrit sa biographie si les héritiers de ses papiers m'en avaient laissé disposer assez longtemps. Mais, ayant vécu enfant dans la familiarité de ces problèmes, j'ai tout naturellement, retrouvé un monde qui m'était familier, et suis facilement devenu ami de plusieurs magistrats, car leur vie n'est pas de celles dont on parle, ils sont tenus à une obligation de réserve particulièrement stricte, et se sentent en climat de confiance quand on peut les comprendre à demi-mot.

En contrepartie, ils jugent, et, quoiqu'on puisse en dire et en penser, il s'agit du plein exercice d'un pouvoir réel, tout comme vous jugez vous-même, après avoir regardé par la fenêtre, si vous devez prendre votre parapluie ou pas. Il s'agit du verbe juger au plein sens du terme et non de la Justice au plein sens de l'outrecuidance. Il s'agt de de mettre là, y compris les pieds dans le plat pour rendre un jugement qu'on affirme juste, au sens de la justesse.
Quand à la Justice, dont il faut bien faire la part, les avocats se chargent de vous indiquer les ficelles qui vous permettront de raccorder votre jugement, soit à  l'article 1827 b 92, soit à l'article 48256 §13.
Il faut une certaine virtuosité pour raccorder le "dispositif" aux "attendus", mais il arrive si souvent qu'on soit bousculé (56 affaires en une après midi) qu'on s'occupe de l'essentiel (juger) et pas de la justification, qui viendra après, travail de secrétaires.

Ce n'est pas ce que les médias aboient, mais en dehors du mythe des juges qui appliquent la loi, les juges qui se lavent les pieds jugent. Je pense même que la plupart d'entre eux ont cet état d'esprit. Cela pose un problème à d'autres pouvoirs, et, pour ne pas faire de politique sur ce forum où c'est interdit, je prendrai un exemple très ancien. Quand on a supprimé les juges de paix, c'était au motif que 97% des affaires qui leur arrivaient entre les mains étaient réglées à l'amiable, d'où les pouvoirs publics avaient tiré la conclusion qu'ils étaent donc inutiles. On pourrait aussi supprimer les médecins au motif qu'ils guérissent les malades, ce qui est attentatoire à la suprématie de la Recherche.

Le bien ne fit pas de bruit et le bruit ne fait pas de bien.

Justice et injustice : la justice n'est-elle pas injuste par essence ?

Inutile de répondre à Galain. Il a démissionné.
Le jugement des juges n'en est pas vraiment un!
Ils sont contraints à respecter des précédents, des lois qu'ils n'ont pas toute liberté à réinterpréter et avec des considérations personnelles (leur carrière, leur promotion, bouger bien dans les cercles mondains....) en tête. La justice n'est pas équitable, ni aveugle....quoique....

Justice et injustice : la justice n'est-elle pas injuste par essence ?

Le Justice, par essence, est injuste car elle est déterminée les Hommes et plus précisément par une minorité. C'est assez vaste et délicat comme sujet car chaque personne, chaque pays à sa propre définition de ce que pourrais être la justice. Chaque société l'applique à sa façon celui ses us et coutumes et selon ses intérêts. Il est plus facile de punir la personne qui est passée à l'acte que de remonter à la source, car beaucoup de personnes seraient concernées...La Justice à toujours eu un gros poil dans la main...