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Boileau, Satires, X

Bonjour j'ai une question de synthése sur un extrait du chapire X du livre "Satire".
Voici l'extrait :

Supposons toutefois, qu’encor fidèle et pure,
Sa vertu de ce choc revienne sans blessure.
Bientôt dans ce grand monde, où tu vas l’entraîner,
Au milieu des écueils qui vont l’environner,
Crois-tu que toujours ferme aux bords du précipice
Elle pourra marcher sans que le pied lui glisse ?
Que toujours insensible aux discours enchanteurs
D’un idolâtre amas de jeunes séducteurs,
Sa sagesse jamais ne deviendra folie ?
D’abord tu la verras, ainsi que dans Clélie,
Recevant ses amants sous le doux nom d’amis,
S’en tenir avec eux aux petits soins permis :
Puis, bientôt en grande eau sur le fleuve du tendre,
Naviguer à souhait, tout dire, et tout entendre.
Et ne présume pas que Vénus, ou Satan
Souffre qu’elle en demeure aux termes du roman.
Dans le crime il suffit qu’une fois on débute,
Une chute toujours attire une autre chute.
L’honneur est comme une île escarpée et sans bords.
On n’y peut plus rentrer dès qu’on en est dehors.
Peut-être, avant deux ans ardente à te déplaire,
Eprise d’un cadet, ivre d’un mousquetaire,
Nous la verrons hanter les plus honteux brelans,
Donner chez la Cornu rendez-vous aux galants ;
De Phèdre dédaignant la pudeur enfantine,
Suivre à front découvert Z(...) et Messaline ;
Conter pour grands exploits vingt hommes ruinés,
Blessés, battus pour elle, et quatre assassinés ;
Trop heureux ! Si toujours femme désordonnée,
Sans mesure et sans règle au vice abandonnée,
Par cent traits d’impudence aisés à ramasser,
Elle t’acquiert au moins un droit pour la chasse

Je n'arrive pas à comprendre le texte, est ce que quelqu'un peu m'aider svp?
Merci beaucoup !

ps: ma question de synthése est : a quel type de discours argumentatif ce texte fait il appel? et dans quel but ?

mais d'abord j'aimerais comprendre le texte! merci

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Boileau, Satires, X

Aide-toi de ce texte qui introduit la satire X de Boileau :

Voici enfin la satire qu’on me demande depuis si longtemps. Si j’ai tant tardé à la mettre au jour, c’est que j’ai été bien aise qu’elle ne parût qu’avec la nouvelle édition qu’on faisoit de mon livre, où je voulais qu’elle fût insérée. Plusieurs de mes amis à qui je l’ai lue, en ont parlé dans le monde avec de grands éloges, et ont publié que c’était la meilleure de mes satires. Ils ne m’ont pas en cela fait plaisir. Je connois le public. Je sais que naturellement il se révolte contre ces louanges outrées qu’on donne aux ouvrages avant qu’ils aient paru ; et que la plupart des lecteurs ne lisent ce qu’on leur a élevé si haut, qu’avec un dessein formé de le rabaisser. Je déclare donc que je ne veux point profiter de ces discours avantageux : et non seulement je laisse au public son jugement libre, mais je donne plein pouvoir à tous ceux qui ont tant critiqué mon ode sur Namur, d’exercer aussi contre ma satire toute la rigueur de leur critique. J’espère qu’ils le feront avec le même succès : et je puis les assurer que tous leurs discours ne m’obligeront point à rompre l’espèce de vœu que j’ai fait de ne jamais défendre mes ouvrages, quand on n’en attaquera que les mots et les syllabes. Je saurai fort bien soutenir contre ces censeurs, Homère, Horace, Virgile, et tous ces autres grands personnages dont j’admire les écrits : mais pour mes écrits que je n’admire point, c’est à ceux qui les approuveront à trouver des raisons pour les défendre. C’est tout l’avis que j’ai à donner au lecteur. La bienséance néanmoins voudrait, ce me semble, que je fisse ici quelque excuse au beau sexe, de la liberté que je me suis donnée de peindre ses vices. Mais au fond, toutes les peintures que je fais dans ma satire sont si générales, que bien loin d’appréhender que les femmes s’en offensent, c’est sur leur approbation et sur leur curiosité que je fonde la plus grande espérance du succès de mon ouvrage. Une chose au moins dont je suis certain qu’elles me loueront, c’est d’avoir trouvé moyen dans une matière aussi délicate que celle que j’y traite, de ne pas laisser échapper un seul mot qui pût le moins du monde blesser la pudeur. J’espère donc que j’obtiendrai aisément ma grâce et qu’elles ne seront pas plus choquées des prédications que je fais contre leurs défauts dans cette satire, que des satires que les prédicateurs font tous les jours en chaire contre ces mêmes défauts.

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Boileau, Satires, X

Bonjour,
moi j'ai une question de synthése sur ce meme extrait mais je ne comprend pas du tout le texte!
est ce que quelqu'un peut m'aider svp?

ps : ma question de synthése est : a quel type de discour argumentatif ce texte fait il appel? et dans quel but ?

mais j'aimerais d'abord comprendre le texte, merci d'avance!

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Boileau, Satires, X

Merci beaucoup d'avoir pris le temps de me répondre.
malgré votre réponse, je n'arrive toujours pas à comprendre ce texte, pouvez vous me l'expliquez svp?

25 (Modifié par Jehan 24/06/2019 à 14:29)

Boileau, Satires, X

Supposons toutefois qu’encor fidèle et pure,
Sa vertu de ce choc revienne sans blessure :
Bientôt dans ce grand monde où tu vas l’entraîner.
Au milieu des écueils qui vont l’environner,
Crois-tu que, toujours ferme aux bords du précipice,
Elle pourra marcher sans que le pied lui glisse ;
Que, toujours insensible aux discours enchanteurs
D’un idolâtre amas déjeunes séducteurs,
Sa sagesse jamais ne deviendra folie ?
D’abord tu la verras, ainsi que dans Clélie,
Recevant ses amans sous le doux nom d’amis,
S’en tenir avec eux aux petits soins permis ;
Puis bientôt en grande eau sur le fleuve de Tendre
Naviguer à souhait, tout dire et tout entendre.
Et ne présume pas que Vénus, ou Satan,
Souffre qu’elle en demeure aux termes du roman.
"Dans le crime il suffit qu’une fois on débute ;
Une chute toujours attire une autre chute.
L’honneur est comme une île escarpée et sans bords
On n’y peut plus rentrer dès qu’on en est dehors.
Peut-être avant deux ans, ardente à te déplaire,
Éprise d’un cadet, ivre d’un mousquetaire,
Nous la verrons hanter les plus honteux brelans,
Donner chez la Cornu rendez-vous aux galans ;
De Phèdre dédaignant la pudeur enfantine,
Suivre à front découvert Z.... et Messaline ;
Compter pour grands exploits vingt hommes ruinés,
Blessés, battus pour elle, et quatre assassinés :
Trop heureux si, toujours femme désordonnée,
Sans mesure et sans règle au vice abandonnée,
Par cent traits d’impudence aisés à ramasser
Elle t’acquiert au moins un droit pour la chasser !

Bonjour! Nous n'avons vu ce texte au cours l'année que très brièvement avec une remplaçante, et, en tombant sur celui-ci lors de l'oral blanc, je me suis rendue compte de mes énormes lacunes concernant ce texte.
J'avoue avoir du mal à cerner la fonction et le sujet de ce texte.
S'agit-il seulement d'une caricature de la femme précieuse ? ou bien une caricature de la femme en général ?
De quoi Boileau parle-t-il vraiment ?
Lors de l'oral on m'a posé la question suivante : "Quels excès du classicisme Boileau dénonce-t-il?"
Or, je ne comprends pas s'il s'agit seulement de la préciosité (sa façon de procéder pour en faire la critique m'échappe également) ou d'une autre face du classicisme.
Ainsi pourrait-on m'expliquer l'essentiel de ce texte et comment répondre à cette problématique ? (merci)

26 (Modifié par floreale 24/06/2019 à 14:30)

Boileau, Satires, X

Ces fils peuvent-ils t'aider ?
https://www.etudes-litteraires.com/foru … res-x.html

https://www.cairn.info/revue-litteratur … ge-131.htm

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Boileau, Satires, X

Merci beaucoup ! Le second lien m'a effectivement apporté des informations.
Or, il y a toujours une question qui me chiffonne. Est-il pertinent de dire que Boileau fait la critique de la femme en général ? (Tout en profitant de cette satire pour critiquer le style précieux)
Ou bien cette satire constitue uniquement une critique de la femme précieuse ? (Si c'est le cas comment le montrer?)

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Boileau, Satires, X

1692 (1694), 738 vers, « Contre les femmes »

Il s'agit ici d'une longue diatribe sur tous les défauts qu'on peut rencontrer chez une femme, présentée sous forme de dialogue entre l'auteur et un nommé Alcippe, qui va se marier. Boileau y décrit entre autres tour à tour la femme coquette, joueuse, dépensière, savante, dévote, athée, infidèle, contrôlante, marâtre... Cette satire est une des plus célèbres.  […]https://fr.wikipedia.org/wiki/Satires_(Boileau)