La valeur des verbes habituer, oublier au passé simple

Salut a tous les litteraires 

Aidez moi svp dans ces deux phrases:

Puis je dire :

Exemple 1:

" peu apres le pere oublia (avait oublie) le sujet, et recommenca ( se mit a) a faire le con."

(recommenca a ) me semble bizarre, que dites vous.

Si vous recommendez (avait oublie) pouvez vous me dire pourquoi le passe simple n'est pas tres correcte ici.

- 2- Un autre exemple :


"Il est attache a ce monde, Sakura l'habitua  a aimer tout ces gens....."


"Il est  attache a ce monde, Sakura  l'avait habitue a aimer tout ces gens....."

Le passe simple avec la valeur du verbe habituer, est il correcte, si non pourquoi?

Merci pour votre aide extremement precieux.

NB: (desolee je n'ai pas des accents sur mon clavier) 

La valeur des verbes habituer, oublier au passé simple

Bonsoir, Elissa.

Pour ton premier exemple... Le passé simple pour les deux verbes me semble très correct. Tu veux sûrement exprimer que le moment où le père recommence se produit au moment même de l'oubli. Tu mets donc les deux verbes au même temps. Et tu remplaces "recommença à" qui sonne mal par "se remit à".. C'est la solution la plus simple.

" Peu après,  le père oublia le sujet et se remit à faire le con."


Pour ton deuxième exemple, le passé simple convient mal. Il exprime une action passée, mais vraiment coupée du présent.
Il vaut  mieux que tu emploies ici le passé composé.

"Il est attaché à ce monde, Sakura l'a habitué à aimer tous ces gens..."

Le passé composé, en effet, exprime mieux une action  passée (il l'a habitué) qui a encore des résultats visibles (il est attaché à ce monde) au moment où on parle.

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La valeur des verbes habituer, oublier au passé simple

Bonjour Elissa,

Puis-je rappeler quelques banalités sur le passé-simple?

a) Temps du récit (pas du discours: *Tiens! hier, nous allâmes à la piscine...  est non pas incorrect, mais irrecevable, sauf parodie)

b) qui exprime une action achevée ("parfaite",  par opposition à l'im-parfait)...

c) bornée, bien délimitée, dont on suppose le début et la fin précis et connus...

d)  et reliée, attachée, enchaînée à d'autres actions passées.

Il se leva, marcha d'un côté à l'autre, sortit, aperçut une boulangerie, acheta des croissants et les avala malproprement.

Si vous transposez l'ex.précédent au passé-composé, on a l'impression que rien ne relie une action à l'autre, d'une juxtaposition sans rapport cause/conséquence.

Dans les deux exemples que vous proposez,
1°) "le père oublia (d'un seul coup, subitement) le sujet et recommença ses fantaisies/galéjades"     
N.B.  recommença à... doit être évité à cause de l'hiatus (rencontre cacophonique de 2 voyelles)

2°) "Sakura l'habitua...."  C' a pu durer un certain temps, même un long temps:  le passé-simple n'exprime pas la brièveté, mais les limites de l'action.
(La Nième glaciation dura 40 000 ans)

Le passé-simple rend le récit vivant et "frais" comme un chaton qui joue.

Vais-je oser vous parler du + que-parfait?...

Parfait... et même Bien plus que parfait... si c'est possible!
Accompli, achevé, parachevé, suraccompli.... sans rien qui déborde ou qui se poursuive sur le passé récent et a fortiori sur le présent.

J'ai envie de vous conter une belle histoire.

Monsieur LUi et Madame ELLE ont environ 40 ans...  Ils se croisent et se reconnaissent par hasard, après 20 ans de séparation.  Jadis, jeunes, ils connurent l'amour.
Maintenant, ils connaissent bien les conjugaisons et les temps...
Ils vont boire un café, avec émotion.
M. LUI dit:" Tu sais, jadis, je t'AI AIMEE..." (Il l'aime pt-être encore...)
Mme ELLE répond:" Tu sais, moi aussi, je t'AVAIS AIME autrefois."
(C'est définitivement terminé... et ne risque pas de se reproduire dans le présent.  Non mais!)
Alors, M.LUI essuya une larme, paya et sortit s'enfoncer dans la nuit...


PASSE-SIMPLE  ET P-Q-P sont tous deux corrects... mais vous exprimez deux énoncés fort différents.

Le P-Q-P a l'élégance discrète et raffinée d'un cadavre de baleine qui pourrit sur une plage d'Afrique chauffée à blanc par le soleil de "Midi-le-Juste":
"Le père avait oublié (crétinerie? alcolisme? maladie d'Alzheimer) le sujet  (= irrécupérable, l'ancêtre; gâteux jusqu'au bulbe rachidien) et avait recommencé ses loufoqueries  (= et ça continue encore et encore...) "   Alors, votre PQP lourdaud, mettez-le partout! 
Vous créez aussi de cette manière une distance entre vous (le locuteur) et le propos que vous tenez.

Vous dirais-je que j'aime ces chatons sautilleurs et gambadants que sont les passés-simples?...
Et, quand vous demandez à des élèves, même en 4° ou en 3°, un récit au présent, SANS AUCUN PASSE-SIMPLE, presque tous, dès le 2° ou 3°§ reviennent le plus naturellement du monde au passé-simple.

"Et quand les policiers eurent forcé la porte de l'appartement d'où provenait ce capharnaüm, ils entrèrent et virent, médusés, une vénérable grand-mère avec double sonotone qui s'efforçait de remuer en rythme sur un air de disco qu'elle avait mis à puissance maximale.
Elle ne les vit même pas; ils en rirent d'abord..."

AIMEZ LE PASSE-SIMPLE!  CARESSEZ-LE!  GRATTEZ-LUI LA NUQUE AVEC AMOUR....  NE LE MASSACREZ PAS!

Cordialement   (un prof de lettres en arrêt-maladie... et en manque!)

La valeur des verbes habituer, oublier au passé simple

Bonsoir,  Aulignyetram.

Tous les temps sont nécessaires à  l'expression. On est libre d'en préférer à d'autres. Mais ils ont tous leurs qualités et leurs défauts, qui varient grandement, pour un même temps,  selon le contexte.

J'aime bien le passé simple, moi aussi. Et sans trait d'union, il est même encore plus simple...

Mon oreille aime bien le passé simple. Les terminaisons en -îmes, -ûtes, -âmes et autres -èrent sont une mine de trouvailles pour les rimeurs (de mirliton ou pas).

"Il se leva, marcha d'un côté à l'autre, sortit, aperçut une boulangerie, acheta des croissants et les avala malproprement."

A mon avis, le rapport cause-conséquence  ici n'est pas tellement exprimé par le passé simple, mais par le simple sens des verbes... La preuve:

"Il se leva, se rassit, se releva, sortit, revint, poussa le cri de la chouette, ressortit, entra dans la boulangerie et demanda une escalope."  L'enchaînement fluide et logique des actions, malgré le passé simple, ne laisse-t-il pas à désirer ? N'est-ce pas un peu plus saccadé ?

Quant à raccourcir forcément la distance entre le locuteur et le propos qu'il tient... ça se discute. Comparez:

"Christophe Colomb découvrit l'Amérique." Les caresses du chaton sautillant ne sont pas évidentes.

"Eh oui... Christophe Colomb avait découvert l'Amérique ! " Ce lourdaud de PQP me semble ici à la fois plus vivant, plus proche et plus nostalgique que votre chouchou de passé simple... Non ?

Mais tout ceci, n'est-ce pas, est très subjectif.

La valeur des verbes habituer, oublier au passé simple

aulignyetram a écrit :

"Et quand les policiers eurent forcé la porte de l'appartement d'où provenait ce capharnaüm, ils entrèrent et virent, médusés, une vénérable grand-mère avec double sonotone qui s'efforçait de remuer en rythme sur un air de disco qu'elle avait mis à puissance maximale.
Elle ne les vit même pas; ils en rirent d'abord..."

Sonotone: marque déposée d'un appareil audutif. Publicité suroise?
Je conçois la mise en puissance maximale d'un appareil, mais celle d'un air m'échappe.

Qui a écrit cette petite histoire?
Elle me semble moins drôle, moins pédagogique que celle de M. LUi et Mme ELLE.

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La valeur des verbes habituer, oublier au passé simple

Bonjour, JSC,

"Oui, ce conte est peu drôle et le sens ambigu."  (alex. "racinien"?)
C'est un extrait de copie de 4° des années 95 (1995...), othographe d'origine non restituée...

L'histoire de M. LUI et de Mme ELLE, mise en forme par mes soins, m'a été inspirée par feu le Père Michel Geschwind, Eudiste, à St Jean de Béthune - Versailles

Bonjour, Jehan,

Merci de votre analyse pertinente.

Quant aux actions qui paraissent liées entre elles avec le passé simple, je m'étais mal exprimé;  elles ne sont pas dans un rapport cause/conséquence naturellement (et cet adverbe n'est pas déplaçable, sauf à en faire un adverbe de phrase), mais avec le passé simple, elles paraissent enchaînées, liées, comme si elles étaient mues par un courant, un ordre, un mouvement intérieur.

Tandis que la même suite d'actions au passé composé donne une impression de disparate, de juxtaposition sans cohérence interne; confer "L'Etranger", d'A.C., entièrement au passé composé, où le personnage agit comme extérieur à lui-même, comme un écho (pardon pour le calembour) au Narcisse, de Louis Lavelle.

Bien évidemment, avec mes expressions colorées, je voulais affirmer d'abord la primauté de la jubilation, du plaisir des mots et des sons, de la jouissance du texte (obsédé textuel...) précédant toute analyse.
Combien de chères têtes multicolores, boutonneuses et ignorantes fredonnaient après moi:
"La fille de Minos et de Pasiphaé" ...
retrouvant presque l'air de "La fille de Jacob avait des bas de soie",
le pastichant ensuite avec les noms de leurs parents, tout joyeux [tant pis pour la syllepse!] des alexandrins parfois heureux qu'ils avaient créés!...
ou bien:
"Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie" ...
sur des rythmes de rock, puis de rap...

qui ignoraient tant Minos que le golfe de Naples! mais qui jouissaient des mots.

Les manuels (certes pas spirituels!) scolaires explosent de jarconneries... qui sont comme chacun sait le langage du jars!
Pédantisme rébarbatif et fat qui assomme et dépouille les textes de leur beauté!

Quand des 16 ans pas toujours policés, sur les vers suivants d'Athalie:
"Ce Dieu, depuis longtemps votre unique refuge,
Que deviendra l'effet de ses prédictions?"
réagissent ainsi:
"C'est pas correct sa phrase./ Elle ne sait pas le français, Athalie (avec accent pied-noir)/  Qu'est-ce que ça percute!/etc.",
alors le plaisir du texte les conduira vers l'oeuvre.

Savoir "anacoluthe" est de mince intérêt.

Retour au passé simple:
Il glissa, perdit l'équilibre, fit des moulinets vains, tomba, geignit, hurla (j'ai mis ça!) et mourut.  Je le sais, nous le vîmes!

La valeur des verbes habituer, oublier au passé simple

Bonjour Aulignyetram j'ai du mal a prononcer ce pseudo )

Un tres grand merci pour toi grand prof de lettres, je te souhaite un prompt retablissement, mais sans nous  priver de tes commentaires ici.

J'ai beaucoup aime ta reponse mais j'ai quelques questions si tu permets:


aulignyetram a écrit :

Bonjour Elissa,

Puis-je rappeler quelques banalités sur le passé-simple?

a) Temps du récit (pas du discours: *Tiens! hier, nous allâmes à la piscine...  est non pas incorrect, mais irrecevable, sauf parodie)

b) qui exprime une action achevée ("parfaite",  par opposition à l'im-parfait)...

c) bornée, bien délimitée, dont on suppose le début et la fin précis et connus...


d)  et reliée, attachée, enchaînée à d'autres actions passées.

Il se leva, marcha d'un côté à l'autre, sortit, aperçut une boulangerie, acheta des croissants et les avala malproprement.

Si vous transposez l'ex.précédent au passé-composé, on a l'impression que rien ne relie une action à l'autre, d'une juxtaposition sans rapport cause/conséquence.

Dans les deux exemples que vous proposez,
1°) "le père oublia (d'un seul coup, subitement) le sujet et recommença ses fantaisies/galéjades"     
N.B.  recommença à... doit être évité à cause de l'hiatus (rencontre cacophonique de 2 voyelles)


Pourtant on dit bien : " demanda a, habitua a, ...."


2°) "Sakura l'habitua...."  C' a pu durer un certain temps, même un long temps:  le passé-simple n'exprime pas la brièveté, mais les limites de l'action.
(La Nième glaciation dura 40 000 ans)

Donc est ce correcte le passe simple ici? pourtant l'action d'habituer n'a pas de limite claire de debut et de fin?


Le passé-simple rend le récit vivant et "frais" comme un chaton qui joue.

Vais-je oser vous parler du + que-parfait?...

Parfait... et même Bien plus que parfait... si c'est possible!
Accompli, achevé, parachevé, suraccompli.... sans rien qui déborde ou qui se poursuive sur le passé récent et a fortiori sur le présent.

J'ai envie de vous conter une belle histoire.

Monsieur LUi et Madame ELLE ont environ 40 ans...  Ils se croisent et se reconnaissent par hasard, après 20 ans de séparation.  Jadis, jeunes, ils connurent l'amour.
Maintenant, ils connaissent bien les conjugaisons et les temps...
Ils vont boire un café, avec émotion.
M. LUI dit:" Tu sais, jadis, je t'AI AIMEE..." (Il l'aime pt-être encore...)
Mme ELLE répond:" Tu sais, moi aussi, je t'AVAIS AIME autrefois."
(C'est définitivement terminé... et ne risque pas de se reproduire dans le présent.  Non mais!)
Alors, M.LUI essuya une larme, paya et sortit s'enfoncer dans la nuit...


PASSE-SIMPLE  ET P-Q-P sont tous deux corrects... mais vous exprimez deux énoncés fort différents.

Le P-Q-P a l'élégance discrète et raffinée d'un cadavre de baleine qui pourrit sur une plage d'Afrique chauffée à blanc par le soleil de "Midi-le-Juste":
"Le père avait oublié (crétinerie? alcolisme? maladie d'Alzheimer) le sujet  (= irrécupérable, l'ancêtre; gâteux jusqu'au bulbe rachidien)

Mais en employant le passe simple:
1-peut on dire que l'action d'oublier a un debut et une fin (borne)?

2-Peut on oublier tout d'un coup , soudainement comme tu le dis plus haut?


et avait recommencé ses loufoqueries  (= et ça continue encore et encore...) " 

Excuse moi , je suis confuse ici:

J'ai du comprendre plus haut de l'histoire de M LUI et Mme ELLE, que le PQP, une action terminee dans le passe, ne risque pas de se reproduire, donc n'existe pas ici une contradiction de valeur ou de sens avec le verbe recommencer , que tu expliques par (= et ça continue encore et encore...).

Le passe simple n'est il pas le seul correct ici?

Alors, votre PQP lourdaud ,mettez-le partout!




Vous créez aussi de cette manière une distance entre vous (le locuteur) et le propos que vous tenez.

Vous dirais-je que j'aime ces chatons sautilleurs et gambadants que sont les passés-simples?...
Et, quand vous demandez à des élèves, même en 4° ou en 3°, un récit au présent, SANS AUCUN PASSE-SIMPLE, presque tous, dès le 2° ou 3°§ reviennent le plus naturellement du monde au passé-simple.

"Et quand les policiers eurent forcé la porte de l'appartement d'où provenait ce capharnaüm, ils entrèrent et virent, médusés, une vénérable grand-mère avec double sonotone qui s'efforçait de remuer en rythme sur un air de disco qu'elle avait mis à puissance maximale.
Elle ne les vit même pas; ils en rirent d'abord..."

AIMEZ LE PASSE-SIMPLE!  CARESSEZ-LE!  GRATTEZ-LUI LA NUQUE AVEC AMOUR....  NE LE MASSACREZ PAS!

Cordialement   (un prof de lettres en arrêt-maladie... et en manque!)

Jehan a écrit :

Bonsoir, Elissa.

Pour ton premier exemple... Le passé simple pour les deux verbes me semble très correct. Tu veux sûrement exprimer que le moment où le père recommence se produit au moment même de l'oubli. Tu mets donc les deux verbes au même temps. Et tu remplaces "recommença à" qui sonne mal par "se remit à".. C'est la solution la plus simple.

" Peu après,  le père oublia le sujet et se remit à faire le con."


Pour ton deuxième exemple, le passé simple convient mal. Il exprime une action passée, mais vraiment coupée du présent.
Il vaut  mieux que tu emploies ici le passé composé.

"Il est attaché à ce monde, Sakura l'a habitué à aimer tous ces gens..."

Le passé composé, en effet, exprime mieux une action  passée (il l'a habitué) qui a encore des résultats visibles (il est attaché à ce monde) au moment où on parle.

Merci Jehan pour cette reponse claire,
1-mais que represente alors le PQP dans :
Il est attache a ce monde, Sakura l'avait habitue a aimer tous ces gens.


2- Le verbe oublie au passe simple:
peut on delimiter un debut et une fin pour l'action d'oublier?

Mille merci

La valeur des verbes habituer, oublier au passé simple

Bonjour, Elissa.

Pour ta première remarque:

"Il est attaché à ce monde, Sakura l'a habitué à aimer tous ces gens..."

Dans cette phrase, puisque le  premier verbe est au présent, le second est au passé composé, qui évoque un moment passé vu depuis le présent.

Si le premier verbe avait été à l'imparfait, j'aurais employé le plus-que-parfait pour le second verbe. Car le plus-que-parfait évoque un moment passé antérieur à un autre moment passé.

"Il était attaché à ce monde, Sakura l'avait habitué à aimer tous ces gens..."

En somme, ici,  présent + passé composé, ou imparfait + plus-que-parfait, mais pas présent + plus-que-parfait...

Pour ta deuxième remarque (Peut-on délimiter  un début et une fin  pour l'action d'oublier ? ) Bien entendu: un oubli peut être soudain... et il n'est pas forcément définitif. Heureusement !

La valeur des verbes habituer, oublier au passé simple

Merci Jehan de tout mon coeur
c'est tres clair.
Merci
a plus