Musset, On ne badine pas avec l'amour, acte III, scène 8

Bonsoir. Je suis toute nouvelle sur le site, donc.. faut que je m'habitue ( bon cela, vous vous en fichez pas mal). Venons-en au fait.
Je dois établir un plan de la scène 8 Acte III de " On ne badine pas avec l'amour" de Musset.
Pourriez-vous me donner des pistes. Je ne veux en aucun cas que quelqu'un me fasse ce plan !
Merci d'avance.

SCÈNE VIII

Un oratoire.
Entre CAMILLE ; elle se jette au pied de l’autel.
M’avez-vous abandonnée, ô mon Dieu ? Vous le savez, lorsque je suis venue, j’avais juré de vous être fidèle, quand j’ai refusé de devenir l’épouse d’un autre que vous, j’ai cru parler sincèrement devant vous et ma conscience ; vous le savez, mon père, ne voulez-vous donc plus de moi ? Oh ! pourquoi faites-vous mentir la vérité elle-même ? Pourquoi suis-je si faible ? Ah ! malheureuse, je ne puis plus prier !
Entre Perdican.
PERDICAN
Orgueil, le plus fatal des conseillers humains, qu’es-tu venu faire entre cette fille et moi ? La voilà pâle et effrayée, qui presse sur les dalles insensibles son cœur et son visage. Elle aurait pu m’aimer, et nous étions nés l’un pour l’autre ; qu’es-tu venu faire sur nos lèvres, orgueil, lorsque nos mains allaient se joindre ?
CAMILLE
Qui m’a suivie ? Qui parle sous cette voûte ? Est-ce toi, Perdican ?
PERDICAN
Insensés que nous sommes ! nous nous aimons. Quel songe avons-nous fait, Camille ? Quelles vaines paroles, quelles misérables folies ont passé comme un vent funeste entre nous deux ? Lequel de nous a voulu tromper l’autre ? Hélas ! cette vie est elle-même un si pénible rêve : pourquoi encore y mêler les nôtres ? Ô mon Dieu ! le bonheur est une perle si rare dans cet océan d’ici-bas ! Tu nous l’avais donné, pêcheur céleste, tu l’avais tiré pour nous des profondeurs de l’abîme, cet inestimable joyau ; et nous, comme des enfants gâtés que nous sommes, nous en avons fait un jouet. Le vert sentier qui nous amenait l’un vers l’autre avait une pente si douce, il était entouré de buissons si fleuris, il se perdait dans un si tranquille horizon ! Il a bien fallu que la vanité, le bavardage et la colère vinssent jeter leurs rochers informes sur cette route céleste, qui nous aurait conduits à toi dans un baiser ! Il a bien fallu que nous nous fissions du mal, car nous sommes des hommes. Ô insensés ! nous nous aimons.
Il la prend dans ses bras.
CAMILLE
Oui, nous nous aimons, Perdican ; laisse-moi le sentir sur ton cœur. Ce Dieu qui nous regarde ne s’en offensera pas ; il veut bien que je t’aime ; il y a quinze ans qu’il le sait.
PERDICAN
Chère créature, tu es à moi !
Il l’embrasse ; on entend un grand cri derrière l’autel.
CAMILLE
C’est la voix de ma sœur de lait.
PERDICAN
Comment est-elle ici ? je l’avais laissée dans l’escalier, lorsque tu m’as fait rappeler. Il faut donc qu’elle m’ait suivi sans que je m’en sois aperçu.
CAMILLE
Entrons dans cette galerie ; c’est là qu’on a crié.
PERDICAN
Je ne sais ce que j’éprouve ; il me semble que mes mains sont couvertes de sang.
CAMILLE
La pauvre enfant nous a sans doute épiés ; elle s’est encore évanouie ; viens, portons-lui secours ; hélas ! tout cela est cruel.
PERDICAN
Non, en vérité, je n’entrerai pas ; je sens un froid mortel qui me paralyse. Vas-y, Camille, et tâche de la ramener. (Camille sort.) Je vous en supplie, mon Dieu ! ne faites pas de moi un meurtrier ! Vous voyez ce qui se passe ; nous sommes deux enfants insensés, et nous avons joué avec la vie et la mort ; mais notre cœur est pur ; ne tuez pas Rosette, Dieu juste ! Je lui trouverai un mari, je réparerai ma faute ; elle est jeune, elle sera riche, elle sera heureuse ; ne faites pas cela, ô Dieu ! vous pouvez bénir encore quatre de vos enfants. Eh bien ! Camille, qu’y a-t-il ?
Camille rentre.
CAMILLE
Elle est morte. Adieu, Perdican !

Musset, On ne badine pas avec l'amour, acte III, scène 8

Et si tu nous donnais tes premières impressions ?

Musset, On ne badine pas avec l'amour, acte III, scène 8

J'ai mis:
I La ruse établie par Perdican
1) Son projet avec Rosette
2) Ses réels sentiments


II) Camille et le mariage
1) Son idée sur le mariage forcée dont elle est victime
2) Son Attachement au Christ, auquel elle se considère déjà comme mariée.


Je trouve ça particulièrement inaproprié, mais je ne sais pas comment faire ressortir les éléments de la lecture analytique dans ce plan. Je suis.. comment dire, perdue. :s

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Musset, On ne badine pas avec l'amour, acte III, scène 8

Bonjour
C'est bientôt le bac de français et nous avons un texte qui est la scène 8 de l'acte 3, mais le plan que notre professeur de français  nous a donné n'est pas du tout au point.

voici le texte


Un oratoire1
Entre Camille. Elle se jette au pied de l’autel.
M’avez-vous abandonnée, ô mon Dieu ? Vous le savez, lorsque je
suis venue, j’avais juré de vous être fidèle ; quand j’ai refusé de
devenir l’épouse d’un autre que vous, j’ai cru parler sincèrement
devant vous et ma conscience ; vous le savez, mon père ; ne
voulez-vous donc plus de moi ? Oh ! Pourquoi faites-vous
mentir la vérité elle-même ? Pourquoi suis-je si faible ? Ah !
Malheureuse, je ne puis plus prier ! (Entre Perdican.)
Perdican
Orgueil, le plus fatal des conseillers humains, qu’es-tu venu
faire entre cette fille et moi ? La voilà pâle et effrayée, qui presse
sur les dalles insensibles son cœur et son visage. Elle aurait pu
m’aimer, et nous étions nés l’un pour l’autre ; qu’es-tu venu faire
sur nos lèvres, orgueil, lorsque nos mains allaient se joindre ?
Camille
Qui m’a suivi ? Qui parle sous cette voûte ? Est-ce toi Perdican ?
Perdican
Insensés que nous sommes ! Nous nous aimons. Quel songe
avons-nous fait, Camille ? Quelles vaines paroles, quelles
misérables folies ont passé comme un vent funeste entre nous
deux ? Lequel de nous a voulu tromper l’autre ? Hélas ! Cette vie
est elle-même un si pénible rêve ! Pourquoi encore y mêler les
nôtres ! O mon Dieu ! Le bonheur est une perle si rare dans cet
océan d’ici-bas ! Tu nous l’avais donné, pêcheur céleste, tu l’avais
tiré des profondeurs de l’abîme, cet inestimable joyau ; et nous,
comme des enfants gâtés que nous sommes, nous en avons
fait un jouet. Le vert sentier qui nous amenait l’un vers l’autre
avait une pente si douce, il était entouré de buissons si fleuris,
il se perdait dans un si tranquille horizon ! Il a bien fallu que
la vanité, le bavardage et la colère vinssent jeter leurs rochers
informes sur cette route céleste, qui nous aurait conduits à toi
dans un baiser ! Il a bien fallu que nous nous fissions du mal, car
nous sommes des hommes ! O insensés ! Nous nous aimons. (Il
la prend dans ses bras.)
Camille
Oui nous nous aimons, Perdican ; laisse-moi le sentir sur ton
cœur. Ce dieu qui nous regarde ne s’en offensera pas ; il veut
bien que je t’aime ; il y a quinze ans qu’il le sait.
1 Lieu consacré à la prière ; ici, la chapelle du château.
Perdican
Chère créature, tu es à moi. (Il l’embrasse ; on entend un grand cri
derrière l’autel.)
Camille
C’est la voix de ma sœur de lait.
Perdican
Comment est-elle ici ? Je l’avais laissé dans l’escalier, lorsque
tu m’as fait rappeler. Il faut donc qu’elle m’ait suivi sans que je
m’en sois aperçu.
Camille
Entrons dans cette galerie, c’est là qu’on a crié.
Perdican
Je ne sais ce que j’éprouve ; il me semble que mes mains sont
couvertes de sang.
Camille
La pauvre enfant nous a sans doute épiés ; elle s’est encore
évanouie ; viens, portons-lui secours ; hélas ! Tout cela est cruel.
Perdican
Non, en vérité, je n’entrerais pas ; je sens un froid mortel qui me
paralyse. Vas-y Camille, et tâche de la ramener. (Camille sort.) Je
vous en supplie, mon Dieu ! Ne faites pas de moi un meurtrier !
Vous voyez ce qui se passe ; nous sommes deux enfants
insensés, et nous avons joué avec la vie et la mort ; mais notre
cœur est pur ; ne tuez pas Rosette, Dieu juste ! Je lui trouverais
un mari, je réparerais ma faute ; elle est jeune, elle sera riche,
elle sera heureuse ; ne faites pas cela, ô Dieu ! Vous pouvez
bénir encore quatre de vos enfants. Et bien ! Camille, qu’y a-t-il ?
(Camille rentre.)
Camille
Elle est morte ! Adieu, Perdican !


Voici le plan de notre professeur de Français

I) L'aveu

a) deux êtres que tout sépare
b) évocation du passé
c) aveu des sentiments

II) Tension du dénouement

a) deux moment dramatiques

III) explication du proverbe

a) importance de la religion
b) la mort
c) Perdican

Comme vous le voyez on a une grande partie avec une seule sous partie les sous parties sont a peine developpées

J'ai quelques autres idées de parties,
I) un amour gâche

a) Camille dévouée a dieu
b) l’orgueil

II) De l'amour au drame

a) réciprocité maladroite
b) la mort subite

ou encore
I) appel a dieu

a) dialogue de sourd
b) la prière de Camille
c) ses sentiments

II) L'aveu de Perdican

a) personnification de l’orgueil
b) tirade sur leur enfance

III) bouleversement
a) l'illusion
b) désillusion
c) chute

Voila, vous voyez que je n'ai rien de concret, j'aimerais bien de l'aide, si quelqu'un a un plan concret et surtout détaillé que je sache quoi mettre dans mes parties, car je ne trouve aucune aide.

En vous remerciant par avance.

Musset, On ne badine pas avec l'amour, acte III, scène 8

Voilà vous voyez que je n'ai rien de concret, j'aimerais bien de l'aide, si quelqu'un a un plan concret et surtout détaillé que je sache quoi mettre dans mes parties, car je ne trouve aucune aide.

Mais si, tu as quelque chose de concret.
C'est le texte lui-même, sur lequel tu dois t'appuyer en premier, et non sur un plan qui n'est qu'un squelette sans chair.
Alors rassemble tes remarques sur le passage, de la façon suivante peut-être :
-Il s'agit du dénouement de la pièce.
-Un dénouement qui repose sur un coup de théâtre, deux même, et qui illustre le titre : On ne badine pas avec l'Amour.

-Un dénouement dramatique.
- Pourquoi négliger l'importance de la structure ?
-Cette scène comporte deux parties bien distinctes, et la deuxième est bien la conséquence de la première.
-Peut-être peux-tu montrer la rupture que constitue le cri de Rosette et  analyser (dans le détail du texte bien sûr) l'opposition entre un avant alambiqué certes, mais qui semblait apporter une résolution positive et une fin qui abolit tout.

Musset, On ne badine pas avec l'amour, acte III, scène 8

Bonjour,

J'ai une question par rapport à la dernière réplique de Camille: "Adieu, Perdican!". Comment l'interpréter? Est- ce que Camille s’apprête à se suicider?

Merci à ceux qui répondront

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Musset, On ne badine pas avec l'amour, acte III, scène 8

Non il s'agit seulement d'une séparation définitive et sans appel.
Compte tenu de l'éducation religieuse reçue par Camille (qui a d'ailleurs contribué à séparer les amants) on peut y voir une connotation ironique. Seule la miséricorde divine peut quelque chose pour Perdican qui a désormais une mort sur la conscience.
Si on ajoute l'anticléricalisme de Musset, cette réplique est une réponse ironique à la prière de Perdican qui n'est pas exaucée.
Enfin elle marque certainement le mépris de Camille.

Musset, On ne badine pas avec l'amour, acte III, scène 8

D'accord, merci pour cette analyse 

Musset, On ne badine pas avec l'amour, acte III, scène 8

Bonjour,
Je révise cette lecture analytique pour l'oral et je me demandais si vous pouviez me donner les problématiques possibles?
merci

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Musset, On ne badine pas avec l'amour, acte III, scène 8

C'est la dernière scène de cette pièce, plutôt de ce "proverbe".

Pourquoi ce lieu : un oratoire ? Lien entre le lieu et le dénouement ?

Quels sentiments le spectateur éprouve-t-il devant les deux personnages ?

Comment qualifier ce dénouement ? A quelle règle de décence obéit la mort de Rosette ?

Le titre et le sacré. Sens de "badiner". Le titre et la biographie de Musset/Sand.