La poésie a-t-elle un "territoire" propre à explorer ?

Hello !
J'ai une dissertation à faire avec un corpus que je suis en train d'étudier mais pour m'axer plus dans mes recherches j'aimerais savoir si vous aviez des idées, si vous pouviez m'éclairez plus sur le sujet afin de voir quelles genres de réponse je pourrais donner.

Voici la bête :
La poésie a-t-elle un "territoire" propre à explorer ? Doit-elle "nommer" autrement le monde, "nommer" un nouveau monde ?
En vous appuyant sur vos lectures, sur les opinions des écrivains eux-mêmes, faites une dissertation organisée.


Voilà, donc j'ai étudié Baudelaire essentiellement en Poésie mais on a fait beaucoup de truc en parallèle (poésie baroque etc) et dans notre corpus il y a un extrait de Sartre qui donne son avis (extrait de Qu'est-ce que la littérature), et j'ai aussi trouvé un texte de Rimbaud (ou Appollinaire? ... je vais vérifié) qui "définissait" un peu la poésie.


Vila, merci d'avance !

PS : Par avance je voulais préciser que je n'ai pour l'instant pas de plan ou quoi que ce soit, je suis toujours en recherche d'idée pour le sujet!

La poésie a-t-elle un "territoire" propre à explorer ?

Te revoilà, Lyo. Quelle joie!

Il nous aiderait beaucoup à savoir quels sont les textes qui se trouvent dans le corpus (en les affichant ici ou en donnant des liens).

Méthode: pour chacun des poèmes qui tombent sous ta main, note leur "territoire" (ou thème). Sont-ils unanimes? Sont-ils très divers? Est-il une majorité qui s'anonce?

Sur les manifestes littéraires, regarde ce lien.
Parfois, le poète parle de son art dans ses œuvres.

Il y avait une discussion récente dans ce sens.

Clique en bas de ce page sur "sujets classés" puis sur "poésie".

La poésie a-t-elle un "territoire" propre à explorer ?

Ton enthousiasme me fait très plaisir !

En fait j'ai un corpus de textes mais ils ne sont pas tous pour la dissert' (même si parfois ils sont en rapport).
J'ai à disposition 2 poèmes de baudelaire sur le même thème mais l'un dans la version prose et l'autre en vers, il faut faire un commentaire comparé, et un sujet d'invention qui expliquerait pourquoi j'aurais rassemblé trois poèmes (un autre de Baudelaire, un de Rimabud et un de Appollinaire) dans un recueil. Alors moi j'ai choisi la dissert et le seul texte est un extrait de Qu'est ce que la littérature de Sartre OR il a été recomposé (couper puis coller avec […] un peu partout), donc il y a un paragraphe par ci par là, mais je vais essayer de voir sur internet si je retrouve dans les grandes lignes le passage.

J'ai commencé par prendre des notes sur le texte parce que à première lecture il n'est pas si évident, et finalement j'ai décidé de suivre grosso modo les questions du sujet avec :
I/ La poésie a un "territoire" qui lui est propre, particulier et qu'il doit (mission, devoir) explorer. (Figure du poète incompris des hommes [cf baudelaire], figure du poète porteur d'un message, lien entre l'homme banal et le divin, trait d'union etc.)
II/ Le poète nomme autrement le monde (cf Sartre, le rapport du poète au mot est différent que celui des hommes "normaux" qui le voit comme un outil et l'emploie par convention, le lien entre le nom de l'objet et l'objet nommé est différent chez les poètes, le mot ne symbolise pas la chose, il est son reflet.)
III/ Finalement les poètes ne nommeraient-ils pas un autre monde ? (cf Sartre, le poète est en "dehors" du monde, du vulgaire, le langage est pour lui le "Miroir du monde", finalement comme il n'emploit pas ce langage comme nous, alors le reflet qu'il en a et qu'il veut nous transmettre ne correspond pas à notre vision et c'est une sorte de nouveau monde qui s'offre à nous.)

Voilà en gros ... j'espère que ça ne semble pas trop tiré par les cheveux

Je vais voir si je trouve un extrait de Sartre et je vais lire ce que tu m'as donné.
D'autre part aurais-tu quelques noms de courants littéraires ou de poètes ayant une vision sur leur art qui irait dans le sens que je recherche avec un mot d'ordre, ou une mission qu'il leur serait donné (cf rapport au divin), et qui seraienbt liés à cette notion de différence avec les gens normaux (exemple : L'albatros-poète).

Merci d'avance,
Lyo Un bout : (j'ai mis en gras ce qui était sur ma feuille mais bien sûr je peux me servir du reste !)

Le rapport poétique au langage.

Il y a deux rapports possibles aux mots : le rapport commun en vue de la communication, impliquant une relation transitive aux mots car les dépassant toujours vers leurs significations ;le rapport poétique, attentif à la forme même des mots et qui établit dès lors une relation intransitive avec eux, en les faisant exister comme des choses et non plus comme des signes.

Les poètes sont des hommes qui refusent d'utiliser le langage. Or, comme c'est dans et par le langage conçu comme une certaine espèce d'instrument que s'opère la recherche de la vérité, il ne faut pas s'imaginer qu'ils visent à discerner le vrai ni à l'exposer. Ils ne songent pas non plus à nommer le monde et, par le fait, ils ne nomment rien du tout, car la nomination implique un perpétuel sacrifice du nom à l'objet nommé ou pour parler comme Hegel, le nom s'y révèle l'inessentiel, en face de la chose qui est essentielle. Ils ne parlent pas ; ils ne se taisent pas non plus : c'est autre chose. […] (ICI le passage tronqué est sur ma feuille mais je ne le trouve pas sur le net) En fait, le poète s'est retiré d'un seul coup du langage-instrument ; il a choisi une fois pour toutes l'attitude poétique qui considère les mots comme des choses et non comme des signes. Car l'ambiguïté du signe implique qu'on puisse à son gré le traverser comme une vitre et poursuivre à travers lui la chose signifiée ou tourner son regard vers sa réalité et le considérer comme objet. L'homme qui parle est au-delà des mots, près de l'obJet ; le poète est en deçà. Pour le premier, ils sont domestiques ; pour le second, ils restent à l'étal sauvage. Pour celui-là, ce sont des conventions utiles, des outils qui s'usent peu à peu et qu'on jette quand ils ne peuvent plus servir ; pour le second, ce sont des choses naturelles qui croissent naturellement sur la terre comme l'herbe et les arbres."
Jean-Paul Sartre, Qu'est-ce que la littérature ? (1948)

Et la il me manque encore un passage de la meme taille (la suite en fait). Voici un lien.
Sur ce lien il y a toute la suite : le premier paragraphe je l'ai déjà copié (c'est la fin du précédent passage). Le paragraphe qui est après je ne l'ai pas sur ma feuille. Puis ça reprend à L30 " le poète est hors du langage, il voit les mots à l'envers", jusqu'à L47 "bref, le langage tout entier est pour lui le Miroir du monde". La suite je l'ai pas, puis ça recommence L62 "ainsi réalise t il en chaque mot, par le seul effet de l'attitude poétique" jusqu'à la fin de mon corpus soit la ligne 71 "épanouissement plein de réserve".

TADA ! Bonne lecture et dis moi ce que t'en penses, je trouve ça très intéressant pour ma part !