Laclos, Les Liaisons dangereuses, lettre 81

Bonjour !

J'ai un commentaire à faire sur "les liaisons dangereuse", voilà l'extrait :

"Croyez-moi, Vicomte, on acquiert rarement les qualités dont on peut se passer. Combattant sans risque, vous devez agir sans précaution. Pour vous autres hommes, les défaites ne sont que des succès de moins. Dans cette partie si inégale, notre fortune l'est de ne pas perdre, et votre malheur de ne pas gagner. Quand je vous accorderais autant de talents. qu'à nous, de combien encore ne devrions-nous pas vous surpasser, par la nécessité où nous sommes d'en faire un continuel usage !
Supposons, j'y consens, que vous mettiez autant d'adresse à nous vaincre, que nous à nous défendre ou à céder, vous conviendrez au moins qu'elle vous devient inutile après le succès. Uniquement occupé de votre nouveau goût, vous vous y livrez sans crainte, sans réserve : ce n'est pas à vous que sa durée importe.
En effet, ces liens réciproquement donnés et reçus, pour parler le jargon de l'amour, vous seul pouvez, à votre choix, les resserrer ou les rompre : heureuses encore, si dans votre légèreté, préférant le mystère à l'éclat, vous vous contentez d'un abandon humiliant, et ne faites pas de l'idole de la veille la victime du lendemain.
Mais qu'une femme infortunée sente la première le poids de sa chaîne, quels risques n'a-t-elle pas à courir, si elle tente de s'y soustraire, si elle ose seulement la soulever ? Ce n'est qu'en tremblant qu'elle essaie d'éloigner d'elle l'homme que son coeur repousse avec effort. S'obstine-t-il à rester, ce qu'elle accordait à l'amour, il faut le livrer à la crainte :
ses bras s'ouvrent encore, quand son coeur est fermé.
Sa prudence doit dénouer avec adresse ces mêmes liens que vous auriez rompus. À la merci de son ennemi, elle est sans ressource, s'il est sans générosité : et comment en espérer de lui, lorsque, si quelquefois on le loue d'en avoir, jamais pourtant on ne le blâme d'en manquer ?
Sans doute, vous ne nierez pas ces vérités que leur évidence a rendues triviales. Si cependant vous m'avez vue, disposant des événements et des opinions, faire de ces hommes si redoutables le jouet de mes caprices ou de mes fantaisies ; ôter aux uns la volonté, aux autres la puissance de me nuire ; si j'ai su tour à tour, et suivant mes goûts mobiles, attacher à ma suite ou rejeter loin de moi ..
Ces Tyrans détrônés devenus mes esclaves ; si, au milieu de ces révolutions fréquentes, ma réputation s'est pourtant conservée pure ; n'avez-vous pas dû en conclure que, née pour venger mon sexe et maîtriser le vôtre, j'avais su me créer des moyens inconnus jusqu'à moi ?"

J'ai les deux grandes axes  qui sont :

I- Un discours argumentatif sous forme de lettre
II- L'image de Mme. de Merteuil


Je n'arrive pas à trouver les  sous parties, c'est mon premier commentaire, aidez-moi ! S'il vou plaît !

Je vous remercie  d'avance !

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Laclos, Les Liaisons dangereuses, lettre 81

En ce qui concerne le premier axe :
- relève les connecteurs logiques
- relève les différents arguments de Merteuil : que prouve-t-elle ? A qui s'adresse-t-elle ? De qui parle-t-elle ? Et pour quelle raison ? Lettre = énonciation.
- observe la concomitance du lexique "militaire" et du lexique "galant" (notamment autour du verbe "lier"). C'est ce qu'elle le "jargon amoureux" (IRONIE).
- en quoi la séduction de l'homme est-elle différente de celle la femme, qui plus est, de celle de Merteuil ?
- relève les vers blancs (alexandrin)

Qu'entends-tu par : l'image de Merteuil ? Sois plus précise. Parle-t-elle seulement d'elle ? A qui se compare-t-elle ? Aux autres femmes, faibles et dominées... ET à Valmont. En quoi peux-tu le repérer ? Montre donc en quoi elle domine les hommes : notamment parce qu'elle est le sujet de verbe qui dénote une puissance particulière (disposer, ôter, attacher, rejeter, etc.), ou alors pronominalisée derrière des possessifs adjoints à des substantifs dominateurs ("caprices et fantaisies").

Voilà pour l'instant. N'hésite pas si tu as des questions.

Laclos, Les Liaisons dangereuses, lettre 81

Bonjour !

Je vous remercie pour votre réponse
Quand je dis " l'image de Merteuil ", je veux parler de son caractère.
Est-ce que dans le premier axe, je peux parler du genre épistolaire ?
Je ne comprends pas très bien cela : " relève les vers blancs (alexandrin)", pouvez-vous me l'expliquer ?

Merci

Laclos, Les Liaisons dangereuses, lettre 81

J'ai oublié de vous préciser que le lettre et accompagnée d'un extrait de DON JUAN :

On goûte une douceur extrême à réduire, par cent hommages, le cœur d'une jeune beauté, à voir de jour en jour les petits progrès qu'on y fait, à combattre par des transports, par des larmes et des soupirs, l'innocente pudeur d'une âme qui a peine à rendre les armes, à forcer pied à pied toutes les petites résistances qu'elle nous oppose, à vaincre les scrupules dont elle se fait un honneur et la mener doucement où nous avons envie de la faire venir. Mais lorsqu'on en est maître une fois, il n'y a plus rien à dire ni rien à souhaiter; tout le beau de la passion est fini, et nous nous endormons dans la tranquillité d'un tel amour, si quelque objet nouveau ne vient réveiller nos désirs, et présenter à notre cœur les charmes attrayants d'une conquête à faire. Enfin il n'est rien de si doux que de triompher de la résistance d'une belle personne, et j'ai sur ce sujet l'ambition des conquérants, qui volent perpétuellement de victoire en victoire, et ne peuvent se résoudre à borner leurs souhaits. Il n'est rien qui puisse arrêter l'impétuosité de mes désirs: je me sens un cœur à aimer toute la terre; et comme Alexandre, je souhaiterais qu'il y eût d'autres mondes, pour y pouvoir étendre mes conquêtes amoureuses.

Dois-je me servir de cet extrait pour le commentaire ?
Je ne sais pas comment faire.

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Laclos, Les Liaisons dangereuses, lettre 81

Bonjour Isha,

-les vers blancs : (alexandrins) "ses bras s'ouvrent encore,/ quand son coeur est fermé." ou encore "Ces Tyrans détrônés devenus mes esclaves". L'utilisation des vers blancs témoignent d'une certaine culture galante de la part de Merteuil.

- il est évident que tu peux parler du genre épistolaire dans ta première partie, car elle implique une situation d'énonciation précise et particulière: il y a
* l'épistolier (Merteuil) qui dit "JE"
* le destinataire (Valmont) qui est sous le "TU/VOUS"
* un message (une lettre) avec ses indications phatiques (la fonction phatique assure le contact entre Merteuil et Valmont avec des expressions comme "croyez-moi" par exemple)

- tu peux relever également les différents aspects du présent :
* notamment les présents de GENERALITE (dit gnomique) et d'HABITUDE (dans la stratégie de séduction de Valmont ponctué de victoire et de fuite, à la recherche du nouveau ; c'est là que tu peux évoquer le texte de Dom Juan, qui se situe dans la même perspective masculine, avec le même lexique galant et militaire [comparaison avec ALexandre], les mêmes désirs de "conquête" et de nouveauté)

Tu peux évidemment évoquer le texte de DomJuan, cela dépend de ce que ton professeur t'a demandé. S'il t'a demandé de faire exclusivement un commentaire du texte de Laclos, abstiens toi de trop travailler celui de Molière ; tu peux faire des renvois, dans l'intro ou la conclusion par exemple.

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Laclos, Les Liaisons dangereuses, lettre 81

Bonjour à tous !

Je travaille actuellement sur les Liasons dangereuses de Laclos.
Je dois rendre pour lundi, un commentaire de la lettre 81 du roman. J'ai quelques doutes concernant les axes. J'en ai trouvé deux, mais je ne pense pas que ceux-ci soient convenables.

Je vous mets tout d'abord le texte ~>

La Marquise de Merteuil au Vicomte de Valmont

Paris, 20 septembre 17**.

Que vos craintes me causent de pitié! Combien elles me prouvent ma supériorité sur vous! et vous voulez m'enseigner, me conduire! Ah! mon pauvre Valmont, quelle distance il y a encore de vous à moi! Non, tout l'orgueil de votre sexe ne suffirait pas pour remplir l'intervalle qui nous sépare. Parce que vous ne pourriez exécuter mes projets, vous les jugez impossibles! Etre orgueilleux et faible, il te sied bien de vouloir calculer mes moyens et juger de mes ressources! Au vrai, Vicomte, vos conseils m'ont donné de l'humeur, et je ne puis vous le cacher.

Que pour masquer votre incroyable gaucherie auprès de votre Présidente, vous m'étaliez comme un triomphe d'avoir déconcerté un moment cette femme timide et qui vous aime, j'y consens; d'en avoir obtenu un regard, un seul regard, je souris et vous le passe. Que sentant, malgré vous, le peu de valeur de votre conduite, vous espériez la dérober à mon attention, en me flattant de l'effort sublime de rapprocher deux enfants qui, tous deux, brûlent de se voir, et qui, soit dit en passant, doivent à moi seule l'ardeur de ce désir; je le veux bien encore. Qu'enfin vous vous autorisiez de ces actions d'éclat, pour me dire d'un ton doctoral, qu'il vaut mieux employer son temps à exécuter ses projets qu'à les raconter; cette vanité ne me nuit pas, et je la pardonne. Mais que vous puissiez croire que j'ai besoin de votre prudence, que je m'égarerais en ne déférant pas à vos avis, que je dois leur sacrifier un plaisir, une fantaisie! en vérité, Vicomte, c'est aussi vous trop enorgueillir de la confiance que je veux bien avoir en vous!

Et qu'avez-vous donc fait, que je n'aie surpassé mille fois? Vous avez séduit, perdu même beaucoup de femmes: mais quelles difficultés avez-vous eues à vaincre? quels obstacles à surmonter? où est là le mérite qui soit véritablement à vous? Une belle figure, pur effet du hasard; des grâces, que l'usage donne presque toujours; de l'esprit à la vérité, mais auquel du jargon suppléerait au besoin; une impudence assez louable, mais peut-être uniquement due à la facilité de vos premiers succès; si je ne me trompe, voilà tous vos moyens: car pour la célébrité que vous avez pu acquérir, vous n'exigerez pas, je crois, que je compte pour beaucoup l'art de faire naître ou de saisir l'occasion d'un scandale.

Quant à la prudence, à la finesse, je ne parle pas de moi: mais quelle femme n'en aurait pas plus que vous? Eh! votre Présidente vous mène comme un enfant.

Voici les deux axes auxquels j'ai pensé :
I/ La Marquise de Merteuil : Une libertine Orgueilleuse
II/ Le Vicomte de Valmont rabaissé et dévalorisé par la Marquise de Merteuil

Et pour les sous-parties, je cale un peu ....

Qu'en pensez-vous ?

Merci d'avance !

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Laclos, Les Liaisons dangereuses, lettre 81

Bonsoir Epiphane,

Ta problématique est celle de l'affrontement entre deux anciens complices : alors que Valmont poursuit son projet personnel de séduire la Présidente, il semble échapper au contrôle de la diabolique Mme de Merteuil qui veut reprendre la main.

Elle provoque donc son complice et cherche à piquer son orgueil. Elle veut le convaincre qu'elle est plus habile et plus méritante que lui.
C'est donc une argumentation en bonne et due forme qui prend l'apparence d'un paradoxe.
Le prétendu sexe faible est en fait plus habile que le sexe fort et c'est lui (du moins chez les rouées) qui a imposé son pouvoir aux hommes.

C'est l'occasion pour elle de manifester son orgueil, sa volonté, sa dissimulation. Tout en elle est envisagé sous l'angle du pouvoir, de la volonté de puissance… C'est une intelligence, une femme cérébrale qui semble insensible. En elle pas de recherche du plaisir, pas de passion sensuelle et amoureuse, simplement le désir d'être la "maîtresse du jeu" sur le "grand théâtre du monde"...

Axes possibles :
Un portrait en forme de diptyque
    Valmont rabaissé et dévalorisé
    Marquise de Merteuil qui se veut perspicace et autonome
Une femme de caractère : orgueilleuse et sarcastique qui réinvente les relations hommes/femmes traditionnelles
L'affrontement de deux combattants, la concurrence entre deux roués pour la gloire dans leur monde d'initiés.

Laclos, Les Liaisons dangereuses, lettre 81

Bonjour,
si tu veux il y a une adresse qui peut t'aider je suis tombée là-dessus par hasard :
http://www.serieslitteraires.org/public … article=45

bonne chance !

Laclos, Les Liaisons dangereuses, lettre 81

Bonjour je dois faire un commentaire composé de cet extrait des liaisons dangereuses mais je ne trouve aucunn axe, s'il te plait quelqu'n pourrait-il m'aider?

merci à l'avance.Désolé l'extrait est celui ci:

"Entrée dans le monde dans le temps où, fille encore, j'étais vouée par état au silence et à l'inaction, j'ai su en profiter pour observer et réfléchir. Tandis qu'on me croyait étourdie ou distraite, écoutant peu à la vérité les discours qu'on s'empressait de me tenir, je recueillais avec soin ceux qu'on cherchait à me cacher.

Cette utile curiosité, en servant à m'instruire, m'apprit encore à dissimuler: forcée souvent de cacher les objets de mon attention aux yeux qui m'entouraient, j'essayai de guider les miens à mon gré; j'obtins dès lors de prendre à volonté ce regard distrait que depuis vous avez loué si souvent. Encouragée par ce premier succès, je tâchai de régler de même les divers mouvements de ma figure. Ressentais-je quelque chagrin, je m'étudiais à prendre l'air de la sécurité, même celui de la joie; j'ai porté le zèle jusqu'à me causer des douleurs volontaires, pour chercher pendant ce temps l'expression du plaisir. Je me suis travaillée avec le même soin et plus de peine pour réprimer les symptômes d'une joie inattendue. C'est ainsi que j'ai su prendre sur ma physionomie cette puissance dont je vous ai vu quelquefois si étonné.

J'étais bien jeune encore, et presque sans intérêt: mais je n'avais à moi que ma pensée, et je m'indignais qu'on pût me la ravir ou me la surprendre contre ma volonté. Munie de ces premières armes, j'en essayai l'usage: non contente de ne plus me laisser pénétrer, je m'amusais à me montrer sous des formes différentes; sûre de mes gestes, j'observais mes discours; je réglais les uns et les autres, suivant les circonstances, ou même seulement suivant mes fantaisies: dès ce moment, ma façon de penser fut pour moi seule, et je ne montrai plus que celle qu'il m'était utile de laisser voir.

Ce travail sur moi-même avait fixé mon attention sur l'expression des figures et le caractère des physionomies; et j'y gagnai ce coup d'oeil pénétrant, auquel l'expérience m'a pourtant appris à ne pas me fier entièrement; mais qui, en tout, m'a rarement trompée.

Je n'avais pas quinze ans, je possédais déjà les talents auxquels la plus grande partie de nos politiques doivent leur réputation, et je ne me trouvais encore qu'aux premiers éléments de la science que je voulais acquérir."

Rappel des règles
Seuls les élèves ayant effectué un travail personnel préalable sur leur sujet peuvent obtenir une aide ponctuelle. Vous devez donc indiquer vos pistes de recherches personnelles.

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Laclos, Les Liaisons dangereuses, lettre 81

Bonjour Lailita,

Essaie d'examiner cette problématique : Comment s'est constituée la libertine Mme de Merteuil ?
Les réponses que tu apporteras pourraient devenir tes axes.
Quand tu auras fait ce travail, reviens éventuellement nous voir.