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Que lisez-vous actuellement ? (œuvres étrangères exclusivement)

C'est curieux, Les Hauts de Hurlevent (dans la traduction de Michel Fuchs, Dominique Jean et Annie Regourd pour La Pléiade), je l'ai lu tardivement et j'ai adoré ce roman - très noir - que je place au panthéon de mes lectures. Comme quoi une grande partie de l'appréciation d'un ouvrage dépend quand même de nos envies du moment, des circonstances de la lecture et... de nos goûts, si subjectifs.

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Que lisez-vous actuellement ? (œuvres étrangères exclusivement)

Je ne dis pas que c'est mauvais, la preuve, je l'ai lu jusqu'au bout, c'est déjà bon signe. 

Mais je suis peut-être un peu allergique aux auteurs anglo-saxons féminins névrosés... (avec peut-être une exception pour certains poèmes de Dickinson). Là, on se sent d'autant moins concerné que le lieu comme l'époque ne nous disent pas grand-chose a priori. L'avantage, c'est peut-être que le nombre de personnages reste raisonnable, même si (si je me souviens bien) plusieurs ont des noms similaires qui font qu'on a tendance à les confondre.

C'est peut-être simplement le genre qui ne m'inspire pas vraiment : je préfère par exemple de loin Gogol à Dostoïevski, dont je n'ai jamais réussi à lire un roman en entier. Je préfère quand c'est bref, et un peu d'humour ou de fantaisie (voire de loufoquerie) ne nuit pas. Parmi les Anglo-saxons, mes références sont quand même Mark Twain, Lewis Carroll, Edgar Poe (pas toujours comique, lui, mais avec parfois un humour grinçant que j'aime bien), Ambrose Bierce, Rudyard Kipling - et d'autres que j'oublie (ah si, Jerome K. Jerome bien sûr). Bon, chacun ses goûts, en effet.

Que lisez-vous actuellement ? (œuvres étrangères exclusivement)

Vous n'avez pas aimé le double meurtre à la hache de Crime et Châtiment ?

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Je crains de ne pas être arrivé jusque là, mais vous me mettez l'eau à la bouche... je vais me renseigner...

Que lisez-vous actuellement ? (œuvres étrangères exclusivement)

Vous n'êtes vraiment pas allé loin en ce cas ! 

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Mais je me souviens de "Я смешной человек". 
(A choisir, Boulgakov est quand même plus rigolo).

167 (Modifié par Simon UA 04/12/2019 à 18:03)

Que lisez-vous actuellement ? (œuvres étrangères exclusivement)

Crime et châtiment est vraiment un superbe livre.

J'avais beaucoup aimé.

Pour comparer Gogol à Dostoïevski, je ne sais pas s'ils sont vraiment comparables. Je pose vraiment la question. Les deux styles sont quand même tellement différents.

Après, je trouve que c'est difficile de ne pas aimer Gogol.

C'est vraiment un régal, avec Les âmes mortes, Le revizor, ses nouvelles...

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Je termine une lecture plus exigeante (pour mon niveau de lecture), celle du Théâtre complet d’Aristophane dans La Pléiade, soit les onze pièces du poète qui nous parvenues :
- Les Acharniens
- Les Cavaliers
- Les Nuées
- Les Guêpes
- La Paix
- Les Oiseaux
- Lysistrata
- Les Thesmophorieuses
- Les Grenouilles
- Les Femmes à l'Assemblée
- Ploutos

Je ne commenterai pas tant le théâtre d’Aristophane à propos duquel il existe de nombreux écrits autorisés, que la façon dont j’ai abordé ce volume non en helléniste, ni en universitaire, ni même en professionnel du spectacle, mais en simple lecteur curieux de découvertes littéraires et en amateur de théâtre en particulier.

Pour tenter de bien comprendre les pièces de recueil, il faut vaincre de multiples difficultés :
- lire une traduction sans aucune connaissance du texte original,
- avoir quelques bases à propos du contexte historique pour mieux apprécier le contenu politique, les polémiques et les nombreuses critiques,
- comprendre un vocabulaire « antique » avec de nombreuses références (noms propres et noms communs) à la mythologie, aux personnages et aux us de l’époque.
Je n’avais me semble-t-il pas eu autant cette impression de difficulté avec les tragiques grecs ni avec le théâtre latin de Plaute et Térence.
Bien entendu, au fil de la lecture on finit par rentrer dedans et les difficultés paraissent plus légères.

En revanche, pour qui veut faire un effort, ce théâtre est très gratifiant :
- découverte (ou approfondissement par rapport aux deux volumes consacrés à Eschyle, Euripide et Sophocle) de ce qu’était le théâtre il y a 2400 ans,
- découverte ou approfondissement des mœurs des Athéniens à la charnière des Ve et IVe siècles avant notre ère,
- et tout simplement immense plaisir de « lire » une littérature qui se situe parmi celles des origines du monde méditerranéen : avec sa verve et son humour, le style d’Aristophane est très « dynamique ».

Une fois n’est pas coutume, j’ai grandement apprécié les notices et même lu la plupart des notes.
Ma méthode de lecture a été la suivante pour chaque pièce : lecture de la notice, lecture du texte et relecture de la notice. Ce processus m’a été indispensable pour tenter de comprendre au mieux les ressorts, les tenants et aboutissants des intrigues.
Le traducteur est reparti des manuscrits connus. J’ai apprécié qu’il soit aussi un metteur en scène qui a une vision pratique du théâtre.
Aristophane utilise des mots composés de son invention, parfois très longs dont la traduction est certainement très difficile : je n’ai pas toujours trouvé bien heureux ces néologismes que le traducteur a créés, mais ça reste un détail par rapport au travail d’ensemble, avec une bonne lisibilité pour ce texte français.

Ce théâtre est réjouissant, caustique, souvent sans retenue avec ses répliques parfois graveleuses ou obscènes – mais toujours bon enfant, un peu comme dans la farce. Ancêtres des héros de Ionesco, Brecht ou Jarry, les personnages sont pittoresques ; les intrigues jouent avec le quotidien aussi bien qu’avec le fantastique, jusqu’à apparaître parfois farfelues, mais il y a toujours au minimum un second niveau de lecture, historique, littéraire ou philosophique.

Pour tous ceux qui sont curieux de l’Antiquité, amateurs de littérature et de théâtre, cette lecture vaut l’effort. S’il fallait n’en retenir que deux ou trois pour aborder ce théâtre, à titre personnel je suggérerais Lysistrata, Les Thesmophorieuses ou encore Les Grenouilles.

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Il y avait vraiment des femmes dans les Assemblées (politiques je suppose) ?

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Que lisez-vous actuellement ? (œuvres étrangères exclusivement)

C'est justement le thème de la pièce Les Femmes à l'assemblée : pour s'y introduire, elle doivent ruser. Bien leur en prendra puisqu'à la suite de cette opération le pouvoir sera remis aux femmes. C'est à lire...