1

Lectures complémentaires sur le parcours "Alchimie : la boue et l'or"

Bonjour,

Je cherche 2 lectures complémentaires qui entreraient dans le parcours "Alchimie : la boue et l'or" imposé avec la lecture des Fleurs du Mal de Baudelaire. Elles doivent provenir d'un autre auteur et d'un autre siècle.

On m'a déjà conseillé une liste de recueils mais je n'ai pas le temps de tous les feuilleter pour savoir s'ils entrent dans le parcours. J'ai besoin de poèmes le plus court possible et le plus simple possible car mes élèves présentent certaines lacunes en français (j'enseigne à Mayotte).

Auriez-vous quelques idées ?

La liste en question :

- Rythmes, Chédid
- Le parti pris des choses, Ponge
- Paroles, Prévert
- Delerm
- Black Label, Damas
- Cahier d’un retour au pays natal
- La prose du Transsibérien, Cendrars
- La vitesse foudroyante du passé, Carver
- Lumière d’hiver, Jaccottet

2 (Modifié par floreale 07/09/2019 à 18:36)

Lectures complémentaires sur le parcours "Alchimie : la boue et l'or"

S'il s'agit de proposer des poèmes où l'auteur transforme la banalité quotidienne en monde, je proposerais :

La pain de Francis Ponge ou L'huître.

L'odeur des pommes de Philippe Delerm( Extrait de La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules)

Sables mouvants de Jacques Prévert ( Paroles)

L'autre de Andrée Chedid ( Extrait de Rythmes)

“"Un simple souffle, un noeud léger de l'air,

une graine échappée aux herbes folles du Temps,

rien qu'une voix qui volerait chantant

à travers l'ombre et la lumière,



S'effacent-ils : aucune trace de blessure.

La voix tue, on dirait plutôt, un instant,

l'étendue apaisée,  le jour plus pur.

Qui sommes-nous, qu'il faille ce fer dans le sang ?"


Philipe Jaccottet A la lumière d'hiver

3

Lectures complémentaires sur le parcours "Alchimie : la boue et l'or"

Peut-être
"À une laide" de Jean Auvray (1580-1624), beaucoup de boue et peu d'or !
"Ballade des menus propos" de Villon
"Mortel sonnet" de Chassignet

Francis Ponge, « Ode inachevée à la boue », Pièces, 1962 a écrit :

Ode inachevée à la boue
La boue plaît aux coeurs nobles parce que constamment méprisée.
Notre esprit la honnit1
, nos pieds et nos roues l'écrasent. Elle rend la marche
difficile et elle salit : voilà ce qu'on ne lui pardonne pas.
C'est de la boue! Dit-on des gens qu'on abomine, ou d'injures basses et intéressées.
Sans souci de la honte qu'on lui inflige, du tort à jamais qu'on lui fait. Cette constante
humiliation, qui la mériterait? Cette atroce persévérance!
Boue si méprisée, je t'aime. Je t'aime à raison du mépris où l'on te tient.
De mon écrit, boue au sens propre, jaillit à la face de tes détracteurs!
Tu es si belle, après l'orage qui te fonde avec tes ailes bleues! […]

4 (Modifié par Jehan 08/09/2019 à 12:49)

Lectures complémentaires sur le parcours "Alchimie : la boue et l'or"

Merci pour vos réponses ! Je vais regarder les conseils que vous m'avez soumis.

J'ai toutefois oublié de préciser que ces lectures complémentaires doivent entrer dans la période XIXe - XXIe. Il faut donc des auteurs contemporains du XXe et XXIe.

L'ode de Ponge me paraît parfaitement correspondre au thème mais un peu longue pour une analyse linéaire.

Pour ma part, je m'étais penché sur "Crépuscule" et "Nuits rhénanes" d'Apollinaire qui me semblent contenir des symboles relatifs à l'alchimie. Mais contrairement à Baudelaire, j'ai l'impression d'une part qu'il perçoit le monde de manière moins dramatique, et d'autre part qu'il fait moins de cas de la figure du poète.

Qu'en pensez-vous ?

ps : je suis enseignant de français néo-contractuel pour des classes de 2nde et 1ere et je dispose d'une formation de juriste. Mes connaissances en littérature s'arrêtent à la 1ere S option physique-chimie que j'ai terminée en 2003...

5 (Modifié par floreale 09/09/2019 à 11:49)

Lectures complémentaires sur le parcours "Alchimie : la boue et l'or"

Des fantaisies avec le mètre ...

Le potier

Avec dix doigts agiles je façonne l’argile
Je fais tourner la terre mon métier c’est potier
Je mets un bloc de terre informe sur mon métier
Et fais naître une forme aussi belle qu’utile

Ainsi que la terre tourne sur son axe incliné
Je donne vie à l’argile quand je la fais tourner
Je mêle l’eau à la glaise je brasse de la boue
La boue se change en or quand elle tient debout

La critique est facile mais l’art est difficile
Avec sensualité je malaxe la terre ocre
Si je me montre habile elle se livre docile

Mais se montre vilaine si mon art est médiocre
Je fais des œuvres utiles mon art n’est pas futile
Mais hélas rien ne dure et l’argile est fragile

Alain Hannecart
2013