Flaubert, Madame Bovary, I, 1 - Naturellement, par nonchalance, il en vint à se délier de toutes...

Bonjour,
après avoir usé mes pagaies à tant ramer je viens quémander un peu d'aide...
J'ai un commentaire composé à faire sur cet extrait de Madame Bovary:

Naturellement, par nonchalance, il en vint à se délier de toutes les résolutions qu'il s'était faites. Une fois, il manqua la visite, le lendemain son cours, et, savourant la paresse, peu à peu, n'y retourna plus.
Il prit l'habitude du cabaret, avec la passion des dominos. S'enfermer chaque soir dans un sale appartement public, pour y taper sur des tables de marbre de petits os de mouton marqués de points noirs, lui semblait un acte précieux de sa liberté, qui le rehaussait d'estime vis-à-vis de lui-même. C'était comme l'initiation au monde, l'accès des plaisirs défendus; et, en entrant, il posait la main sur le bouton de la porte avec une joie presque sensuelle. Alors, beaucoup de choses comprimées en lui, se dilatèrent; il apprit par coeur des couplets qu'il chantait aux bienvenues, s'enthousiasma pour Béranger, sut faire du punch et connut enfin l'amour.
Grâce à ces travaux préparatoires, il échoua complètement à son examen d'officier de santé. On l'attendait le soir même à la maison pour fêter son succès!
Il partit à pied et s'arrêta vers l'entrée du village, où il fit demander sa mère, lui conta tout. Elle l'excusa, rejetant l'échec sur l'injustice des examinateurs, et le raffermit un peu, se chargeant d'arranger les choses. Cinq ans plus tard seulement, M. Bovary connut la vérité; elle était vieille, il l'accepta, ne pouvant d'ailleurs supposer qu'un homme issu de lui fût un sot.
Charles se remit donc au travail et prépara sans discontinuer les matières de son examen, dont il apprit d'avance toutes les questions par coeur. Il fut reçu avec une assez bonne note. Quel beau jour pour sa mère! On donna un grand dîner.
Où irait-il exercer son art? A Tostes. Il n'y avait là qu'un vieux médecin. Depuis longtemps madame Bovary guettait sa mort, et le bonhomme n'avait point encore plié bagage, que Charles était installé en face, comme son successeur.
Mais ce n'était pas tout que d'avoir élevé son fils, de lui avoir fait apprendre la médecine et découvert Tostes pour l'exercer: il lui fallait une femme. Elle lui en trouva une: la veuve d'un huissier de Dieppe, qui avait quarante-cinq ans et douze cents livres de rente.
Quoiqu'elle fût laide, sèche comme un cotret, et bourgeonnée comme un printemps, certes madame Dubuc ne manquait pas de partis à choisir. Pour arriver a ses fins, la mère Bovary fut obligée de les évincer tous, et elle déjoua même fort habilement les intrigues d'un charcutier qui était soutenu par les prêtres.
Charles avait entrevu dans le mariage l'avènement d'une condition meilleure, imaginant qu'il serait plus libre et pourrait disposer de sa personne et de son argent. Mais sa femme fut le maître; il devait devant le monde dire ceci, ne pas dire cela, faire maigre tous les vendredis, s'habiller comme elle l'entendait, harceler par son ordre les clients qui ne payaient pas. Elle décachetait ses lettres, épiait ses démarches, et l'écoutait, à travers la cloison, donner ses consultations dans son cabinet, quand il y avait des femmes.
Il lui fallait son chocolat tous les matins, des égards à n'en plus finir. Elle se plaignait sans cesse de ses nerfs, de sa poitrine, de ses humeurs. Le bruit des pas lui faisait mal; on s'en allait, la solitude lui devenait odieuse; revenait-on près d'elle, c'était pour la voir mourir, sans doute. Le soir, quand Charles rentrait, elle sortait de dessous ses draps ses longs bras maigres, les lui passait autour du cou, et, l'ayant fait asseoir au bord du lit, se mettait à lui parler de ses chagrins: il l'oubliait, il en aimait une autre! On lui avait bien dit qu'elle serait malheureuse; et elle finissait en lui demandant quelque sirop pour sa santé et un peu plus d'amour.

Voici mon intro provisoire:
Gustave Flaubert, écrivain du XIXe siècle (1821 ; 1880), travailla pendant 5 ans sur son livre « Madame Bovary : mœurs de province » avant que celui-ci ne soit publié en 1957. Cette première publication sous forme de feuilleton dans un magazine entraîne un jugement au tribunal pour « outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes mœurs ». L’auteur sera acquitté et s’ensuivra un réel succès pour l’ouvrage.
La trame de l’histoire est tiré d’un fait réel qui défraya les chroniques de l’époque. Flaubert reprit les mêmes événements : les études médiocres, l’adultère, l’endettement, le suicide, qui sont transposés et adaptés au roman. Ce dernier est dédié au personnage d’Emma Bovary, la deuxième épouse de Charles Bovary, personnage duquel sert de fil conducteur à l’histoire. Le roman est divisé en trois parties. Le texte que nous allons étudier se situe dans la première : l’incipit, qui commence par la présentation du personnage de Charles Bovary, le début de sa vie, trompant ainsi dans un premier temps l’attente du lecteur par rapport au titre, et introduit ensuite le personnage d’Emma. Dans cet extrait Charles n’a pas encore rencontré Emma. Il échoue à son examen pour devenir médecin et ne réussit qu’à passer celui d’officier de santé qui lui permettra néanmoins d’exercer la médecine et il épouse en première noce  la veuve Dubuc, plus âgée que lui, une femme choisit par sa mère pour sa dot.
Nous verrons comment l’auteur dévalorise son personnage masculin dans le cadre familial et scolaire mais aussi quelle image il donne de la femme.



J'ai trouvé plusieurs choses à dire:
-la faiblesse de caractère de Charles:
      son manque de motivation pour les études d'où échec.
     
-le portrait négatif de la mère accaparante
-Le portrait négatif de la femme despotique:
      laideur physique

Je parle aussi du style indirect libre utilisé par l'auteur.

Ma principale difficulté est de trouver lors de la lecture les points sur lesquels m'appuyer pour etayer tout ça, comme des figures de styles par exemple. Hormis une allitération en s, je ne fais qu'utiliser des citations.
Je n'arrive pas non plus à ordonner tout ça en plan afin que le commentaire soit harmonieux et logique.
Enfin bref, je rame
J'espère que quelqu'un pourra m'aider.
Merci d'avance.

Flaubert, Madame Bovary, I, 1 - Naturellement, par nonchalance, il en vint à se délier de toutes...

bonjour,
je suis un peu déçue que personne n'ai pu m'apporter de l'aide sur le sujet. Mme Bovary n'interesse plus?
Tant pis pour moi...


Bonjour,
même pas un p'tit axe ou un thème?
Siouplait...

Flaubert, Madame Bovary, I, 1 - Naturellement, par nonchalance, il en vint à se délier de toutes...

Intro beaucoup trop longue ! tu n'as pas besoin de faire une tartine sur les cinq ans passés à rédiger son roman, dans le cadre du commentaire ça n'intéresse personne ; ni le procès, ni le fait que ce soit tiré d'un faits-divers etc, c'est complètement HS ; tu n'écris pas une dissert sur “autour de Madame Bovary”
Pour un commentaire, situer rapidement l'auteur, son mouvement littéraire, et situer l'extrait dans le roman. Pas besoin non plus de décrire l'incipit puisque ce n'est pas ce passage que tu as à commenter : encore du HS



J'ai trouvé plusieurs choses à dire:
-la faiblesse de caractère de Charles:
      son manque de motivation pour les études d'où échec.
     
-le portrait négatif de la mère accaparante
-Le portrait négatif de la femme despotique:
      laideur physique

Oui c'est juste

Je parle aussi du style indirect libre utilisé par l'auteur : oui

Ma principale difficulté est de trouver lors de la lecture les points sur lesquels m'appuyer pour etayer tout ça, comme des figures de styles par exemple. Hormis une allitération en s, je ne fais qu'utiliser des citations.
Je n'arrive pas non plus à ordonner tout ça en plan afin que le commentaire soit harmonieux et logique.

Pour les problèmes de plan, je te suggère de regarder les Fiches de méthode de ce site sur le commentaire, ainsi que le site Magister

Flaubert, Madame Bovary, I, 1 - Naturellement, par nonchalance, il en vint à se délier de toutes...

Bonjour Poupy,

Tu as écrit :
-la faiblesse de caractère de Charles:
      son manque de motivation pour les études d'où échec.

C'est plus qu'un manque de motivation, c'est un manque de capacité ; relève toute l'ironie du narrateur :

Grâce à ces travaux préparatoires, il échoua complètement à son examen d'officier de santé. On l'attendait le soir même à la maison pour fêter son succès!
[…] Charles se remit donc au travail et prépara sans discontinuer les matières de son examen, dont il apprit d'avance toutes les questions par coeur. Il fut reçu avec une assez bonne note.

Tu peux retrouver cette ironie dans d'autres passages, appuie-toi sur la modalisation , tu ne dois pas la passer sous silence.

Muriel

Flaubert, Madame Bovary, I, 1 - Naturellement, par nonchalance, il en vint à se délier de toutes...

Naturellement, par nonchalance, il en vint à se délier de toutes les résolutions qu'il s'était faites. *Une fois, il manqua la visite, le lendemain son cours, et, savourant la paresse, peu à peu, n'y retourna plus.
Il prit l'habitude du cabaret, avec la passion des dominos. S'enfermer chaque soir dans un sale appartement public, pour y taper sur des tables de marbre de petits os de mouton marqués de points noirs, lui semblait un **acte précieux de sa liberté, qui le ***rehaussait d'estime vis-à-vis de lui-même. C'était comme l'initiation au monde, l'accès des plaisirs défendus; et, en entrant, il posait la main sur le bouton de la porte avec une joie presque sensuelle. Alors, beaucoup de choses comprimées en lui, se dilatèrent; **il apprit par coeur des couplets qu'il chantait aux bienvenues, ****s'enthousiasma pour Béranger, sut faire du punch et connut enfin l'amour.
Grâce à ces travaux préparatoires, il échoua complètement à son examen d'officier de santé. On l'attendait le soir même à la maison pour fêter son succès!
Il partit à pied et s'arrêta vers l'entrée du village, où il fit demander sa mère, lui conta tout. Elle l'excusa, rejetant l'échec sur *****l'injustice des examinateurs, et le raffermit un peu, se chargeant d'arranger les choses. Cinq ans plus tard seulement, M. Bovary connut la vérité; elle était vieille, il l'accepta, ne pouvant d'ailleurs supposer qu'un homme issu de lui fût un sot.
Charles se remit donc au travail et prépara sans discontinuer les matières de son examen, dont il apprit d'avance toutes les questions par coeur. Il fut reçu avec une assez bonne note. Quel beau jour pour sa mère! On donna un grand dîner.
Où irait-il exercer ***son art? A Tostes. Il n'y avait là qu'un vieux médecin. Depuis longtemps madame Bovary guettait sa mort, et le bonhomme n'avait point encore plié bagage, que Charles était installé en face, comme son successeur.
Mais ce n'était pas tout que d'avoir élevé son fils, de lui avoir fait apprendre la médecine et découvert Tostes pour l'exercer: il lui fallait une femme. Elle lui en trouva une: la veuve d'un huissier de Dieppe, qui ******avait quarante-cinq ans et douze cents livres de rente.
Quoiqu'elle fût laide, ¹sèche comme un cotret, et bourgeonnée comme un printemps, certes madame Dubuc ne manquait pas de partis à choisir. Pour arriver a ses fins, ¹¹la mère Bovary fut obligée de les évincer tous, et elle déjoua même fort habilement les ¹¹¹intrigues d'un charcutier qui était soutenu par les prêtres.
Charles avait entrevu dans le mariage l'avènement d'une condition meilleure, imaginant qu'il serait plus libre et pourrait disposer de sa personne et de son argent. Mais ¹¹¹¹sa femme fut le maître; il devait devant le monde dire ceci, ne pas dire cela, faire maigre tous les vendredis, s'habiller comme elle l'entendait, harceler par son ordre les clients qui ne payaient pas. Elle décachetait ses lettres, épiait ses démarches, et l'écoutait, à travers la cloison, donner ses consultations dans son cabinet, quand il y avait des femmes.
Il lui fallait son chocolat tous les matins, des égards à n'en plus finir. Elle se plaignait sans cesse de ****ses nerfs, de sa poitrine, de ses humeurs. Le bruit des pas lui faisait mal; on s'en allait, la solitude lui devenait odieuse; revenait-on près d'elle, c'était pour la voir mourir, sans doute. Le soir, quand Charles rentrait, elle sortait de dessous ses draps ses longs bras maigres, les lui passait autour du cou, et, l'ayant fait asseoir au bord du lit, se mettait à lui parler de ses chagrins: il l'oubliait, il en aimait une autre! On lui avait bien dit qu'elle serait malheureuse; et elle finissait en lui demandant ******quelque sirop pour sa santé et un peu plus d'amour.

Les phrases soulignées pourrait être intéressantes à commenter et représentent parfois des figures de style.
Lesquels (des centaines figures de base) connais-tu?

Flaubert, Madame Bovary, I, 1 - Naturellement, par nonchalance, il en vint à se délier de toutes...

Bonjour!
Merci beaucoup à vous trois pour vos réponses. 
Elles vont me permettre de préciser les idées très vagues que j'avais et d'avancer dans mon travail.
C'est le coup de pouce qui me manquait.   
Bonne journée à tous et encore merci.