Flaubert, Salammbô, chapitre 14 - Le lendemain, à la même heure...

Bonsoir j'ai un commentaire à faire sur un extrait de Salambo de Gustave Flaubert intitulé Les lions. Après quelques recherches j'ai trouvé un première axe qui serait l'art de la description dans ce passage mais je en vois pas les deux suivants et vu que c'est ma première étude de roman je n'ai pas d'idées !
Pouvez vous m'aidez !
Merci beaucoup
Thibip

Voici le texte donné

Le lendemain, à la même heure, le dernier des hommes restés dans le défilé de la Hache expirait.
Le jour que leurs compagnons étaient partis, les Zuaèces qui s’en retournaient avaient fait ébouler les roches, et ils les avaient nourris quelque temps.
Les Barbares s’attendaient toujours à voir paraître Mâtho, — et ils ne voulaient point quitter la montagne par découragement, par langueur, par cette obstination des malades qui se refusent à changer de place ; enfin, les provisions épuisées, les Zuaèces s’en allèrent. On savait qu’ils n’étaient plus que treize cents à peine, et l’on n’eut pas besoin, pour en finir, d’employer des soldats.
Les bêtes féroces, les lions surtout, depuis trois ans que la guerre durait, s’étaient multipliés. Narr’Havas avait fait une grande battue, puis courant sur eux, après avoir attaché des chèvres de distance en distance, il les avait poussés vers le défilé de la Hache ; — et tous maintenant y vivaient, quand arriva l’homme envoyé par les Anciens pour savoir ce qui restait des Barbares.
Sur l’étendue de la plaine, des lions et des cadavres étaient couchés, et les morts se confondaient avec des vêtements et des armures. A presque tous le visage ou bien un bras manquait ; quelques-uns paraissaient intacts encore ; d’autres étaient desséchés complètement et des crânes poudreux emplissaient des casques ; des pieds qui n’avaient plus de chair sortaient tout droit des cnémides, des squelettes gardaient leurs manteaux ; des ossements, nettoyés par le soleil, faisaient des taches luisantes au milieu du sable.
Les lions reposaient, la poitrine contre le sol et les deux pattes allongées, tout en clignant leurs paupières sous l’éclat du jour, exagéré par la réverbération des roches blanches. D’autres, assis sur leur croupe, regardaient fixement devant eux ; ou bien, à demi perdus dans leurs grosses crinières, ils dormaient roulés en boule, et tous avaient l’air repus, las, ennuyés. Ils étaient immobiles comme la montagne et comme les morts. La nuit descendait ; de larges bandes rouges rayaient le ciel à l’Occident.
Dans un de ces amas qui bosselaient irrégulièrement la plaine, quelque chose de plus vague qu’un spectre se leva. Alors un des lions se mit à marcher, découpant avec sa forme monstrueuse une ombre noire sur le fond du ciel pourpre ; — quand il fut tout près de l’homme, il le renversa, d’un seul coup de patte.
Puis étalé dessus à plat ventre, du bout de ses crocs, lentement, il étirait les entrailles.
Ensuite il ouvrit sa gueule toute grande, et durant quelques minutes il poussa un long rugissement, que les échos de la montagne répétèrent, et qui se perdit enfin dans la solitude.
Tout à coup, de petits graviers roulèrent d’en haut. On entendit un frôlement de pas rapides, -et du côté de la herse, du côté de la gorge, des museaux pointus, des oreilles droites parurent ; des prunelles fauves brillaient. C’étaient les chacals arrivant pour manger les restes.
Le Carthaginois, qui regardait penché au haut du précipice, s’en retourna.

Flaubert, Salammbô, chapitre 14 - Le lendemain, à la même heure...

Le réalisme violent (présent dans tout le roman.)

Flaubert, Salammbô, chapitre 14 - Le lendemain, à la même heure...

Voici quelques questions:
I/Quel est le thème du texte? Quel est le champ lexical qui le montre?
II/Repère et commente les verbes, les adjectifs et les images utilisées pour la description. Comment celle-ci est-elle organisée?
III/En quoi peut-on qualifier ce récit de "baroque"?
IV/Qu'est-ce que cela symbolise?

Flaubert, Salammbô, chapitre 14 - Le lendemain, à la même heure...

Pour le theme du texte je dirais les lions ou la mort car le champs lexical de la mort est très present et de plus cette description intervient à la fin d'une bataille !
De plus cette description est va du calme à l'action, on peut dire de la vie à la mort en quelque sorte.
Par contre pour les deux dernières questions je ne vois pas !

Flaubert, Salammbô, chapitre 14 - Le lendemain, à la même heure...

S'il vous plait je ne sait vraiment pas quoi mettre comme deuxieme axe !
Merci beaucoup

Flaubert, Salammbô, chapitre 14 - Le lendemain, à la même heure...

Commence par faire une lecture analytique de ton texte, en regroupant les thèmes et idées principales

Flaubert, Salammbô, chapitre 14 - Le lendemain, à la même heure...

C'est ce que je fais mais je vois pas ! Les deux axes pourraient-t-ils être la description et la mort car elle est très présente dans cet extrait ?
J'attend votre aide !

8

Flaubert, Salammbô, chapitre 14 - Le lendemain, à la même heure...

Bonsoir,

Tu pourrais examiner

1 - l'exotisme
dans le temps : Antiquité
dans l'espace : l'Afrique

2 - un châtiment impitoyable, un piège efficace

3 - un tableau de genre
les animaux
le cirque naturel
la dépravation des fauves royaux

Flaubert, Salammbô, chapitre 14 - Le lendemain, à la même heure...

Merci beaucoup !
Est ce que j'enlève totalement la description ou je peux la reintegrer dans un des axes ?
Et le deuxième le chatiment et le piège, est ce la guerre ? car elle est quand même dénoncé dans cet extrait !

10

Flaubert, Salammbô, chapitre 14 - Le lendemain, à la même heure...

Bonjour Thibip,

La description doit se retrouver répartie dans les trois axes, mais surtout le dernier.

Quant au piège et au châtiment, si tu as lu Salammbô, il s'agit de la ruse d'Hamilcar Barca qui a attiré les Barbares révoltés contre Carthage dans ce fameux défilé de la Hache où il les a enfermés.

Maintenant il s'agit de détruire jusqu'au moindre souvenir des rebelles et de les vouer à un destin atroce puisque leurs restes n'auront pas de sépulture.