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Jean de Léry, Histoire d’un voyage fait en la terre du Brésil - En premier lieu donc...

Bonjour, s'il vous plait j'aurais besoin d'aide La semaine prochaine j'ai le bac de Français, plus précisément l'oral. Mais j'ai un petit problème. Avant la fin des cours, nous devions avec notre professeur corriger le dernier commentaire composé qui pourra tomber ce jour la. Malheureusement, notre professeur est tombé malade alors il nous a fait passer une petite feuille avec quelques idées à développer. J'ai alors fait le commentaire, (du moins tout ce que j'ai pu), seule et à l'aide d'internet, mais je ne suis pas très convaincue de mon travaille. Est ce que se serait possible que quelqu'un me corrige, soit en enlevant les mauvaises idées, soit en rajoutant ce qu'il manque? Merci beaucoup.

Thème: La rencontre de l'autre

Texte: Jean de Léry » Histoire d’un voyage fait en la terre du Brésil » (1578)

L’Histoire d’un voyage fait en la terre du Brésil constitue l’œuvre principale de Jean de Léry. Dans ce tableau du monde sauvage, l’auteur dépeint la nature brésilienne et les coutumes de l’ethnie « Tupinamba ».

En premier lieu donc[1] (afin que commençant par le principal je poursuive par ordre) les Sauvages de l’Amérique habitant en la terre du Brésil nommés Tupinambas, avec lesquels j’ai demeuré et fréquenté environ un an, n’étant point plus grands, plus gros, ou plus petits de stature que nous sommes en l’Europe, n’ont le corps ni monstrueux, ni prodigieux à notre égard : bien sont-ils[2] plus forts, plus robustes et replets[3], plus dispos, moins sujets à maladie : et même il n’y a presque point de boiteux, de manchots, d’aveugles, de borgnes, contrefaits, ni maleficiés[4] entre eux. Davantage combien que[5] plusieurs parviennent jusqu’à l’âge de cent ou cent vingt ans (car ils savent bien ainsi retenir et conter leurs âges par 10 lunes), peu y en a qui en leur vieillesse aient les cheveux ni blancs ni gris. Choses qui pour certains montrent non seulement le bon air et bonne température de leur pays, auquel, comme j’ai dit ailleurs, sans gelées ni grandes froidures les bois et les champs sont toujours verdoyants, mais aussi (eux tous buvant vraiment à la fontaine de Jouvence[6]) le peu de soin et de souci qu’ils ont des choses de ce monde. Et de fait, comme je le montrerai encore plus amplement après, tout ainsi qu’ils ne puisent en façon que ce soit en ces sources fangeuses[7], ou plutôt pestilentielles, dont découlent tant de ruisseaux qui nous rongent les os, sucent la moelle, atténuent le corps, et consument l’esprit : bref nous empoisonnent et font mourir devant nos jours : à savoir, en la défiance, en l’avarice qui en procède, aux procès et brouilleries, en l’envie et ambition, aussi rien de tout cela ne les tourmente ; moins[8] les domine et passionne.

Quant à leur couleur naturelle, attendu[9] la région chaude où ils habitent, n’étant pas autrement noirs, ils sont seulement basanés, comme vous diriez les Espagnols ou Provençaux.

Au reste, chose non moins étrange que difficile à croire à ceux qui ne l’ont vu, tant hommes, femmes, qu’enfants, non seulement sans cacher aucune partie de leurs corps, mais aussi sans montrer aucun signe d’en avoir honte ni vergogne[10], demeurent et vont coutumièrement aussi nus qu’ils sortent du ventre de leur mère. Cependant tant s’en faut, comme aucuns[11] pensent, et d’autres le veulent faire croire, qu’ils soient velus ni couverts de leurs poils, qu’au contraire, n’étant point naturellement plus pelus que nous sommes en ces pays par deçà, encore si tôt que le poil qui croît sur eux, commence à poindre et à sortir de quelque partie que ce soit, voire la barbe et jusques aux paupières et sourcils des yeux (ce qui leur rend la vue louche, bicle, égarée et farouche) ou il est arraché avec les ongles, ou depuis que les chrétiens y fréquentent avec des pincettes qu’ils leur donnent : ce qu’on a aussi écrit que font les habitants de l’Ile de Cumana au Pérou. J’excepte seulement quant à nos Tupinambas les cheveux, lesquels encore à tous les mâles dès leur jeune âge, depuis le sommet, et tout le devant de la tête sont tondus fort près, tout ainsi que la couronne d’un moine, et sur le derrière, à la façon de nos majeurs[12] et de ceux qui laissent croître leur perruque, on leur rogne sur le col.

Outreplus[13], ils ont cette coutume, que dès l’enfance de tous les garçons, la lèvre de dessous au dessus du menton, leur étant percée, chacun y porte ordinairement dans le trou un certain os bien poli, aussi blanc qu’ivoire, fait presque de la façon d’une de ces petites quilles de quoi on joue par deçà sur la table avec la pirouette[14].


Mon commentaire:

I-    Du récit de voyage…

1-    Un discours construit

-autobiographie : Il donne du poids à son récit par des formules précisant les circonstances de son expérience : ‘’Tupinambas’’, ‘’Brésil’’, ‘’avec lesquels j’ai demeuré et fréquenté environ un an’’
-énonciation : ‘’Afin que commençant par le principale je poursuive par ordre’’ = écriture d’un témoignage par l’auteur + ‘’je’’ dès la première ligne.
Stratégie : dissimuler la critique par un récit qui va attirer l’attention du lecteur. Il cherche donc à étonner :’’chose non étrange que difficile à croire’’
-Connecteurs logiques : ‘’En premier lieu’’ = introduit le premier paragraphe destiné a faire une description physique
                                        ‘’Quant à la couleur de la peau’’ = couleur de peau
                                         ‘’Au reste’’ pour la nudité et les cheveux
                                         ‘’Outre plus’’ = les lèvres
-‘’Le principal’’= on part du générale aux détails
--il insère des commentaires destinés à guider le lecteur dans sa lecture, en anticipant sue ce qui va suivre ‘’comme je le montrerai encor plus amplement après’’, ou en rappelant ce qui a été déjà dit ‘’comme j’ai dit ailleurs’’

2-    Le souci descriptif

-Il débute par une description générale
-Corps= énumération : plus grand, plus gros, ou plus petit de sature/ ni monstrueux, ni prodigieux,
-Santé= énumération aussi : presque point de boiteux, de manchots, d’aveugles, de borgnes, contrefaits, ni maleficiés entre eux’’
-Age : ‘’cent ou cent vingt ans’’, ‘’cheveux ni blanc ni gris’’ 
-il explique cette santé exceptionnelle par la particularité du climat, avec un champ lexical mélioratif ‘’bon air’’, ‘’bonne température’’ ’’sans gelées ni froideur’’ et ‘’verdoyant’’ renforcé par ‘’toujours’’ qui permet de le marquer dans la durée.
-Il évoque ensuite la couleur de leur peau qui est critère d’identité majeur de cette époque avec le terme ‘’basané’’
-Le scrupule : ‘’aussi nus qu’ils sortent du ventre de leur mère’’ comparaison ramenant à l’innocence, et la formule négative  ‘’sans avoir honte ni vergogne’’
-Cheveux : comparaison ‘’n’étant point plus poilu que nous sommes en ces pays par deçà’’ ils ne sont donc pas poilu, et par tout le champ lexical de la pilosité ‘’velus’’, ‘’poil’’, ‘’barbe’’, ‘’sourcil’’, ‘’cheveux’’, ‘’perruque’’.

II-    …A la critique de la civilisation Européenne

    1-    Le regard de l’européen

-ethnocentrisme de l’européen marqué par la comparaison ‘’a notre égard’’, pour l’expression de la norme
+ La subjectivité que l’on retrouve dans les parenthèses ‘’car ils savent bien ainsi retenir et compter leur âge par lunes)= il y a en quelque sorte une hauteur, un mépris dans la façon de penser des européens.
-L’auteur de démarque de l’opinion commune avec des expressions comme ‘’choses qui pour certains’’ ‘’chose non moins étrange que difficile a croire à ceux qui l’ont vu’’
-Des formules négatives, ‘’ni monstrueux, ni prodigieux’’= contre pied de l’opinion publique

   2-    La critique ; du corps décrit au corps célébré

-de la ligne 16 à la ligne 23, un argument pour expliquer le corps sain et beau des Sauvages d’Amérique : ce n’est pas le climat propice mais l’art de vivre
-il attaque les européens avec le champ lexical de la maladie ‘’fangeuse’’, ‘’pestilentielles’’, ‘’empoisonnement’’ + énumération ‘’défiance, en l’avarice qui en procède, aux procès et aux brouilleries, en l’envi et ambition’’ = la maladie d’une source est morale. Il critique le mode de vie des européens et montre alors l’idéal moral dans lequel vivent les sauvages surtout avec l’expression ‘’le peu de soin et de souci qu’ils ont des choses de ce monde’’= ils ne sont pas matérialistes.
-Egalité notamment en comparant la couleur de peau
- beaucoup de marque d’opposition avec le ‘’sauvage’’ : ‘’cependant’’, ‘’d’avantage combien que’’, ‘’
-rend hommage a la jeunesse éternelle des sauvages ‘’cheveux ni blancs ni gris’’ ‘’cent ou cent vingt ans’’
-énumération opposés avec d’un côté ‘’presque point de boiteux, de manchots…’’ opposé à ‘’fangeuses, ou plutôt pestilentielle…’’ le mode de vie des sauvages les rend ^mus forts, le mode de vie des européens inspire la maladie.
-encore une fois, la négation avec des expressions comme ‘’ni couvert de poils’’ : opposition aux européens.

S'il vous plait est-ce que je pourrais avoir de l'aide?   

Jean de Léry, Histoire d’un voyage fait en la terre du Brésil - En premier lieu donc...

Bonjour !
Je suis en S et je vais également passer sur ce texte. Mon professeur nous a fait passé par mail un corrigé du commentaire, c'est celui qu'il a donné à sa classe de stmg mais je ne pense pas qu'il y ait de différences d'une filière à l'autre ! Sauf peut-être pour les L qui doivent s'investir d'avantage !
J'espère que ça pourra t'aider !

Histoire d’un voyage fait en la terre du Brésil (1578)
Jean de Léry (1536-1613)


Cordonnier de profession (selon certains auteurs, mais ce fait n’est pas sûr) et de confession protestante, Jean de Léry se rend au Brésil entre 1555 et 1558 pour y fonder avec d’autres protestants fuyant les guerres de religion une colonie. En 1578, devenu pasteur près de Genève, il publie l’Histoire d’un voyage en la terre du Brésil, un des premiers témoignages sur les mœurs des indigènes rencontrés, en particulier ceux de la tribu des Tupinambas. L’extrait à commenter est une description des indiens et de certaines de leurs coutumes.
Dans quelle mesure peut-on dire que ce passage témoigne d’un regard anthropologique sur les Indiens ?
Nous verrons tout d’abord en quoi il révèle un souci de vérité scientifique, puis que tout en essayant de conserver une certaine objectivité, il fait toutefois l’éloge du mode de vie des indiens.


I)    Un souci de vérité scientifique :

A)    Une description bien structurée :
On peut tout d’abord voir que l’ensemble du texte est écrit à la &ère personne, ce qui donne plus d’autorité au témoignage. Le texte suit par ailleurs un plan rigoureux, annoncé dès la l.1 : « En premier lieu….par ordre ». On peut découper le passage en parties claires : de la ligne 1 à 8, une description de la stature et corpulence des indiens. Puis de la ligne 8 à 15, les conditions sanitaires dans lesquelles ils vivent ; la suite (annoncée ligne 15 : « Comme je montrerai ») va de la ligne 15  à 21 et consiste en un portrait moral ;  la deuxième moitié du texte, de la ligne 25 à 45 est consacrée à un portrait physique qui met en évidence certaines coutumes concernant l’apparence corporelle et la « parure » du corps.  On sent une volonté de clarté, qui se voit aussi dans l’utilisation d’un vocabulaire descriptif et précis. De la même façon, l’auteur fait des remarques détaillées sur le climat du pays des Tupinambas : « bon air et bonne température de leur pays, auquel, comme j’ai dit ailleurs, sans gelées ni grandes froidures les bois herbes et champs sont toujours verdoyants »
Cette description s’appuie en effet sur l’observation personnelle : on voit l’implication de l’auteur dans l’usage de la 1ère personne : « Je poursuive », l.1, « J’ai dit », l.12, « Je montrerai », l.15, « J’excepte ». On voit à partir de la ligne 25 l’importance accordée à l’observation visuelle : opposition entre l’auteur qui ne décrit que ce qu’il a vu, et la position de ceux qui parlent sans avoir vu : « Tant s’en faut, comme certains pensent, et d’autres veulent faire croire », l.29.

B)    Un souci d’exhaustivité scientifique :
Léry semble vouloir être le plus complet possible dans son récit : il donne le nom indien de ses « sujets d’observation » : « Les sauvages de l’Amérique nommés Tupinambas », lignes 2/3. Il décrit aussi soigneusement leur apparence physique, en utilisant le vocabulaire du corps : « corps », l.5, « cheveux », l.10 ; il décrit leur « couleur naturelle », leur teint basané à la ligne 23 ; il s’intéresse particulièrement à leur pilosité dans les lignes 30/40 (« velus, poils, barbe, paupières, sourcils, cheveux ») pour contredire l’idée reçue qui veut que les indiens, pareils à des bêtes, soient plus velus que les européens. Il fait enfin un « gros plan » à la fin du texte, lignes 41/45 sur leur visage « lèvres, menton ». Il s’attarde enfin à la fin du passage sur les coutumes les plus surprenantes pour les européens, en insistant particulièrement sur la nudité des indiens aux lignes 25 à 28 (coutume particulièrement étrangère à ses lecteurs, vus les interdits pesant sur le corps dans la culture chrétienne). Il parle aussi des ornements rituels dans les lignes 32 à 40, l’épilation, la coiffure des enfants mâles, et la coutume qui consiste à porter un petit ossement dans un trou percé dans la lèvre inférieure (vue certainement comme « barbare » par les lecteurs de Léry).
Le but du passage semble donc être de donner une vision des indiens  la plus précise et dénuée de jugement moral qui soit, de lutter contre les idées reçues, mais aussi de délivrer un enseignement moral à partir de l’observation des indiens.


II)    Un enseignement moral :

A)    Un regard dénué de tout jugement moralisateur.
Léry ramène chaque observation à une comparaison avec un fait similaire observé en Europe pour montrer que les indiens ne sont pas inférieurs aux européens mais simplement différents. Il prend soin d’établir un lien entre le monde des indiens et celui de ses lecteurs : dans les lignes 4/5 : « l’Europe, à notre égard », « en ces pays par deçà », lignes 30/31. De même, il prend soin de rapporter les coutumes des indiens à des coutumes européennes similaires : on coupe les cheveux des  jeunes garçons « ainsi que la couronne d’un moine » et « à la façon de nos majeurs », ligne 39.
  Son 1er souci est de montrer que les indiens sont « comme nous » : ils « n’ont le corps ni monstrueux ni prodigieux à notre égard » (l.5). Ils ne sont ni des monstres ni des prodiges, et pas non plus des animaux (voir l’insistance sur leur absence de poils lignes 30 /31 : « n’étant point naturellement plus pelus que nous le sommes en ce pays par deçà »).  Au contraire, il va montrer que les indiens sont physiquement en meilleure condition que les européens : il évoque leur robustesse, dans deux énumérations : « plus forts, plus robustes et plus replets, plus dispos, moins sujets à maladie » (l.6/8), « presque point de boiteux, de borgnes, contrefaits, ni maléficiés ». Il exagère apparemment lorsqu’il leur prête une longévité de 100 ou 120 ans, mais ce détail lui permet de glisser qu’ils savent fort bien compter leur âge.
Jean de Léry veut donc prouver que les indiens sont des hommes comme les européens ; ils ne sont pas différents d’eux physiquement, et leurs coutumes bien que paraissant étranges, ne sont pas dénuées de sens (elles suivent un rituel précis) et sont comparables à certaines coutumes européennes. L’auteur montre aussi que ces coutumes sont bien ancrées dans les mœurs des indiens par l’utilisation d’adverbes comme « coutumièrement », ligne 28, ou « ordinairement », ligne 42.

B)    Supériorité morale des indiens :
Les remarques sur la vigueur physique et la longévité des indiens vont mener Jean de Léry à une affirmation de la supériorité morale des indiens par rapport aux européens, à travers une métaphore filée, celle de la fontaine de Jouvence. En effet, après avoir expliqué que la longévité des indiens vient du climat sain de leur pays, il va proposer une autre explication, purement morale, dans les lignes 14 à 21 : « le peu de soin et de souci qu’ils ont des choses de ce monde".  Jean de Léry oppose ici le mode de vie sain des  indiens qui boivent « vraiment à la fontaine de Jouvence » à celui des européens qui « « puisent » à «  des sources fangeuses ou plutôt pestilentielles, dont  découlent tant de ruisseaux » corrupteurs. On notera la métaphore filée de la source, présente à travers les mots « fontaine, source, ruisseaux » et les verbes boire et puiser, qui représente l’origine des qualités des indiens et des défauts des européens.
Défauts exprimés de façon très critique à travers les adjectifs péjoratifs (fangeuses, pestilentielles) ou le vocabulaire de la destruction physique et morale : « nous rongent les os, sucent la moelle, atténuent le corps et consument l’esprit ; bref nous empoisonnent ». Les européens à travers ces métaphores sont présentés comme corrompus physiquement et moralement : on peut noter le champ lexical des défauts et des tourments : « défiance, avarice, procès, brouilleries, envie, ambition », certains de ces termes désignant des péchés capitaux (avarice et envie).
Par contraste, les indiens semblent préservés de cette corruption, par leur proximité avec la nature ; on le voit aussi dans leur attitude par rapport à la nudité : dans les lignes 23 à 28, la description rappelle celle du paradis terrestre : « tant hommes, femmes qu’enfants » « demeurent et vont coutumièrement aussi nus qu’ils sortent du ventre de leurs mères ».  On notera le pluriel, qui montrent que tous vivent dans la même pureté, « sans montrer aucun signe » d’avoir « honte ni vergogne » d’être nus. Les indiens sont donc proches des premiers hommes, qui vivaient dans l’innocence, avant le péché originel.


En conclusion on peut donc souligner l’originalité du regard de Jean de Léry qui parle des indiens d’une manière qui se veut la plus objective et « scientifique » qui soit, enregistrant des coutumes sans émettre aucun jugement moral. Son approche rejoint ici celle de Montaigne, qui analyse une coutume encore plus choquante pour les européens que la nudité des indiens, qui est la pratique du cannibalisme, et la condamne au nom de la raison, et pas en vertu d’une prétendue supériorité des européens (qui font pire en terme de cruauté) ; position qui sera celle d’André Thévet (qui a été au Brésil en même temps que Jean de Léry). Mais Léry annonce aussi l’attitude de Diderot au XVIIIème siècle lorsqu’il contribue à l’édification du mythe du « bon sauvage », paré de toutes les qualités, dans le Supplément au voyage de Bougainville.

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Jean de Léry, Histoire d’un voyage fait en la terre du Brésil - En premier lieu donc...

Bonjour je m’appel Alex et je passe mon oral de Bac dans 2 semaines.
Ma prof de français a été absente pendant 3 mois et elle n’a pas eu le temps de faire un texte qu’elle a pourtant mis sur le descriptif.
J’ai donc besoin de votre aide c’est pour un texte de Jean de Léry qui s’intitule Histoire d’un voyage fait en la terre du Brésil.

L’Histoire d’un voyage fait en la terre du Brésil constitue l’œuvre principale de Jean de Léry. Dans ce tableau du monde sauvage, l’auteur dépeint la nature brésilienne et les coutumes de l’ethnie « Tupinamba ».
En premier lieu donc[1] (afin que commençant par le principal je poursuive par ordre) les Sauvages de l’Amérique habitant en la terre du Brésil nommés Tupinambas, avec lesquels j’ai demeuré et fréquenté environ un an, n’étant point plus grands, plus gros, ou plus petits de stature que nous sommes en l’Europe, n’ont le corps ni monstrueux, ni prodigieux à notre égard : bien sont-ils[2] plus forts, plus robustes et replets[3], plus dispos, moins sujets à maladie : et même il n’y a presque point de boiteux, de manchots, d’aveugles, de borgnes, contrefaits, ni maleficiés[4] entre eux. Davantage combien que[5] plusieurs parviennent jusqu’à l’âge de cent ou cent vingt ans (car ils savent bien ainsi retenir et conter leurs âges par 10 lunes), peu y en a qui en leur vieillesse aient les cheveux ni blancs ni gris. Choses qui pour certains montrent non seulement le bon air et bonne température de leur pays, auquel, comme j’ai dit ailleurs, sans gelées ni grandes froidures les bois et les champs sont toujours verdoyants, mais aussi (eux tous buvant vraiment à la fontaine de Jouvence[6]) le peu de soin et de souci qu’ils ont des choses de ce monde. Et de fait, comme je le montrerai encore plus amplement après, tout ainsi qu’ils ne puisent en façon que ce soit en ces sources fangeuses[7], ou plutôt pestilentielles, dont découlent tant de ruisseaux qui nous rongent les os, sucent la moelle, atténuent le corps, et consument l’esprit : bref nous empoisonnent et font mourir devant nos jours : à savoir, en la défiance, en l’avarice qui en procède, aux procès et brouilleries, en l’envie et ambition, aussi rien de tout cela ne les tourmente ; moins[8] les domine et passionne.
Quant à leur couleur naturelle, attendu[9] la région chaude où ils habitent, n’étant pas autrement noirs, ils sont seulement basanés, comme vous diriez les Espagnols ou Provençaux.
Au reste, chose non moins étrange que difficile à croire à ceux qui ne l’ont vu, tant hommes, femmes, qu’enfants, non seulement sans cacher aucune partie de leurs corps, mais aussi sans montrer aucun signe d’en avoir honte ni vergogne[10], demeurent et vont coutumièrement aussi nus qu’ils sortent du ventre de leur mère. Cependant tant s’en faut, comme aucuns[11] pensent, et d’autres le veulent faire croire, qu’ils soient velus ni couverts de leurs poils, qu’au contraire, n’étant point naturellement plus pelus que nous sommes en ces pays par deçà, encore si tôt que le poil qui croît sur eux, commence à poindre et à sortir de quelque partie que ce soit, voire la barbe et jusques aux paupières et sourcils des yeux (ce qui leur rend la vue louche, bicle, égarée et farouche) ou il est arraché avec les ongles, ou depuis que les chrétiens y fréquentent avec des pincettes qu’ils leur donnent : ce qu’on a aussi écrit que font les habitants de l’Ile de Cumana au Pérou. J’excepte seulement quant à nos Tupinambas les cheveux, lesquels encore à tous les mâles dès leur jeune âge, depuis le sommet, et tout le devant de la tête sont tondus fort près, tout ainsi que la couronne d’un moine, et sur le derrière, à la façon de nos majeurs[12] et de ceux qui laissent croître leur perruque, on leur rogne sur le col.
Outreplus[13], ils ont cette coutume, que dès l’enfance de tous les garçons, la lèvre de dessous au dessus du menton, leur étant percée, chacun y porte ordinairement dans le trou un certain os bien poli, aussi blanc qu’ivoire, fait presque de la façon d’une de ces petites quilles de quoi on joue par deçà sur la table avec la pirouette[14].

Je n’arrive pas du tout à l’interpréter pourriez-vous m’aider ?

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Jean de Léry, Histoire d’un voyage fait en la terre du Brésil - En premier lieu donc...

Même s'il ne porte pas sur le même extrait ce fil va t'aider notamment pour le paratexte.
https://www.etudes-litteraires.com/bac- … aire-l.php

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Jean de Léry, Histoire d’un voyage fait en la terre du Brésil - En premier lieu donc...

Merci beaucoup de ton aide ça va énormément m’aider