1 (Modifié par Ajacc 10/02/2019 à 10:27)

Critiques de la métaphysique

Bonjour,
Après avoir beaucoup réfléchi à la question, mais sans trouver de réponse consistante, je fais appel aux philosophes (par passion, pas nécessairement de profession, bien sûr ) du forum :

Voilà, cette année en khâgne, le programme de philo' tombe sur la dominante de la métaphysique.
Or en cours, j'ai un prof' qui préfère miser sur des classiques totaux de la philo' pour préparer la dissertation.
D'une part la philo' est réellement mon domaine de cœur, donc la question est aussi – et surtout, même ? – motivé par un intérêt intellectuel ; mais de l'autre, je me suis aperçu que, mine de rien (étant khûbe venu d'ailleurs de surcroît, et ayant eu ma meilleure note en philosophie l'an passé), pour le concours, savoir mobiliser des pensées plus récentes, voire contemporaines (c'est mon pari cette année, d'autant qu'il y a de quoi faire...), était une façon nette de se distinguer dans les copies, ne serait-ce que parce que ça change des Platon / Aristote – Descartes – Kant, et que cela parle plus au jury, tout simplement.

Ainsi je cherche surtout à acquérir de quoi constituer une troisième partie solide, c'est-à-dire, en fait, des textes qui traiteraient surtout la remise en cause et le dépassement de la métaphysique.
J'ai déjà pu me tourner vers Derrida (les bouquins les plus accessibles, évidemment, mais une liste serait longue à constituer), Heidegger (surtout Kant et le problème de la métaphysique), ou encore Bergson (La Pensée et le mouvant ?), voire vraiment des textes plus récents (notamment du côté de Badiou, et de Tiqqun d'une part / MBK (Mehdi Belhaj Kacem) de l'autre ?)

Déjà, auriez-vous des avis, des remarques sur ces premières idées de lecture pour aborder la chose ?

Et ensuite, auriez-vous des conseils supplémentaires ? J'aurai aimé avoir des précisions sur vers quels Nieztsche me tourner, et de même pour Kierkegaard, ou le positivisme (Comte, Carnap, ... ?), ou alors Wittgenstein (un ami, ancien khûbe, m'en a parlé, mais je crois que c'est très ardu d'accès, d'autant que je suis un néophyte total ?).


D'avance, merci de bien vouloir répondre à mes questions, 


P.S : je précise qu'en effet, je n'ai que peu lu de philosophie pour l'heure, mais que j'ai une vraie motivation, et même une détermination, à franchir le Rubicon ; j'aimerais idéalement pouvoir lire pendant les vacances à venir, ce qui me laisse du temps et de quoi « aérer » entre les lectures, tout en me permettant de travailler encore à partir de la rentrée (les écrits étant mi avril).
Un profond merci à ceux qui voudront bien éclairer ma lanterne

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Critiques de la métaphysique

Salut A,

Pas sûre que ma réponse te soit utile, d'autant que les vacances sont passées, mais : je pense que tu as suffisamment lu. Avec 1 auteur 1 partie (ou 2 auteurs... mais pas 30 - comme tu l'avais peut-être vu dans ma dissert'), pas besoin de tant de références, tant que celles que tu as sont bien maîtrisées. Levinas est pas mal (notamment Autrement qu'être ou au-delà de l'essence ; Totalité et infini et L'Humanisme de l'autre homme sont bien aussi, mais à 1 mois pile du concours il faut optimiser les lectures et gagner du temps, donc retiens Autrement qu'être), mais difficile d'accès à moins d'avoir eu des notions dessus ou de pouvoir lire des petits trucs complémentaires pour t'aider.

Petite remarque : si vraiment tu tenais à garder Descartes, Aristote, Platon et Kant le jour de l'écrit (on peut très bien paniquer et ne pas réussir à mobiliser les auteurs qu'on avait préparés ; c'est souvent ce qui m'arrive), je te conseillerais au moins de faire 1/ Descartes et Platon 2/ Kant 3/ Aristote. Aristote en 2e ou 3e partie, c'est moins "cliché" qu'en 1e, et ça peut témoigner d'une compréhension plus profonde... Certes, il a contribué à la naissance de la métaphysique, mais n'oublions pas que ce sont les traducteurs et commentateurs d'Aristote ultérieurs qui ont donné une interprétation à ses textes qui n'était pas la sienne (par exemple, la nature/le monde n'est pas qqch de mathématique comme chez Descartes (oui, chez Descartes non plus, mais bon, j'explique à gros traits où je veux en venir), mais qqch de vivant avec l'union du sentant et du senti, etc. > remettre en question la prévalence de la structure objectivante de la pensée, qui est fondamentale pour la métaphysique et que tu as dû étudier en long, en large et en travers).

Bon courage. Comme tu le dis toi-même, tu es motivé.