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Corneille, Le Cid, acte III, scène 3

Bonjour, j’ai besoin d’aide.
Comment je peux montrer dans la scène 3 de l’acte 3 un portrait de Chimène partagée entre son amour et le devoir de soutenir son honneur, un actitudes qui contrevient aux idéaux d’harmonie et d’ordre classicisme.
Deux idées principales et pour chaque idée principale 2 ou 3 idées secondaires.
Merci de votre aide.

Rappel des règles
Seuls les élèves ayant effectué un travail personnel préalable sur leur sujet peuvent obtenir une aide ponctuelle. Vous devez donc indiquer vos pistes de recherches personnelles.

2 (Modifié par floreale 07/10/2019 à 07:43)

Corneille, Le Cid, acte III, scène 3

Dans cette scène, Chimène est avec Elvire, l'occasion d'épancher son cœur. Comme un faux dialogue , presque un monologue puisque Chimène montre assez le trouble dans lequel elle se trouve après la mort de son père.
On est au cœur du dilemme. Aimer Rodrigue et demander vengeance.
Toute la scène repose sur un jeu d'oppositions entre les champs lexicaux et les antithèses : je l'aime, je dois demander sa tête.

Corneille, Le Cid, acte III, scène 3

Comment je peux montrer dans la scène 3 de l’acte 3 un portrait de Chimène partagée entre son amour et le devoir de soutenir son honneur,

Bonjour,
Tu peux montrer cela en te référant au texte.
Par exemple en rendant visible par des couleurs ce qui appartient à la passion amoureuse (rouge), ce qui appartient au devoir d'une fille (bleu)
Tu verras ainsi comment toute la scène est construite sur une opposition entre l'amour et la gloire, et comment elle génère une douleur telle que la seule issue est la mort.


Acte III
Scène 3 – Chimène, Elvire

Chimène

Enfin je me vois libre, et je puis sans contrainte
De mes vives douleurs te faire voir l’atteinte ;
Je puis donner passage à mes tristes soupirs ;
Je puis t’ouvrir mon âme et tous mes déplaisirs.
Mon père est mort, Elvire ; et la première épée
Dont s’est armé Rodrigue a sa trame coupée.
Pleurez, pleurez, mes yeux, et fondez-vous en eau !
La moitié de ma vie a mis l’autre au tombeau,
Et m’oblige à venger, après ce coup funeste,
Celle que je n’ai plus sur celle qui me reste.


Elvire

Reposez-vous, Madame.


Chimène

Ah ! que mal à propos
Dans un malheur si grand tu parles de repos !
Par où sera jamais ma douleur apaisée,
Si je ne puis haïr la main qui l’a causée ?
Et que dois-je espérer qu’un tourment éternel,
Si je poursuis un crime, aimant le criminel.


Elvire

Il vous prive d’un père, et vous l’aimez encore !


Chimène

C’est peu de dire aimer, Elvire : je l’adore ;
Ma passion s’oppose à mon ressentiment ;
Dedans mon ennemi je trouve mon amant ;

Et je sens qu’en dépit de toute ma colère
Rodrigue dans mon cœur combat encor mon père :
Il l’attaque, il le presse, il cède, il se défend,
Tantôt fort, tantôt faible, et tantôt triomphant ;
Mais en ce dur combat de colère et de flamme,
Il déchire mon cœur sans partager mon âme ;
Et quoi que mon amour ait sur moi de pouvoir,
Je ne consulte point pour suivre mon devoir :
Je cours sans balancer où mon honneur m’oblige.
Rodrigue m’est bien cher, son intérêt m’afflige ;
Mon cœur prend son parti ; mais, malgré son effort,
Je sais ce que je suis, et que mon père est mort.


Elvire

Pensez-vous le poursuivre ?


Chimène

Ah ! cruelle pensée !
Et cruelle poursuite où je me vois forcée !
Je demande sa tête, et crains de l’obtenir :
Ma mort suivra la sienne, et je le veux punir !


Elvire

Quittez, quittez, Madame, un dessein si tragique ;
Ne vous imposez point de loi si tyrannique.


Chimène

Quoi ! mon père étant mort, et presque entre mes bras,
Son sang criera vengeance, et je ne l’orrai pas !

Mon cœur, honteusement surpris par d’autres charmes,
Croira ne lui devoir que d’impuissantes larmes !
Et je pourrai souffrir qu’un amour suborneur
Sous un lâche silence étouffe mon honneur !



Elvire

Madame, croyez-moi, vous serez excusable
D’avoir moins de chaleur contre un objet aimable,
Contre un amant si cher : vous avez assez fait,
Vous avez vu le roi ; n’en pressez point l’effet,
Ne vous obstinez point en cette humeur étrange.


Chimène

Il y va de ma gloire, il faut que je me venge ;
Et de quoi que nous flatte un désir amoureux,
Toute excuse est honteuse aux esprits généreux.


Elvire

Mais vous aimez Rodrigue, il ne vous peut déplaire.


Chimène

Je l’avoue.


Elvire

Après tout, que pensez-vous donc faire ?


Chimène

Pour conserver ma gloire et finir mon ennui,
Le poursuivre, le perdre, et mourir après lui.

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Corneille, Le Cid, acte III, scène 3

Ma passion s’oppose à mon ressentiment ;
Dedans mon ennemi je trouve mon amant

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Corneille, Le Cid, acte III, scène 3

Donc, comme première idée principale je peux dire que Chimène aime encore Rodrigue et comme deuxième idée je peux dire qu’elle demande vengeance par la mort de son père?

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Corneille, Le Cid, acte III, scène 3

Ce serait fort insuffisant.

Rappelle la situation : Chimène parle à Elvire mais se parle à elle-même.

Définis un dilemme. Recherche les deux champs lexicaux dominants et relève des figures de style d'opposition.

Corneille, Le Cid, acte III, scène 3

Donc, comme première idée principale je peux dire

Le problème, c'est qu'il n'y a pas d'idée principale. C'est ce que j'ai essayé de rendre visuellement par deux couleurs différentes, mais apparemment en vain.
Comme te le dit Floréale, l'héroïne est confrontée à un dilemme.
Elle est déchirée  par un conflit entre son devoir (son père) et son amour (Rodrigue).
Ce choix impossible est rendu sensible dans son discours presque à chaque vers.
Mais Chimène est une héroïne cornélienne, elle ne négligera pas la morale et "sa gloire". Elle fera le "bon" choix, mais n'a pas l'intention d'y survivre.