1 (Modifié par Jehan 11/03/2019 à 18:22)

Oculos > yeux

L'ancien topic j'avais énoncé locus>lieu il semble que oculu>oeil ait une évolution analogue.
J'ai un doute sur les évolutions jusqu'au VIIème siècle.
oculos>oclos
oclos>olhos IIIème
olhos>uolhs IVème
uolhs>uows VIIème vocalisation l implosif en w ce PDF l'explique bien.
http://ycmorin.net/wp-content/uploads/2 … %A7ais.pdf
Ensuite
uows>uews VIIème
uews>iews VIIème

2 (Modifié par Jehan 11/03/2019 à 20:56)

Oculos > yeux

C'est le -w qui ne convient pas, le son u reste vocalique.
uęus > uœ̨s, puis u se ferme en i, comme dans lieu, donc iœ̨s et iœ̨, écrit ieus ou oeus en AF (et même iels ou uels, pas conservatisme, ou parce que le scribe percevait un son plus proche du l que du u (cf la prononciation du l dur polonais).

Au fait, dans Sequana, l'appendice vélaire tombe très vite devant le a en position post-tonique. On a donc sekwana > *sekana, puis *seyna, etc...

3 (Modifié par Viellfranceis 22/03/2019 à 19:10)

Oculos > yeux

Merci
Le w représentait ɯ̯ une glissante vélaire dans le PDF  ils disent l>ɯ̯ VII ème.
avec talpa> taɯ̯pa
Mon manuel de phonétique dit que le l implosif devient vélaire pour devenir u au X ème siècle.
On trouve lieu au X ème ici la graphie eu représente "eu" et non "œ̨".

Donc j'en conclus qu'un passage uou>ueu  nécessite un prématuré car uo>ue normalement il se fait au XI ème uoɯ̯>ueɯ̯ si on suit le PDF car il dit qu'il ya une triphtongue ieɯ̯ pour yeux  .
On a iels soit celui-ci trahit une évolution différente de locus>lieu car il n'aurait pas besoin de uou>ueu>ieu pour former le i soit le l de iels se prononçait ɯ̯ ou u donc là effectivement l'évolution uou>ueu>ieu s'applique.

On a aussi uo+yod  qui aurait eu une différenciation en  uei au VII ème puis simplifié très brièvement.
Ex:
Donc nocte>nuoite>nuoit>nueit> puis nuit.
Donc uo+u aussi :
Avec les étapes uou>ueu> puis eu ou ieu.
Donc focus>fuou>fueu>feu.

Le ɯ̯ ayant un point d'articulation très similaire voire même confondu,donc
uoɯ̯>ueɯ̯>ieɯ̯ aussi concernant oculos>yeux.

4 (Modifié par Yvain 22/03/2019 à 20:39)

Oculos > yeux

Mais ce n'est pas avant la fin du XIIème que nüi > nẅi (qui reste écrit nuit)

Avant, l'accent reste marqué sur le ü, comme le montre le fait que le groupe -üi assone couramment avec des finales en -ü dans la CdR. C'est ce qu'on appelle une diphtongue descendante qui ne compte que pour un seul son dans la métrique. Le i devait être très bref avant de se charger de l'accent et de devenir "fort"
C'est pourquoi, on n'observe jamais de diérèse sur ces mots.
Chrétien a le souci de faire rimer les groupes ẅi entre eux.

5 (Modifié par Jehan 23/03/2019 à 12:47)

Oculos > yeux

On dirait que le dialecte utilisé dans la séquence de sainte Eulalie alterne  les formes diphtonguées,et non diphtonguées.
On a des formes comme coist,fou non diphtonguées
Buona et tuit formes diphtonguées.

NB: Il pourrait aussi s'agir d'une latinisation de l'écriture on a noit dans la Chanson de Roland pour la nuit.

Oculos > yeux

Il faut être prudent avec la graphie des textes les plus anciens.
Ainsi, on a bien dans la CdR :

Tresvait le jur, la noit est aserie (v. 717), mais :

Passet li jurz, la nuit est aserie (v. 3991).

Mais il est vrai que noit domine, hélas jamais en fin de vers si je ne m'abuse.
Pourtant, le u et le ü sont anciens, et l'anglo-normand a ici un traitement similaire.
Il est possible que derrière une nasale, le vocalisme fût moins distinct ?

7 (Modifié par Viellfranceis 26/03/2019 à 18:42)

Oculos > yeux

La consonne nasale n pourrait influencer à même titre que le l de locus  la diphtongue prématurée ue de *nueit ,comme celle de *lueu .

Oilz pour un potentiel ieus, fou pour feu dans la Chanson de Roland .
On a eus pour "eux" encore dans les Fragments de Valenciennes concernant la vocalisation du l implosif.