Flaubert, Madame Bovary, I, 9 - Dans l’après-midi, quelquefois, une tête d’homme apparaissait...

Bonjour, je dois rendre un commentaire littéraire pour vendredi 29/02/08 sur Madame Bovary de Flaubert partie I, chapitre 9.
J'ai commencé mon commentaire et je souhaiterai savoir si je suis sur "la bonne voie"  !

Mon plan:
Intro, problematique: Comment le personnage de Flaubert s'échappe de la réalité?

I/ D'un monde imaginaire...
Emma commence à rêver grâce aux détails qui la séduisent:
a. diversité des personnages
b. exotisme
c. aristocratie
d. musique

II/ ... à un monde réel
Puis elle "redescent sur terre" à cause des détails prosaïques:
a. l'attitude du musicien (crachat,..)
b. la misère, le musicien n'est qu'un mendiant

Conclusion


Mon intro:
Vers la deuxième moitié du XIXème siècle, pendant le mouvement littéraire du réalisme, Gustave Flaubert écrit Madame de Bovary en 1856.
Dans cet extrait on peut voir qu'Emma Bovary s'ennuie fortement de sa vie qu'elle ne trouve pas assez variée. Comment le personnage de Flaubert s'évade-t-il de la réalité?
D'une part nous étudierons comment Madame Bovary s'échappe de cette vie insipide puis d'autre part comment elle retombe sur terre.L'extrait est celui où Emma s'ennuie et voit à travers une vitre un mendiant qui joue d'un instrument.

Dans l'après-midi, quelquefois, une tête d'homme apparaissait derrière les vitres de la salle, tête hâlée, à favoris noirs, et qui souriait lentement d'un large sourire doux à dents blanches. Une valse aussitôt commençait, et, sur l'orgue, dans un petit salon, des danseurs hauts comme le doigt, femmes en turban rose, Tyroliens en jaquette, singes en habit noir, messieurs en culotte courte, tournaient, tournaient entre les fauteuils, les canapés, les consoles, se répétant dans les morceaux de miroir que raccordait à leurs angles un filet de papier doré. L'homme faisait aller sa manivelle, regardant à droite, à gauche et vers les fenêtres. De temps à autre, tout en lançant contre la borne un long jet de salive brune, il soulevait du genou son instrument, dont la bretelle dure lui fatiguait l'épaule ; et, tantôt dolente et traînarde, ou joyeuse et précipitée, la musique de la boîte s'échappait en bourdonnant à travers un rideau de taffetas rose, sous une grille de cuivre en arabesque. C'étaient des airs que l'on jouait ailleurs sur les théâtres, que l'on chantait dans les salons, que l'on dansait le soir sous des lustres éclairés, échos du monde qui arrivaient jusqu'à Emma. Des sarabandes à n'en plus finir se déroulaient dans sa tête, et, comme une bayadère sur les fleurs d'un tapis, sa pensée bondissait avec les notes, se balançait de rêve en rêve, de tristesse en tristesse. Quand l'homme avait reçu l'aumône dans sa casquette, il rabattait une vieille couverture de laine bleue, passait son orgue sur son dos et s'éloignait d'un pas lourd. Elle le regardait partir.

Flaubert, Madame Bovary, I, 9 - Dans l’après-midi, quelquefois, une tête d’homme apparaissait...

bonjours j'aurais besoins d'aide pour faire mon commentaire sur le chapitre 9 de la partie 1 de madame bovary je n'arrive pas a trouver les axes mon extrait commence a "Paris, plus vague que l'océan[...]de la livrée. j'attend vos reponses avec impatiance

Rappel des règles
Seuls les élèves ayant effectué un travail personnel préalable sur leur sujet peuvent obtenir une aide ponctuelle. Vous devez donc indiquer vos pistes de recherches personnelles.

.voila l'extrait sur quoi je doit travailler je ne trouve absolument rien j'aurais juste besoins que l'ont m'oriente vers des axes merci:

Paris, plus vague que l’Océan, miroitait donc aux yeux d’Emma dans une atmosphère vermeille. La vie nombreuse qui s’agitait en ce tumulte y était cependant divisée par parties, classée en tableaux distincts. Emma n’en apercevait que deux ou trois qui lui cachaient tous les autres, et représentaient à eux seuls l’humanité complète. Le monde des ambassadeurs marchait sur des parquets luisants, dans des salons lambrissés de miroirs, autour de tables ovales couvertes d’un tapis de velours à crépines d’or. Il y avait là des robes à queue, de grands mystères, des angoisses dissimulées sous des sourires. Venait ensuite la société des duchesses ; on y était pâle ; on se levait à quatre heures ; les femmes, pauvres anges ! portaient du point d’Angleterre au bas de leur jupon, et les hommes, capacités méconnues sous des dehors futiles, crevaient leurs chevaux par partie de plaisir, allaient passer à Bade la saison d’été, et, vers la quarantaine enfin, épousaient des héritières. Dans les cabinets de restaurant où l’on soupe après minuit riait, à la clarté des bougies, la foule bigarrée des gens de lettres et des actrices. Ils étaient, ceux-là, prodigues comme des rois, pleins d’ambitions idéales et de délires fantastiques. C’était une existence au-dessus des autres, entre ciel et terre, dans les orages, quelque chose de sublime.
Quant au reste du monde, il était perdu, sans place précise, et comme n’existant pas. Plus les choses, d’ailleurs, étaient voisines, plus sa pensée s’en détournait. Tout ce qui l’entourait immédiatement, campagne ennuyeuse, petits bourgeois imbéciles, médiocrité de l’existence, lui semblait une exception dans le monde, un hasard particulier où elle se trouvait prise, tandis qu’au delà s’étendait à perte de vue l’immense pays des félicités et des passions. Elle confondait, dans son désir, les sensualités du luxe avec les joies du cœur, l’élégance des habitudes et les délicatesses du sentiment. Ne fallait-il pas à l’amour, comme aux plantes indiennes, des terrains préparés, une température particulière ? Les soupirs au clair de lune, les longues étreintes, les larmes qui coulent sur les mains qu’on abandonne, toutes les fièvres de la chair et les langueurs de la tendresse ne se séparaient donc pas du balcon des grands châteaux qui sont pleins de loisirs, d’un boudoir à stores de soie avec un tapis bien épais, des jardinières remplies, un lit monté sur une estrade, ni du scintillement des pierres précieuses et des aiguillettes de la livrée.

Flaubert, Madame Bovary, I, 9 - Dans l’après-midi, quelquefois, une tête d’homme apparaissait...

As-tu quelques idéés au moins?

Flaubert, Madame Bovary, I, 9 - Dans l’après-midi, quelquefois, une tête d’homme apparaissait...

non je n'en ai pas dutout je sais sa fait comme si j'avais rien fais mais avec bovary j'ai vremen du mal il me faudrais un axe après j'arriverais a me repérer merci

Flaubert, Madame Bovary, I, 9 - Dans l’après-midi, quelquefois, une tête d’homme apparaissait...

Bonsoir Wilou,

Le plus important est cela :

Paris, plus vague que l’Océan, miroitait donc aux yeux d’Emma dans une atmosphère vermeille. La vie nombreuse qui s’agitait en ce tumulte y était cependant divisée par parties, classée en tableaux distincts. Emma n’en apercevait que deux ou trois qui lui cachaient tous les autres, et représentaient à eux seuls l’humanité complète.

À partir de cela, relève les champs lexicaux des positions sociales (ambassadeurs, duchesse, roi), des paillettes, de ce qui brille, de ce qui attire, de la lumière, de ce qui est "au-dessus"...

Relève aussi l'ironie du narrateur.

Continue...

Muriel

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Flaubert, Madame Bovary, I, 9 - Dans l’après-midi, quelquefois, une tête d’homme apparaissait...

Bonjour, j'ai un commentaire à faire sur le chapitre 9 de la première partie de Madame Bovary
Ca fait un moment que je cherche des idées pour le plan mais je n'est trouver que ça:
I]Madame Bovary et son mal de vivre
A. Enfermement
B. Monotonie
C. Le renoncement

Mais voilà, je n'est que ça!
Donc, pourriez-vous m'aider à trouver d'autres idées? Et aussi une piste pour la problématique?!

Le passage est celui-ci:

Après l'ennui de cette déception, son coeur de nouveau resta vide, et alors la série des mêmes journées recommença.
      Elles allaient donc maintenant se suivre ainsi à la file, toujours pareilles, innombrables, et n'apportant rien ! Les autres existences, si plates qu'elles fussent, avaient du moins la chance d'un événement. Une aventure amenait parfois des péripéties à l'infini, et le décor changeait. Mais, pour elle, rien n'arrivait, Dieu l'avait voulu ! L'avenir était un corridor tout noir, et qui avait au fond sa porte bien fermée.
      Elle abandonna la musique. Pourquoi jouer ? qui l'entendrait ? Puisqu'elle ne pourrait jamais, en robe de velours à manches courtes, sur un piano d'Érard, dans un concert, battant de ses doigts légers les touches d'ivoire, sentir, comme une brise, circuler autour d'elle un murmure d'extase, ce n'était pas la peine de s'ennuyer à étudier. Elle laissa dans l'armoire ses cartons à dessin et la tapisserie. À quoi bon ? à quoi bon ? La couture l'irritait.
      – J'ai tout lu, se disait-elle.
      Et elle restait à faire rougir les pincettes, ou regardant la pluie tomber.
      Comme elle était triste le dimanche, quand on sonnait les vêpres ! Elle écoutait, dans un hébétement attentif, tinter un à un les coups fêlés de la cloche. Quelque chat sur les toits, marchant lentement, bombait son dos aux rayons pâles du soleil. Le vent, sur la grande route, soufflait des traînées de poussière. Au loin, parfois, un chien hurlait : et la cloche, à temps égaux, continuait sa sonnerie monotone qui se perdait dans la campagne.

Merci d'avance!

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Flaubert, Madame Bovary, I, 9 - Dans l’après-midi, quelquefois, une tête d’homme apparaissait...

Bonjour Hannah,

C'est bien vu.
Examine quand même si la passivité d'Emma ne cache pas
- un rêve qui affleure,
- une attente qui ne dit pas son nom.

Quelle est l'origine de ce comportement dépressif ? Qu'est-ce qu'elle nous apprend de la psychologie d'Emma ?

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Flaubert, Madame Bovary, I, 9 - Dans l’après-midi, quelquefois, une tête d’homme apparaissait...

Merci beaucoup Jean-Luc pour votre réponse!
Mais je ne comprend pas très bien:
dans ce passage elle ne rêve pas?
Et je ne comprend pas aussi lorsque vous dîtes: "une attente qui ne dit pas son nom"?
Pourrais-je parler de ça dans une seconde partie?

Et lorsque vous parlez de psychologie est-ce que c'est le fait qu'elle aimerait être comme tout le monde et qu'elle cherche de casser la routine?

Merci beaucoup.

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Flaubert, Madame Bovary, I, 9 - Dans l’après-midi, quelquefois, une tête d’homme apparaissait...

Ha non, je crois que j'ai compris pour une partie de mes questions!
En fait vos questions, Jean-Luc, ce sont des idées pour les problématiques!!!

Merci beaucoup!Et l'attente qui ne dit pas son nom ne serais-ce pas l'amour?

Merci.

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Flaubert, Madame Bovary, I, 9 - Dans l’après-midi, quelquefois, une tête d’homme apparaissait...

Bonsoir Hannah,

Le rêve est dans l'épisode du piano.
L'attente est marquée dans le dernier paragraphe par l'acuité des perceptions venues du dehors. Tu as raison cette attente d'un événement improbable qui viendra tirer Emma de sa léthargie est bien un signe avant-coureur non de l'amour mais de la passion.
Quant à la psychologie, as-tu remarqué le début de l'extrait ? une déception, puis au cours de son rêve, le désir d'être distinguée, admirée... Emma ne veut justement pas d'une vie ordinaire.