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Question de grammaire / stylistique

Pour un devoir de grammaire/ stylistique, je dois étudier la phrase suivante de Victor Hugo (en gras) :
"(...) elle avait pris un brin de bois qui lui servait de pelle et elle creusait énergiquement une fosse bonne pour une mouche. Ce que fait le fossoyeur devient riant, fait par l'enfant. Les deux femmes continuaient de causer."

Il s'agit de faire toutes les remarques nécessaires concernant cette phrase : quant à moi, j'ai noté :
* une rupture de la concordance des temps : on passe de l'imparfait narratif à un présent (général ?).
* une tournure elliptique de la proposition circonstancielle logiquement attendue : "Ce que fait le fossoyeur devient riant, lorsqu'il est fait par l'enfant". Ce rythme, brutalement coupé, me fait penser à une anacoluthe (?).
* pouvons-nous parler de thématisation avec l'emploi du démonstratif "ce" en début de phrase ?

Merci pour toutes remarques.

Question de grammaire / stylistique

Il s'agit du présent gnomique, celui des sentences. (Voir TLFI) La phrase est une sorte de parenthèse, une incidente à l'intérieur du discours.

Je pense aussi à une anacoluthe (rupture de la construction syntaxique) dans cette phrase elliptique, que vous avez bien rétablie.

Je ne vois pas de thématisation, au sens de mise en évidence : je ne vois pas comment la phrase pourrait commencer autrement.

Mais je vois une rime en prose : riant, enfant.

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Question de grammaire / stylistique

Bonjour Mozart,

En complément des judicieuses remarques d'Edy que je salue au passage, j'ajouterai trois autres procédés stylistiques :
- La reprise de "fait", mais le premier est actif alors que le second est passif, ce qui justifie le passage de l'ellipse à l'anacoluthe...
- Une allitération en F,
- plusieurs voyelles nasalisées qui habituellement produisent un allongement de la voyelle.

Bien entendu ces remarques doivent être justifiées par une intention.

A la réflexion, on pourrait ajouter l'euphémisme par l'imprécision voulue : "ce" et "fait"...

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Question de grammaire / stylistique

Bonsoir tout le monde,
voilà, je suis en pleine analyse pour un commentaire, et je voudrais avoir un avis:
sur cette partie de mon texte "elles allaient le lundi perdre leur argent", j'ai relevé deux allitérations: l'allitération en l et l'allitération en r.
Mais je ne vois pas vraiment ce que je peux en tirer ici... mon prof m'ayant expliqué que les phonèmes [r] et [l] étaient des phonèmes liquides... sinon, j'ai trouvé que le son [r] était un son dur... l'auteur veut alors insister sur ces paroles précises... à ce moment là, l'explication de l'allitération en r serait expliquée, mais pas celle en l, sauf si le phonème [l] en plus d'être un phonème liquide exprime la dureté...

J'aimerais bien avoir votre avis... merci beaucoup!

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Question de grammaire / stylistique

Bonsoir Audrey,

D'abord une grille d'analyse qui permet de mettre un peu d'ordre :

Effets des sons
Selon les traditions poétiques françaises, certains sons et effets de sons sont dotés de attributs précis.1 En voilà un bref résumé:

Répétition de sons > monotone, répétitif
Voyelles claires [i, y, e, , , ] > aigu, clair, doux, léger
Voyelles graves [a, o, , œ, , u, , , ] > grave
Voyelles sombres [u, o, ] > sombre, grave, sourd
Voyelles éclatantes [a, , œ, ] > éclatant
Voyelles nasales [, , , ] > voilé, muté, attenué, mou, lent


Consonnes momentanées [p, t, k, b, d, g] > sec, hésitant
Consonnes continues [f, v, l, m, n, s, z, ] > onomatopée, soutenu
Consonnes nasales [n, m] > doux, mou, languissant
[R] + voyelles claires > grinçant
[R] + voyelles sombres > grondant
Consonnes spirantes [s, z] > sifflant

Application à ta phrase :
Les consonnes liquides L évoquent sans doute l'eau qui s'écoule, ici l'habitude et l'absence de réaction ou de volonté de ces femmes qui se laissent porter par leur passion du jeu.
Quant aux R, c'est plutôt l'aspect retentissant, cuisant des pertes qui est souligné. Tout ces sons grinçants sont comme un réveil désagréable avant la léthargie suivante...