Le but suprême du romancier est de nous rendre sensible l'âme humaine, de nous la faire connaître et aimer...

"Le but suprême du romancier est de nous rendre sensible l'âme humaine, de nous la faire connaître et aimer dans sa grandeur comme dans sa misère, dans ses victoires et dans ses défaites. Admiration et pitié, telle est la devise du roman."
[ Georges Duhamel ] - Extrait de l' Essai sur le roman

Que pensez-vous de cette conception du roman ? Vous vous appuierez exclusivement sur : La Curée de Zola, Bel-ami de Maupassant, Thérèse Desqueyroux de Mauriac et Le Père Goriot de Balzac.

Pourriez-vous me donnez des conseils ? je n'ai aucune idée de plan, ça me désepère !!!

Merci d'avance !

Rappel des règles
Seuls les élèves ayant effectué un travail personnel préalable sur leur sujet peuvent obtenir une aide ponctuelle. Vous devez donc indiquer vos pistes de recherches personnelles.

Le but suprême du romancier est de nous rendre sensible l'âme humaine, de nous la faire connaître et aimer...

Le "que pensez-vous"implique un plan dialectique avec thèse/antithèse/synthèse.

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Le but suprême du romancier est de nous rendre sensible l'âme humaine, de nous la faire connaître et aimer...

Bonsoir Jenno,

Qui dit "but suprême" sous-entend plusieurs autres buts…
Par ailleurs "admiration et pitié" est à rapprocher du "terreur et pitié" qui définissait le plaisir tragique au siècle classique. De là à penser que, pour Duhamel, le roman serait une forme moderne de la tragédie…

Le roman est d'abord essentiellement une forme élaborée du récit avant d'être une étude psychologique ou une réflexion philosophique sur la condition humaine. Ainsi le roman est-il d'abord un récit d'aventures, un récit sentimental ou historique, un récit policier….

Il est vrai aussi que la nécessité de créer des héros romanesques consistants a conduit les auteurs à fouiller les mobiles de leurs actes.

Pourtant le roman est aussi une forme commode pour peindre une société et ses travers.

Le but suprême du romancier est de nous rendre sensible l'âme humaine, de nous la faire connaître et aimer...

D'accord, je comprends bien. Dans ce cas, puis-je faire un plan comme celui-ci :

I) Le roman peint l'âme humaine

- Des caractères non communs
- Des personnages imparfaits
- Peinture des personnages (plan physique...)

II) Le travail du romancier

- Le choix du romancier
- La réflexion du romancier

III) Limites de l'aspect psychologique des romans

- Une représentation du réel qui ne va pas de soir, une vision souvent biaisée du réel
- Le roman, lieu de la fiction

J'ai également un peu de mal à trouver des exemples dans mes parties... Je pense citer Bel-ami dans le I), mais après j'hésite...

Sinon je pense faire dans l'introduction une présentation de l'importance des mythes dans les romans : en effet, les personnages faisant office de héros, même s'ils ne sont pas parfaits, se rapprochent des héros mythologiques comme ceux des récits d'Homère... Que pensez-vous de cette idée ?

Sinon en conclusion, je pense parler du fait qu'il est vrai que le roman permet de peindre une société, mais que son récit est empreint de son propre jugement, de son opinion. De plus, je pourrais faire une ouverture sur le fait que ce n'est pas le but unique du roman ?

Merci pour toute l'aide que vous pourrez m'apporter !!

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Le but suprême du romancier est de nous rendre sensible l'âme humaine, de nous la faire connaître et aimer...

Un romancier à sa table de travail :

"Tiens, j'ai envie de rendre sensible l'âme humaine au lecteur, de la lui faire connaître et aimer dans sa grandeur comme dans sa misère, dans ses victoires et dans ses défaites. Admiration et pitié"


...

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Le but suprême du romancier est de nous rendre sensible l'âme humaine, de nous la faire connaître et aimer...

Bonsoir Jenno,

Ce plan ne me paraît pas bien structuré et progressif.

Un romancier écrit d'abord pour raconter une histoire. Ce récit répond à un projet précis :  divertissement, enquête, relation d'une expérience personnelle, résurrection d'une époque passée… Le lecteur attend lui aussi une histoire. Il n'achète pas un roman à la place d'un traité de psychologie.

Pour rendre cette fiction vraisemblable, le romancier doit soigner le caractère de ses personnages. Le lecteur attend aussi des personnages auxquels il peut s'identifier. Le lecteur aime être surpris, enchanté… Il aime vivre par procuration...

Et même le romancier est souvent conduit à nous livrer sa vision personnelle de la condition humaine.

Tu pourrais aborder aussi le roman d'apprentissage.

Si tu cherches des idées plus générales, tu peux revenir au placere, docere (plaire et instruire) tout vrai romancier cherche d'abord à séduire son lecteur par un récit original et surprenant pour lui faire partager son regard personnel sur la vie.

Pense à t'appuyer sur les oeuvres que tu cites à la suite du sujet.

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Le but suprême du romancier est de nous rendre sensible l'âme humaine, de nous la faire connaître et aimer...

Bonjour à tous,
Je suis dans la même classe que Jenna et j'aurais aussi besoin d'aide pour cette dissertation.
J'ai reformulé la problématique initiale "Que pensez-vous de la conception du roman que révèlent ces affirmations?", pour aboutir à la suivante:
Le but du romancier se limite-t-il à un aspect psychologique qui se traduit par l'intérêt porté aux personnages?

Et voici ma proposition de plan:
I) A travers ses personnages, le romancier nous fait connaître l'âme humaine, mais surtout dans ses extrêmes
A) L'importance des portraits physiques et psychologiques des personnages, des différentes focalisations et discours pour rendre ces portraits le plus précis et complets possible
B) Des personnages qui nous ressemblent, car "le génie du roman nous fait vivre le possible" (Albert Thibaudet) => souci de vraisemblance
C) Des personnages mythifiés, poussés à l'extrême, pour lesquels on éprouve de l'admiration et/ou de la pitié (des sentiments qui peuvent être complémentaires)
(+ l'auteur ne nous fait part que de la partie "intéressante", "extraordinaire" en quelque sorte, de la vie du personnage)

II) Cependant, dans certains cas, les personnages ne nous permettent pas de mieux connaître l'âme humaine dans toute sa complexité pour diverses raisons
A) Le manichéisme des personnages de roman
B) Le Nouveau Roman: mort du personnage

III) Une conception trop restrictive: le roman a d'autres fonctions
A) Intérêt historique et didactique du roman (+influence du milieu et de l'hérédité sur la personnalité des personnages (théorie du milieu, Zola, naturalisme en général))
B) Romans où caractère fictif prend une importance considérable, et où le but majeur est de faire évader le lecteur dans un autre monde
C) Romans didactiques ou engagés: lorsque l'auteur veut faire partager ses convictions

Qu'en pensez-vous?
Je pense qu'il faudrait que je développe un peu le II, mais je n'ai vraiment plus d'idées. Si vous en avez, s'il vous plaît n'hésitez pas à m'en faire part!
Je pourrais peut-être parler d'autres sentiments qu'on peut éprouver à l'égard des personnages, mais je suis pas sûre que ça soit très pertinent (par rapport au titre de la partie).
Et pour le I), je trouve que mes deux dernières sous-parties sont totalement contradictoires, mais le paradoxe est déjà dans le sujet: si j'ai bien compris, Duhamel fait référence au manichéisme et de la mythification des personnages de roman, tout en admettant que ces derniers peuvent être à notre image.
Dernière petite question: trouvez-vous que mes deux dernières parties se recoupent?
Merci d'avance pour votre aide

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Le but suprême du romancier est de nous rendre sensible l'âme humaine, de nous la faire connaître et aimer...

Bonjour impatiente Sabrina,

C'est une très bonne réflexion.

Dans ta problématique vaut-il mieux dire "Aspect" ou "intérêt" ?

Pour développer ton II, j'examinerais la mécanisation de l'humain par la caricature, par ex. Candide, ou par l'idéologie, le déterminisme de Zola que tu abordes en III A.

Pour III A passé en II, je remplacerais par l'aspect documentaire des romans de Zola.

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Le but suprême du romancier est de nous rendre sensible l'âme humaine, de nous la faire connaître et aimer...

Merci infiniment pour vos conseils, Jean-Luc, et désolée d'être aussi impatiente... 
C'est vrai que mon plan me paraît plus logique et cohérent avec ces modifications que vous m'avez proposées. La problématique aussi: il vaut mieux dire "intérêt", vous avez raison.
Le seul petit problème est que je ne comprends pas très bien ce que vous voulez dire par "mécanisation de l'humain". (Mécanisation?)
Mais je développerai tout de même la caricature et le déterminisme.

Pensez-vous que je doive développer les autres sentiments ou réactions du lecteur face aux personnages de roman?
c'est une des premières idées que j'ai eues en lisant le sujet pour la première fois, mais je commence à penser que c'est pas la peine d'en parler, ou alors très peu (une ou deux phrases + peut-être un exemple), dans le II, car en réfléchissant bien, c'est vrai que admiration et pitié sont les deux principaux sentiments qu'on éprouve pour un personnage de roman: il peut y en avoir d'autres, mais ils sont "secondaires", leur importance est souvent réduite par rapport à ces deux-là.
Merci encore une fois! Avez-vous des idées pour le début d'une bonne introduction?
Je ne sais pas quoi mettre...  Que pensez-vous de cette intro?

Les fonctions et intérêts du roman, genre littéraire aux contours relativement flous, font depuis les origines de ce dernier l'objet de débats véhéments et analyses approfondies qui aboutissent parfois à la définition de différentes conceptions du genre  romanesque. Ainsi, Georges Duhamel, grand écrivain humaniste contemporain, affirme, dans son Essai sur le roman, que "but suprême du romancier est de nous rendre sensible l'âme humaine, de nous la faire connaître et aimer dans sa grandeur comme dans sa misère, dans ses victoires comme dans ses défaites", et il conclut: "admiration et pitié, telle est la devise du roman". Que peut-on penser de la conception du roman que revèlent ces affirmations? Autrement dit, le but du romancier se limite-t-il vraiment à un intérêt psychologique qui se traduit par l'importance accordée aux personnages?
Nous verrons dans une première partie que le romancier nous fait, en effet, à travers ses personnages, connaître et aimer l'âme humaine, mais surtout dans ses extrêmes, comme le soulignent les antithèses grandeur/misère, victoires/défaites (est-ce un parallélisme oppositionnel?). Dans un deuxième temps, nous montrerons que les personnages de roman ne nous permettent pas toujours de mieux connaître et aimer l'âme humaine dans toute sa complexité, pour enfin analyser, dans une troisième partie, les autres fonctions du roman, dont la seule existence prouve que cette conception du roman est bien trop restrictive.
merci!

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Le but suprême du romancier est de nous rendre sensible l'âme humaine, de nous la faire connaître et aimer...

Bonjour,

La simplification outrancière (caricature) ou les lois déterministes enlèvent à la nature humaine toute épaisseur, toute complexité ou tout début de liberté. La nature humaine, à être rendue trop prévisible, cesse de nous surprendre et donc de nous intéresser. Si en plus, nous ne pouvons nous identifier à des marionnettes ou des robots, le héros romanesque perd son pouvoir de séduction... En complément, Bergson a prétendu, à juste titre, que dans ce placage de la mécanique sur de l'humain résidait la source du comique (rire).

Pour l'introduction, elle est globalement satisfaisante. Je te proposerais néanmoins de revoir l'annonce du plan dans la forme. Regarde les fiches de méthode.
Au lieu de "nous verrons d'abord...", il serait plus habile d'écrire

EN EFFET le romancier nous fait le plus souvent à travers ses personnages, connaître et aimer l'âme humaine, mais surtout dans ses extrêmes, comme le soulignent les antithèses grandeur/misère, victoires/défaites (est-ce un parallélisme oppositionnel?) oui pour la question. Il est maladroit de développer dans l'annonce du plan. Mais les personnages de roman ne nous permettent pas toujours de mieux connaître et aimer l'âme humaine dans toute sa complexité d'autant plus que les autres fonctions du roman par leur seule existence prouvent que la conception de Duhamel est bien trop restrictive.