Chateaubriand, René - La solitude absolue, le spectacle de la nature...

Bonjour,

Je travaille sur le texte de René, Seul sur terre.

La question a laquelle je dois répondre est : «Montrez que ce texte est romantique par l'expression des sentiments et par la conception de la nature qui s'en dégage.»

J'ai déja quelque piste mais je tourne en rond.

René qui raconte son histoire, est présenté dans le texte «Seul sur terre». Il me semble confus, avec une vision du monde totallement biaisé. Son texte me donne l'impression de voir un éternel solitaire qui a créer une sorte de coquille autour de lui. On voit a mainte reprise dans le texte que la nature semble provoquer en lui une admiration «La solitude absolue, le spectacle de la nature, me plongèrent bientôt dans un état presque impossible à décrire»(V.26-27).

Puis un certain moment on resent en lui une envie de partager sa vie avec une femme «...appelant de toute la force de mes désirs l'idéal objet d'une flamme future; je l'embrassais dans les vents; je croyais l'entendre dans les gémissements du fleuve;»(V.32-34) ou encore «Quelquefois je rougissais subitement, et je sentais couler dans mon coeur comme des ruisseaux d'une lave ardente» (V.28-30).

La nature fait partis intégrante de ce texte. Mais il en parle tellement que je perd le fil de l'histoire...

Si vous pouviez me donner quelques indices cela serait très apprécié.

Merci.

La solitude absolue, le spectacle de la nature, me plongèrent bientôt dans un état presque impossible à décrire. Sans parents, sans amis, pour ainsi dire, sur la terre, n'ayant point encore aimé, j'étais accablé d'une surabondance de vie. Quelquefois je rougissais subitement, et je sentais couler dans mon cœur comme des ruisseaux d'une lave ardente ; quelquefois je poussais des cris involontaires, et la nuit était également troublée de mes songes et de mes veilles. Il me manquait quelque chose pour remplir l'abîme de mon existence : je descendais dans la vallée, je m'élevais sur la montagne, appelant de toute la force de mes désirs l'idéal objet d'une flamme future ; je l'embrassais dans les vents ; je croyais l'entendre dans les gémissements du fleuve ; tout était ce fantôme imaginaire, et les astres dans les cieux, et le principe même de vie dans l'univers.
Toutefois cet état de calme et de trouble, d'indigence et de richesse, n'était pas sans quelques charmes : un jour je m'étais amusé à effeuiller une branche de saule sur un ruisseau et à attacher une idée à chaque feuille que le courant entraînait. Un roi qui craint de perdre sa couronne par une révolution subite ne ressent pas des angoisses plus vives que les miennes à chaque accident qui menaçait les débris de mon rameau. O faiblesse des mortels ! ô enfance du cœur humain qui ne vieillit jamais ! voilà donc à quel degré de puérilité notre superbe raison peut descendre ! Et encore est-il vrai que bien des hommes attachent leur destinée à des choses d'aussi peu de valeur que mes feuilles de saule.
Mais comment exprimer cette foule de sensations fugitives que j'éprouvais dans mes promenades ? Les sons que rendent les passions dans le vide d'un cœur solitaire ressemblent au murmure que les vents et les eaux font entendre dans le silence d'un désert : on en jouit, mais on ne peut les peindre.

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Chateaubriand, René - La solitude absolue, le spectacle de la nature...

Quel est l'issue de ce texte finalement ? J'ai beaucoup de difficulté à saisir le sens du texte. Pourriez-vous m'aider ?