41 (Modifié par mikomasr 04/04/2019 à 00:29)

Traduction, interprétation ISIT / ESIT

Si tu es absolument certain de ta vocation, alors il faut revisiter la séquence de ton raisonnement.
Le but, quand on veut devenir interprète, c'est de travailler suffisamment une fois le diplôme en poche. Or le diplôme ne fait pas tout, ce sont aussi (surtout ?) les langues que tu proposes qui vont déterminer tes chances de recrutement.
En partant de là, il faut savoir que certaines combinaisons de langues sont très recherchées, d'autres pas du tout, et que les besoins varient d'une région à l'autre. Par exemple l'allemand te sera sans doute très utile à Bruxelles (pour les institutions européennes), moyennement utile à Genève (ONU), totalement inutile à Paris ou en Amérique. En clair : il faut déjà que tu aies une idée du marché que tu vises, et de l'endroit où tu comptes travailler (et donc, a priori, passer pas mal de temps).
Une fois que tu auras déterminé ça, il sera judicieux de choisir ton école. L'ESIT est très cotée et reconnue partout dans le monde, mais en général quand on vient d'obtenir son diplôme et qu'on débute, on obtient ses premiers contrats grâce aux anciens profs de l'école et par le bouche à oreille. Donc s'il est évident que l'ESIT et l'ISIT sont le choix optimal si l'on souhaite s'établir à Paris, ce n'est pas forcément le cas si on veut travailler pour l'ONU à Genève (où la FTI serait un bien meilleur choix, puisque beaucoup de chefs interprètes et de recruteurs genevois sont issus de la FTI). D'ailleurs, plusieurs écoles belges sont aussi excellentes, et leurs diplômés russisants se retrouvent très vite à l'ONU, presque dès la sortie de l'école.

Systématiquement, les jeunes qui s'intéressent à l'interprétation aspirent à intégrer l'ESIT parce que "c'est la meilleure école". Elle est très reconnue certes, et c'est une excellente carte de visite, mais c'est une école extrêmement exigeante, qui ne pardonne pas, où le taux d'échec est très élevé (la plupart redoublent leur deuxième année, certains y passent 4 ans au lieu des deux années de master prévues sans obtenir leur diplôme, donc sans rien). Au lieu d'aller s'y casser les dents pour des avantages somme toute très relatifs quand on ne veut pas travailler à Paris par la suite, il vaut mieux s'intéresser d'abord aux autres écoles présentes sur les marchés qui attirent a priori l'étudiant.

Désolé ça ne répond pas directement aux questions que tu posais, mais je pense que c'est important à prendre en compte.
Concernant les cursus : LLCE, je ne conseille pas. En tant qu'interprète tu seras amené à parler de tout sauf de littérature.

Les domaines : encore une fois ils varient selon ton lieu d'exercice. À Paris c'est du marché privé donc ça peut être absolument tout et n'importe quoi, de l'automobile aux produits cosmétiques en passant par le nucléaire, les jeux vidéos, les syndicats,la médecine, les conseils d'administration... mais (presque) tout se fait en bilingue français-anglais, il te faudra donc un anglais B (niveau quasi-maternel) et tu n'utiliserais jamais ni ton espagnol, ni ton allemand (à moins d'être recruté par Bruxelles de temps en temps, mais pas sûr qu'ils le fassent encore). À l'ONU de Genève ou de New York les domaines à assez bien connaître (sans non plus nécessairement être un expert) sont le droit (surtout pénal), les finances, un peu de compta et un peu d'éco. À l'ONU c'est le russe qui est le plus recherché, on peut s'en sortir avec l'anglais et l'espagnol mais l'offre est supérieure à la demande, avec ces seules langues.

Pour ma part j'ai fait LEA, ce qui m'a permis de toucher un peu à tout et d'avoir assez de temps libre pour bosser mes langues tout seul afin d'atteindre le niveau requis.