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Pascal, Pensées, 127, Divertissement - La dignité royale n'est-elle pas assez grande...

Bonjour,

Voilà un canevas possible qui pourrait t'aider sur une question portant sur l'objet d'étude argumentation :

I_ Le roi, un homme comme les autres?
1) une situation enviable
2) pourtant le roi est d'abord un homme avant d'être un roi
3) et comme tout homme, il a peur de se retrouver seul avec lui-même.

II_La royauté, un service plus périlleux que les autres pour l'âme
1) Le divertissement est indigne d'un roi
2) critique des courtisans
3) ce qui est dangereux pour un roi, l'est encore plus pour un roi chrétien

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Pascal, Pensées, 127, Divertissement - La dignité royale n'est-elle pas assez grande...

Tu pourrais également faire un élargissement sur l'oeuvre de Gionot, Un roi sans divertissement comme échappatoire au cas ou il te resterait du temps disponibles ...

Je pense que le plan de Jean Luc n'est pas si mal sauf peut être la dernière partie quand tu parle du Roi chrétien car, Pascal étant Jansénistes il possède un rapport étroit avec Dieu serait ce de ca que tu voulais parler ? car je n'ai pas trop compris le sens de "surtout pour un roi chrétien"

Nansouuu.

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Pascal, Pensées, 127, Divertissement - La dignité royale n'est-elle pas assez grande...

Pascal, Pensées - Fragment 127. Divertissement.

Divertissement.
La dignité royale n'est-elle pas assez grande d'elle-même pour celui qui la possède pour le rendre heureux par la seule vue de ce qu'il est? Faudra-t-il le divertir de cette pensée comme les gens du commun? Je vois bien que c'est rendre un homme heureux de le divertir de la vue de ses misères domestiques pour remplir toute sa pensée du soin de bien danser, mais en sera-t-il de même d'un roi et sera-t-il plus heureux en s'attachant à ces vains amusements qu'à la vue de sa grandeur? Et quel objet plus satisfaisant pourrait-on donner à son esprit? Ne serait-ce donc pas faire tort à sa joie d'occuper son âme à penser à ajuster ses pas à la cadence d'un air ou à placer adroitement une barre, au lieu de le laisser jouir en repos de la contemplation de la gloire majestueuse qui l'environne? Qu'on en fasse l'épreuve, qu'on laisse un roi tout seul sans aucune satisfaction des sens, sans aucun soin dans l'esprit, sans compagnies, penser à lui tout à loisir, et l'on verra qu'un roi sans divertissement est un homme plein de misères. Aussi on évite cela soigneusement et il ne manque jamais d'y avoir auprès des personnes des rois un grand nombre de gens qui veillent à faire succéder le divertissement à leurs affaires et qui observent tout le temps de leur loisir pour leur fournir des plaisirs et des jeux en sorte qu'il n'y ait point de vide. C'est-à-dire qu'ils sont environnés de personnes qui ont un soin merveilleux de prendre garde que le roi ne soit seul et en état de penser à soi, sachant bien qu'il sera misérable, tout roi qu'il est, s'il y pense.
Je ne parle point en tout cela des rois chrétiens comme chrétiens, mais seulement comme rois.

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Pascal, Pensées, 127, Divertissement - La dignité royale n'est-elle pas assez grande...

Bonjour ! J'ai également ce texte à commenter... Je me suis légèrement appuyée sur le plan ci-dessus, en tentant de reclasser certaines informations dans mon plan. Cependant, je n'arrive pas à comprendre ce que l'on pourrait dire dans le II C "ce qui est dangereux pour un roi, l'est encore plus pour un roi chrétien"...

Ensuite, je suis vraiment à cours d'idée pour ma conclusion. J'ai pu voir que l'oeuvre 'Un roi sans divertissement' de J. Giono s'appuyait particulièrement sur celle de Pascal mais ne l'ayant pas lu, je ne sais pas comment développer cette idée...

Si vous pouviez m'éclairer... 
Merci d'avance.

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Pascal, Pensées, 127, Divertissement - La dignité royale n'est-elle pas assez grande...

Bonsoir Tropico,

Le II,c est difficile à exploiter parce qu'il est implicite dans la pensée de Pascal.
Un roi a mille occasions de se divertir.
Le roi chrétien serait plus coupable que le roi païen en ce qu'il est chrétien et qu'il devrait donc considérer les fins dernières, celles qui sont situées au-delà de la mort. Mais comme roi chrétien, il devrait aussi savoir que le divertissement est indigne de son service de roi, représentant de Dieu sur terre. Pascal critique indirectement le pouvoir royal qui a oublié les devoirs d'une monarchie de droit divin.
On peut penser que Pascal utilise dans la dernière phrase une forme de la prétérition pour atténuer la virulence du propos.

Je ne te conseille pas d'élargir sur l'oeuvre de Giono qui interprète de manière très personnelle ce passage de Pascal en tirant le divertissement vers un remède à l'ennui. Peut-être peux-tu rapprocher Pascal de La Bruyère dans "De la cour", mais en remarquant que la critique de Pascal est plus profonde ou plus fondamentale.

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Pascal, Pensées, 127, Divertissement - La dignité royale n'est-elle pas assez grande...

Merci pour cette explication.
Je vais tenter d'établir un lien avec La Bruyère dans la conclusion en me documentant un peu ce soir...