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Réforme du recrutement des enseignants

https://www.huffingtonpost.fr/2019/03/1 … r-homepage

2 (Modifié par Jehan 14/03/2019 à 20:09)

Réforme du recrutement des enseignants

C'est pas une mauvaise chose en soi, mais j'ai peur que les bancs de la faculté deviennent par ce biais envahis d'individus sans envie particulière d'exercer, uniquement pour obtenir cette manne financière qui, à ce qu'il me semble, dépasse l'allocation chômage.
Déjà que la faculté est accusée d'être un vivier pour bon nombre d'étudiants factices, des fêtards qui profitent des bourses tant qu'ils le peuvent. Ici, le système est le même en pire. Je pense que le faire démarrer dés la licence est une mauvaise idée, pour une si grosse somme en tout cas.
Le risque étant que la motivation principale d’accès à la fac soit justement ces 800 euros mensuels et non plus l’intérêt pour la profession ou même la discipline ... Je suis mitigé en somme.

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Réforme du recrutement des enseignants

Oui, je me suis fait la même remarque. C'est le risque si la rémunération n'est pas assortie d'un engagement de la part du candidat de travailler un certain nombre d'années pour l'Éducation nationale.

4 (Modifié par Jehan 14/03/2019 à 21:42)

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Cela pose aussi la question des étudiants qui souhaiteraient passer le concours comme une reconversion ou après un autre master. Les candidats libres seront-ils toujours acceptés ?

Cela veut dire aussi qu'un étudiant de L3 enseignant 8h/semaine pourrait gagner presque autant qu'un jeune certifié (puisque les 960e sont cumulables avec une bourse (env.600e échelon 7) + les aides logement du crous) et même plus qu'un contractuel. J'imagine que cela va peut-être attirer. Mais pérenniser, c'est une autre question...car vu le salaire des titulaires, ça relève de l'arnaque.

Enfin cela pose la question des postes. Et là je parle en tant que "provinciale" : dans mon académie, les titulaires se battent pour obtenir un poste en "ville" et il y a fort à parier qu'on ne puisse pas mettre tous ces aspirants professeurs dans des établissements citadins et proches des universités. Certains devront donc faire de longs trajets pour se rendre dans leur établissement et cumuler avec la fac. Ça me paraît lourd (certes des titulaires le font, mais ils n'ont plus les cours à l'IUFM, l'ESPE ou quel que soit le nom qu'on donnera aux organismes de formation).

5 (Modifié par mattlev 15/03/2019 à 00:42)

Réforme du recrutement des enseignants

Phorcys a écrit :

Déjà que la faculté est accusée d'être un vivier pour bon nombre d'étudiants factices, des fêtards qui profitent des bourses tant qu'ils le peuvent. Ici, le système est le même en pire. Je pense que le faire démarrer dés la licence est une mauvaise idée, pour une si grosse somme en tout cas.

Ouais, faudrait surtout pas faire croire aux gens qu'ils pourraient être payés convenablement pour leur travail, ça leur donnerait des sales idées... Déjà que c'est que de la viande à grève, hein.

Je propose d'ailleurs qu'on fasse un mélange entre pratiques japonaises et lois hongroises: on supprime les facs qui proposent des enseignements de SHS (bah oui, c'est pas les matheux qui profitent honteusement des bourses en se la collant), et on force les profs (ces anciens fêtards bons à rien) à bosser gratuitement pour leurs nouveaux patrons. Au travail !


Sinon, y a eu un truc qui s'appelait les écoles normales, jusqu'à il y a pas si longtemps, et ma foi je crois que ça ne marchait pas si mal. Et, si je ne me trompe pas, ce devait bien être assorti d'un contrat décennal.

Bien cordialement

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Réforme du recrutement des enseignants

Comment le contrat peut-il être tenu ? Je pose la question naïvement (n'étant pas bien vieille je n'ai pas connu les écoles normales) mais admettons qu'un étudiant ou un jeune professeur souhaite se réorienter et quitter le métier ?

Entre la L2 et la fin du master, la route est longue...rester stagiaire 3-4 ans, quelle horreur 

Et quid des étudiants qui échoueraient au concours en fin de master ? 4 ans de parcours pro pour rien ?

7 (Modifié par mattlev 15/03/2019 à 01:40)

Réforme du recrutement des enseignants

Je pense que ça marche surtout sur la confiance.


Je crois que les écoles normales offraient aussi des postes à concours, et devaient considérer que leurs étudiant.es avaient ainsi leurs chances au concours d'instituteur. Après, effectivement, 8h par semaines pendant plusieurs années, cela fait beaucoup... Mais à quel niveau se fait le recrutement des maîtres et maîtresses aujourd'hui ?

Aujourd'hui, ce système fonctionne encore (plus ou moins bien) dans les ENS, où l'on demande aux élèves d'êtres fonctionnaires de catégorie A. Le suivi est plus ou moins réussi, et il tend à être plus strict aujourd'hui je crois (mais je ne peux pas affirmer que ce n'est pas de la blague).

Donc pourquoi pas pour les maîtres / pour les enseignantes du secondaires?

8 (Modifié par Artz 15/03/2019 à 02:09)

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@mattlev : Ce n'est pas de la blague. Par contre, pas nécessairement fonctionnaire de catégorie A, il me semble.

Cela dit, ça me semble tenir de l'arnaque. L'enseignement n'est pas attractif parce que le salaire ne l'est pas ou plus et parce que les conditions de travail ne le sont pas. Attirer avec une rémunération relativement avantageuse au début (environ 30 euros par heure au niveau du master, ce qui est bien si c'est net, mais ce n'est pas non plus la grande folie quand on prend en compte le temps de préparation/correction), ça va peut-être augmenter le nombreux de candidats, mais ça revient tout de même à prescrire du sirop contre le toux à quelqu'un qui a un cancer de la gorge.

9 (Modifié par Jehan 15/03/2019 à 14:33)

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Finalement, je trouve que même sans engagement (décennal ou autre...), l'idée n'est pas mauvaise. Enseigner 8h c'est déjà beaucoup, et ça mérite bien entendu rémunération. Ce n'est pas du tout synonyme d'oisiveté. Je pense aussi qu'il y a des élèves que l'enseignement attirerait, mais qui sont bloqués par le fait qu'ils ne peuvent pas se permettre 5 années d'études non rémunérées, et qui préfèrent se diriger vers une filière plus courte, type BTS ou IUT, qui donnent l'espoir de trouver un boulot à bac+2.

Edit : il y a tout de même une sorte de précédent, les IPES : https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Institu … cond_degré

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Oui, il y avait autrefois les IPES.
Je n'ai pas l'impression que cela fonctionnait de la même manière.
A bac + 1, si l'on envisageait de devenir enseignant, on avait la possibilité de passer un concours, pas le concours de l'ENS certes, mais un concours toutefois un peu sélectif que l'on obtenait à condition d'être 'suffisamment motivé et studieux. Le nombre de places était limité, on était payé pendant trois ans, mais il fallait s'engager pendant vingt ans et passer le CAPES dès la quatrième année (l'oral seulement ; on était dispensé de l'écrit, considéré comme une formalité). Cela convenait tout à fait aux bons élèves d'origine modeste, et pressés de travailler pour subvenir à leurs besoins.