Prométhée et l'aigle... ou Prométhée et le vautour ?

CCCC,

Je ne vois pas vraiment de référence directe au mythe de Prométhée dans les extraits que vous citez du roman de Mary Shelley, et s'il y a effectivement une allusion au mythe, elle est subtile.

Les deux images sont très proches, vous avez raison, mais cependant leur différence est significative. Le vol du vautour est lent, plus lent que les nuages qui cachent la Lune, tandis que le vol de l'aigle est très rapide pour descendre la montagne.

Dans ces évocations de l'aigle et du vautour, l'auteur associe le premier à la montagne, alors que le second est associé à la Lune.

Ces représentations ne sont peut-être pas fortuites. Dans le mythe, l'aigle torture Prométhée attaché sur la montagne du Caucase, et les vautours torturent Tityus à chaque pleine lune.


PS : comment faut-il prononcer votre pseudo ? Moi je vous surnomme Sissi, comme l'impératrice.

Prométhée et l'aigle... ou Prométhée et le vautour ?

Peut-être Cécécécé ? 

13 (Modifié par Jehan 05/01/2019 à 18:28)

Prométhée et l'aigle... ou Prométhée et le vautour ?

quaero a écrit :

Je ne vois pas vraiment de référence directe au mythe de Prométhée dans les extraits que vous citez du roman de Mary Shelley, et s'il y a effectivement une allusion au mythe, elle est subtile.

Subtile, je ne sais pas... Pour moi, maintenant que j'y pense, ça crève les yeux. Lorsqu'on écrit un roman qu'on nomme "le Prométhée moderne" et qu'on case une comparaison avec un aigle, il ne faut pas s'étonner si les lecteurs l'interprètent comme ça...

C'est peut-être difficile à voir avec une phrase, comme cela, sortie de son contexte, mais je travaille actuellement avec mes étudiants sur l’œuvre complète et le rapprochement avec Prométhée est constant, même si par petites touches. C'est vrai que la comparaison du vautour concerne les nuages et la lune, mais le monstre est toujours associé à deux types de lumière: d'abord la lune, qui préside à sa "naissance" au chapitre 5, et puis l'éclair, associé à l'électricité et... à Jupiter, bien sûr (et qui vient dans ce passage quelques lignes plus loin).
Son créateur est un Prométhée moderne car il vole le feu de la vie en le donnant à sa créature et rivalise avec les dieux. Ce mythe, avec, bien entendu, le texte biblique de la genèse et le poème épique de Milton Paradise Lost se retrouvent à chaque chapitre sinon à chaque page.

quaero a écrit :

PS : comment faut-il prononcer votre pseudo ? Moi je vous surnomme Sissi, comme l'impératrice.

Jehan a écrit :

Peut-être Cécécécé ?

L'un ou l'autre me conviennent Si j'avais su que je fréquenterais autant ce forum, j'aurais plus soigné mon pseudo ! 

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Prométhée et l'aigle... ou Prométhée et le vautour ?

Et pour moi, je traduis : Cé Cé Cé Célimène ...

Prométhée et l'aigle... ou Prométhée et le vautour ?

Et moi "esse-esse-esse-esse" ; je le lis comme en russe car ça me rappelle CCCP. C'est comme sur les anciennes plaques minéralogiques, je lisais "kha-vé" le groupe XB parce que c'est une abréviation (religieuse). 

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Prométhée et l'aigle... ou Prométhée et le vautour ?

Ah c'est drôle ! Un pseudo complètement impersonnel et répétitif et hop on commence une thérapie de groupe sur le forum 

Prométhée et l'aigle... ou Prométhée et le vautour ?

Et moi, je crois que je l’ai déjà appelée 400 !

Prométhée et l'aigle... ou Prométhée et le vautour ?

CCCC a écrit :

Subtile, je ne sais pas... Pour moi, maintenant que j'y pense, ça crève les yeux. Lorsqu'on écrit un roman qu'on nomme "le Prométhée moderne" et qu'on case une comparaison avec un aigle, il ne faut pas s'étonner si les lecteurs l'interprètent comme ça...

Je n’ai pas lu ce roman et je ne connais pratiquement rien du monstre de Frankenstein. Mais tout de même, cette interprétation nécessite une attention particulière, une lecture approfondie. En fait, c’est quasiment une analyse exégétique du texte. Si j’avais eu le livre en main, je n’aurais peut-être pas immédiatement fait le rapprochement. Toutefois, je comprends que dans le cadre de vos travaux cette analyse paraît évidente.

Mais ce que je trouve étrange dans tout ceci, dans cette œuvre et dans d'autres, c’est le rapprochement qui semble être fait avec Tityus et les vautours. Ce personnage n’a pourtant rien de similaire avec Prométhée, hormis le supplice. C'est mystérieux, peut-être cela fait-il partie de ces arcanes de la mythologie réservés aux seuls initiés…

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Prométhée et l'aigle... ou Prométhée et le vautour ?

En fait, c’est quasiment une analyse exégétique du texte.

Tout à fait, en réalité, c'est ce qu'on nous demande de faire !

Ce personnage n’a pourtant rien de similaire avec Prométhée, hormis le supplice.

Je suis tombée sur un livre qui explique que le glissement s'est probablement fait par références picturales. L'auteur explique que des peintres se sont inspirés de tableaux de Tityus pour peindre le supplice de Promethée. Il y en a quelques extraits sur g**gle books : https://books.google.fr/books?id=uCJBDw … mp;f=false

Prométhée et l'aigle... ou Prométhée et le vautour ?

Je suis tombée sur un livre qui explique que le glissement s'est probablement fait par références picturales. L'auteur explique que des peintres se sont inspirés de tableaux de Tityus pour peindre le supplice de Promethée.

Au risque d'être hors sujet, il se pourrait que derrière ce glissement et cet amalgame entre Tityus et Prométhée, apparaisse en filigrane une autre figure : celle de Lucifer.
Évidemment ce n'est pas explicite, mais en considérant que Prométhée apporte le feu aux hommes, qui symbolise la connaissance, et que Tityus est condamné à demeurer éternellement aux Enfers, les deux personnages étant châtiés par un dieu, le rapprochement qui pourrait être fait avec la figure de Lucifer me semble pertinent. Du reste, vous avez mentionné John Milton et son œuvre Le Paradis perdu comme source d'inspiration pour Mary Shelley, et il me semble que Lucifer y tient un rôle important.