Hugo, Les Châtiments, France ! à l’heure où tu te prosternes...

Bonjour,
Je suis en classe de première et nous étudions le poème liminaire des Châtiments de Victor Hugo "France ! à l'heure où tu te prosternes..."

Nous devons répondre à la question suivante :
Etudiez le poème en justifiant sa position de poème liminaire d'une oeuvre engagée, à partir de l'évocation du banni et de sa fonction.

Merci de bien vouloir me donner un plan pour pouvoir y répondre car je n'y arrive pas cependant j'ai des éléments de réponse mais je ne sais comment les classer.

Merci de votre aide.

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Hugo, Les Châtiments, France ! à l’heure où tu te prosternes...

Bonsoir Ching,

France ! à l'heure où tu te prosternes

France ! à l'heure où tu te prosternes,
Le pied d'un tyran sur ton front,
La voix sortira des cavernes
Les enchaînés tressailleront. 
(Hugo se serait-il laissé abuser ou est-ce une coquille ? Le verbe est tressaillir et non tressailler)

Le banni, debout sur la grève,
Contemplant l'étoile et le flot,
Comme ceux qu'on entend en rêve,
Parlera dans l'ombre tout haut ;

Et ses paroles qui menacent,
Ses paroles dont l'éclair luit,
Seront comme des mains qui passent
Tenant des glaives dans la nuit.

Elles feront frémir les marbres
Et les monts que brunit le soir,
Et les chevelures des arbres
Frissonneront sous le ciel noir ;

Elles seront l'airain qui sonne,
Le cri qui chasse les corbeaux,
Le souffle inconnu dont frissonne
Le brin d'herbe sur les tombeaux ;

Elles crieront : Honte aux infâmes,
Aux oppresseurs, aux meurtriers !
Elles appelleront les âmes
Comme on appelle des guerriers !

Sur les races qui se transforment,
Sombre orage, elles planeront ;
Et si ceux qui vivent s'endorment,
Ceux qui sont morts s'éveilleront.

Ce poème liminaire joue en quelque sorte pour le recueil des Châtiments le même rôle que la scène d'exposition pour une pièce de théâtre.

Présentation
- du sujet
    Une France prisonnière
    Un combat pour la liberté
- des personnages principaux
    Le tyran
    l'auteur : le banni
- du ton
    Une voix qui juge
    Une poésie tragique
    Une poésie épique voire apocalyptique comme lors d'un jugement dernier

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Hugo, Les Châtiments, France ! à l’heure où tu te prosternes...

Jean-Luc a écrit :

[…]
Les enchaînés tressailleront. 
(Hugo se serait-il laissé abuser ou est-ce une coquille ? Le verbe est tressaillir et non tressailler) […]

Bonjour Jean-Luc,

Très étrange ce tressailleront. Je l'ai trouvé aussi ici (Les Contemplations). Quelqu'un aurait-il une édition avec un commentaire là-dessus ?

J'ai lu dans le dictionnaire que tressaillir venait de trans et de saillir (salire). Dans le Grand Robert il y a une entrée SAILLER :

ÉTYM. 1773; de saillir.
Mar. Vx. Saillir (var. de saillir, d'usage normal dans la marine ancienne).

Y a-t-il un rapport ?

Bonne journée !

Cyril

Message édité :

Je viens de lire sur Littre.reverso.net :

2. Le futur est je tressaillirai ; cependant Le Franc a dit : Je tressaillerai d'allégresse ; et l'Académie de 1798 avait admis cette forme.

Sur http://artflx.uchicago.edu/cgi-bin/dico … ressaillir, on a :

TRESSAILLIR. v. n. Je tressaille, tu tressailles, il tressaille; nous tressaillons, vous tressaillez, ils tressaillent. Je tressaillois. Je tressaillis. Je tressaillerai. Je tressaillerois. Que je tressaille. Que je tressaillisse, etc. Éprouver une agitation vive et passagère. Il tressaille de joie. Il tressaillit de peur, etc. A chaque mot qu'on lui disoit de son fils, ce bon homme tressailloit de joie, de crainte, etc.

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Hugo, Les Châtiments, France ! à l’heure où tu te prosternes...

Merci Cyril,

Si je lis bien, la 6e édition de 1832 n'accepte plus le futur tressaillerai, or les Châtiments sont de 1853. Hugo utilise donc déjà une forme vieillie. Nous surprendrions un changement de forme sur le vif.

Dictionnaire de L'Académie française, 6th Edition (1832-5)
TRESSAILLIR. v. n. (Page 2:882)
TRESSAILLIR. v. n. (Je tressaille, tu tressailles, il tressaille; quelques prosateurs célèbres ont écrit, par euphonie, Il tressaillit, au présent de ce verbe; nous tressaillons, vous tressaillez, ils tressaillent. Je tressaillais. Je tressaillis. Je tressaillirai. Je tressaillirais. Que je tressaille. Que je tressaillisse. Tressaillant.) Être subitement ému, éprouver une agitation vive et passagère. Il tressaille de joie. Il tressaillit de peur, etc. À chaque mot qu'on lui disait de son fils, ce bonhomme tressaillait de joie, de crainte, etc.

Hugo, Les Châtiments, France ! à l’heure où tu te prosternes...

Bonjour !

Voici ce que je trouve dans Grevisse.
Tressaillir se conjugue comme assaillir.
* J'assaillirai. → Je tressaillirai.

Surtout pour tressaillir, le futur et le conditionnel sont parfois hésitants. (Je dirais plutôt fautifs !)
* Je tressaillerai. (Sand. Correspondance)
* Ils tressailleraient. (Musset. Poésies nouvelles. Sur la paresse)
* Tu tressaillerais. (Laforgue. Poèmes inédits. Angoisse sincère)(Corrigé par l'éditeur)
* Qui tressaillerait. (Barrès. Sous l'oeil des barbares)

Bescherelle : la seule forme correcte est "je tressaillirai".
Petit Robert 2007 : renvoie à assaillir → je tressaillirai.
Grammaire Larousse : idem.
Nouvelle grammaire Larousse : idem.
Hanse : je tressaillirai.
Grammaire d'aujourd'hui : idem.
Larousse. Difficultés (Thomas) : idem.

Hugo, Les Châtiments, France ! à l’heure où tu te prosternes...

merci beaucoup

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Hugo, Les Châtiments, France ! à l’heure où tu te prosternes...

Bonjour, je dois faire un commentaire littéraire sur France ! à l'heure où tu te prosternes de Victor Hugo. J'ai beaucoup de mal à élaborer un plan et trouver des axes. Est-ce que quelqu'un pourrait m'aider ? Merci.

Voici le poème dans toute son intégralité :

France ! à l'heure où tu te prosternes,
Le pied d'un tyran sur ton front,
La voix sortira des cavernes
Les enchaînés tressailleront.

Le banni, debout sur la grève,
Contemplant l'étoile et le flot,
Comme ceux qu'on entend en rêve,
Parlera dans l'ombre tout haut ;

Et ses paroles qui menacent,
Ses paroles dont l'éclair luit,
Seront comme des mains qui passent
Tenant des glaives dans la nuit.

Elles feront frémir les marbres
Et les monts que brunit le soir,
Et les chevelures des arbres
Frissonneront sous le ciel noir ;

Elles seront l'airain qui sonne,
Le cri qui chasse les corbeaux,
Le souffle inconnu dont frissonne
Le brin d'herbe sur les tombeaux ;

Elles crieront : Honte aux infâmes,
Aux oppresseurs, aux meurtriers !
Elles appelleront les âmes
Comme on appelle des guerriers !

Sur les races qui se transforment,
Sombre orage, elles planeront ;
Et si ceux qui vivent s'endorment,
Ceux qui sont morts s'éveilleront

Hugo, Les Châtiments, France ! à l’heure où tu te prosternes...

Quelles idées as-tu déjà pour commencer ?

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Hugo, Les Châtiments, France ! à l’heure où tu te prosternes...

Ben je sais pas trop c'est un peu le fouilli dans ma tête ...
J'ai quelques idées mais je ne sais pas comment les organisées ...
Je pensais faire un axe sur la tyrannie de napoléon III puis peut etre un autre sur l'engagement de Victor Hugo dans ce poème mais je suis perdue je ne sais pas du tout comment organiser tout cela, et quoi mettre dans mes sous axes ...

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Hugo, Les Châtiments, France ! à l’heure où tu te prosternes...

N'oublie pas que généralement dans un commentaire, il faut traiter aussi un axe sur la forme, c'est à dire la structure du texte, etc ... Comme ici c'est une poésie, il y aura pal mal de choses à développer : disposition du poème, rimes, versification, signification ...)
Je ne suis pas très calée sur ce genre de choses mais à cause de ça, je me suis pris un carton : "il y a fond et forme".

En espérant t'avoir aidé un peu,

Bon courage pour ton commentaire